LE PORTAIL DU MÈDRESSÊ DE T1LLA-KARI
Sa façade présente un caractère très distinct, en ce sens qu'elle occupe une étendue beaucoup plus considérable et qu'elle possède deux étages superposés d'arcades extérieures, de chaque côté du pich-thàq.
Ce médressé, dont le nom signifie en persan « ouvrage d'or », a été construit au commencement du xvu' siècle par Yalang-Tach Bogadour, vizir de Kouli-Khan. 11 a moins souffert des injures du temps que son voisin plus ancien ; toutefois il a conservé peu de traces, non seulement de l'or auquel fait allusion sa dénomination, mais aussi des revêtements extérieurs de faïences.
Près de cent trente moullah habitent et enseignent à Tilla-Kari. Aussi, sous les arcades extérieures et les couloirs qui les relient, sur les platesformes supérieures qui les couronnent, règne-t-il toujours beaucoup d'ani-
GRANDS MONUMENTS DE SAMARKAND
mation. tandis que la cour, ordinairement vide, ne se remplit que le vendredi à midi, lorsque le mue^in fait les appels pour la prière Wi,
Le coup d'oeil général est extrêmement curieux à ce moment. Les fidèles, débouchant de chaque côté du porche par les petites ogives latérales, se
rangent sous les arbres de la cour en longues lignes parallèles, la face tournée vers le pich-thâq du sanctuaire, dont le mihrab'W est dirigé vers La Mecque. Chacun d'eux — après avoir fait au bord d'un bassin, situé en dehors de la mosquée, les ablutions prescrites t») et après s'être déchaussé — étale devant lui un petit tapis apporté dans ce but, ou la ceinture, pliée en triangle, qu'il noue autour des reins.
Conformément aux traditions établies, la prière dure environ un quart d'heure ; elle est réglée exactement par les rites qui pres-