SAMARKAND SOUS LA NEIGE
des monts Alaï et du Thian-Chan , sont sans doute plus humides et mieux protégées que les steppes et les déserts, où soufflent avec violence les vents les plus opposés.
Mais, étant donné la hauteur de leur niveau au-dessus de la mer, une influence spéciale y crée des variations de température aussi extrêmes qu'ailleurs. Le cours du Zerafchan étant plus élevé que celui du Syr- Daria, le niveau de Samarkand — sept cents mètres environ — est plus élevé aussi que celui de Kokan, par exemple, et son climat se trouve, par suite, plus exposé encore aux contrastes des saisons, qui s'accentuent en raison de l'altitude de la région.
D'une manière générale, les étés sont extrêmement chauds et les hivers sont assez froids.
L'âpreté de ceux-ci semble augmenter d'année en année, et les indigènes restent très frappés du fait que, depuis l'arrivée des Russes, la neige tombe en abondance de plus en plus grande, même là où on la voyait à peine autrefois.
L'hiver de 1899 a 1900, surtout, a été plus rigou-
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LES MONTAGNES A OOKOOT.
rcux que tous les précédents, au point que les moutons h) des nomades, qui paissent dans les steppes et sur les versants des montagnes, ont péri en nombre incalculable et que les populations, peu accoutumées à des froids aussi vifs, ont enduré les plus cruelles souffrances. On rapporte que la vie publique fut comme suspendue par cette longue réfrigération générale et que les bazars, avec leurs boutiques et leurs auvents de planches minces, étaient devenus inhabitables et déserts.
Les neiges commencent dès la fin de décembre et se prolongent jusqu'après le milieu de février, sans avoir pourtant toujours occasion de durcir, car elles fondent souvent pendant des intervalles de temps ensoleillé.
Comme en Europe centrale, la végétation est entièrement arrêtée alors et toute verdure disparaît, vu la rareté des conifères à l'état sauvage,
CAMPAGNE ET PAYSAGES
et l'absence de ces diverses essences à feuillage persistant, communes au littoral de la Provence, à la côte de Crimée ou à celle du Caucase, mais qui ne sauraient prospérer id(4*). Pendant cette période ingrate, les puissantes silhouettes des grands arbres de toutes sortes peuvent seules faire deviner la magnificence des feuillues de la belle saison.
Pour juger de l'aspect le plus favorable du pays, il faut attendre le printemps qui, d'ailleurs, commence de bonne heure. Dès la fin de février, les innombrables arbres fruitiers des villes, des villages et de la campagne se mettent à fleurir, les arbustes bourgeonnent et le reste de la végétation se développe rapidement, car c'est le moment de l'année où il tombe le plus de pluie. A la fin de mai, les semailles d'automne et les blés de printemps ont déjà entièrement mûri, si bien que, vers le commencement de juin, on peut
procéder à la moisson.
Entre temps, la chaleur s'est installée et l'été réclame tous ses droits.
Il se distingue par une ardeur et une sécheresse extrêmes, particulièrement marquées au mois de juillet, et rendues plus fatigantes encore par le règne éventuel de vents de sirocco suffocants.
Bctes et gens ont alors moins à faire ; mais à la fin de septembre, le travail redouble avec la cueillette du colon qui a été semé en avril, et quelques semaines plus tard, avec les vendanges,
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