ARBRES FRUITIERS EN' FLEURS
très importantes dans les vignobles du district de Samarkand, qui est trois fois plus productif qu'aucune autre partie de l'Empire russe.
L'automne est encore chaud, clair et sec. Il se prolonge tard et les feuilles tombent lentement, bien que recouvertes depuis longtemps déjà par une épaisse couche de poussière grise '■■**>. C'est la saison pendant laquelle la température est la plus régulière et sans doute la plus agréable.
Mais la beauté de l'automne ne peut, en aucun cas, fournir les spectacles ravissants de la saison printanière, ni les sensations délicieuses de ces mois de mars, d'avril et de mai, quand la végétation, après avoir pris son premier essor, offre la fraîcheur et l'épanouissement de tous ses attraits.
C'est alors que, dans des successions de vergers sans limites apparentes, surgissent de tous côtés et en quantités invraisemblables des floraisons
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blanches et roses, qui se détachent sur le bleu du ciel ou se mélangent ça et là à la verdure naissante. C'est alors que les peupliers, les saules, les aulnes, les platanes, etc.. répandent autour de leurs troncs robustes des ombrages magnifiques ; que les acacias
exhalent des parfums cales MONTAGNES A KHODJENT.
piteux et que les kara-
gatch, ces ormes noirs spéciaux au Turkestan, revêtent des leuillages si denses que leur ombre se projette sur le sol en une tache compacte où ne perce pas la moindre paillette de lumière.
Le soleil vivifie la nature de ses rayons bienfaisants, mais sans que leur éclat soit réverbéré par des blancheurs crues et aveuglantes comme celles qui dominent, par exemple, dans les constructions et sur les vêtements des
Maures et des Arabes, au Maroc et sur le reste du rivage africain.
En Asie Centrale les tons brunâtres des murailles de pisé et l'abondance des ombrages atténuent la vivacité de la lumière, tout en devenant des fonds neutres et calmes sur lesquels les nuances ardentes des la cour d"uk médressé a marghelak. costumes indigènes se
UN KARA-GATCH (OIIME SOIR DU TURKESTAM).
détachent d'autant plus brillamment. Fastueux ou simples, de soie flamboyante ou de cotonnade criblée d'arabesques et de fleurs, ceux-ci prennent une valeur étonnante dans le cadre adouci qui les entoure, et qui les fait mieux ressortir que tout autre.
Le Ferghana est la région du Turkestan où les habitations, concentrées
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ou éparpillées, les cultures gaiement animées de travailleurs, forment les agglomérations les plus denses. Les cent et quelques kilomètres qui représentent la distance comprise entre Marghélan et Kokan sont une succession presque ininterrompue de champs fertiles, de belles futaies et de villages
populeux. C'est dans cette campagne abondamment arrosée, et qui mérite bien le nom de « grenier du Turkestan » ''*6>, que le cotonnier est cultivé sur une très vaste étendue, que les mûriers croissent en plus grand nombre et que la sériciculture est particulièrement développée. Les soieries du district de Kokan comptent parmi les plus renommées de tout le pays, et comprennent des tissus de soie légère et glacée qui sont une spécialité du Fergbana. C'est donc aussi dans cette région que s'importent le plus grand nombre de graines de vers à soie provenant de l'étranger, et qui, par la supériorité de leur qualité, ont remplacé les graines indigènes <47).
Le pays du Ferghana étant le plus cultivé et le plus prospère du Turkestan, sa population, fort à l'aise, est tout naturellement très encline au plaisir et à la vie contemplative. De tous les Sartes, les gens de Kokan passent pour être les plus amateurs de distraction et d'amusement. Aussi, aux yeux des Musulmans des autres villes, Kokan passe-t-elle pour être un
UNE ROUTE OMBRAGEE.
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LA RIVIÈRE A AKHÉKLIK.
petit paradis terrestre, dont la puissance attractive augmentera en raison de la facilité des communications nouvelles apportée par l'établissement du chemin de fer. Les trains qui circulent sur la ligne sont à tel point bondés d'indigènes que le mouvement des routes a dû forcément en pâtir.
Aux eaux des sources, des torrents, à celles des affluents du Syr-Daria et des canaux d'irrigation qui en dérivent, est due la richesse du Ferghana.
Ici, comme dans le district du Zerafchan, ce sont même les petites rivières et les ruisseaux qui, captés dès leur sortie des montagnes et divisés en une infinité d'arik, tracés en éventail, favorisent plus spécialement les cultures. Les courants des grands fleuves deviennent moins utilisables dans les plaines, au fur et à mesure que leur inclinaison diminue.
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Partout, d'ailleurs, où l'eau exerce son action fécondante, la végétation est de toute beauté.
On pourrait donc prétendre que le charme du paysage commence dans les villes mêmes, dès que les éclaircics des bazars permettent à quelquesuns de ces grands arbres d'étendre leurs larges ramifications à l'appui d'une boutique ou d'un minaret.
Ce charme s'amplifie dans les quartiers excentriques des cités indigènes, là où les feuillages deviennent plus touffus, où les carrefours peuplés de petits débits de thé sont entourés d'épais ombrages, où des mosquées secondaires dissimulent leurs façades derrière des rideaux de hautes liges, dont le pied baigne dans des bassins ou des étangs.
11 prend, enfin, un aspect tout à fait rustique, là où les habitations sont