UN TCHAÏ-KIIANÉ AU BORD D'UNE ROUTE
arrondis qui divisent la muraille en panneaux réguliers, ornés de décors en creux. Une porte seulement donne accès à la propriété, tandis que toutes les fenêtres ouvrent sur la cour de la maison.
Ici encore, et jusque dans les parties extrêmes de la ville, on trouve, de même que dans les quartiers les plus peuplés, des échoppes et des tchaïkhané installés aux points de croisement des routes. Comme chez leurs congénères plus achalandés des bazars, on peut y voir, accrochées au sommet de leurs devantures, des cages d'osier à moitié recouvertes d'un lambeau d'étoffe, et contenant des cailles ou des perdrix de combat, que les Sartes isolent de cette manière pour les préparer à des luttes dont ils raffolent.
Çà et là, au détour d'un chemin, se dresse encore le portique d'une de
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ces mosquées de bois et de brique, reflété par des eaux dormantes. On pourrait en citer d'infiniment poétiques dans leur rustique simplicité.
Vers la fin de la journée, il fait bon se reposer là sous les branches des peupliers et des saules, à côté de grosses touffes d'iris violets M> qui fleurissent autour des étangs. Alors, les fillettes et les serviteurs sartes défilent pour puiser la provision du ménage dans de grandes aiguières de métal, et les fidèles se groupent avant la prière pour accomplir leurs ablutions traditionnelles. On voit apparaître des femmes voilées, des enfants, qui passent à pied pour regagner leurs demeures, ou quelque Sarte en khalat somptueux, qui chevauche tranquillement au pas cadencé de sa monture. . . .
A la richesse de sa végétation l'oasis de Samarkand joint l'intérêt des ruines de ces mosquées et de ces mausolées dont la construction remonte presque à l'époque des grands monuments de Tamerlan. Elles sont éparpillées sur plusieurs points très distants les uns des autres, et comme perdues dans les cultures et les vergers.
Ce sont en grande partie des sépultures de saints personnages vénérés à Samarkand et dont l'histoire pourrait fournir matière à bien des légendes. Ainsi qu'à Châh-Zindé, des cimetières s'étalent tout autour. Tel est le cas du tombeau de Khodja-Abdi-Daroun, placé à la limite des faubourgs sud-est, et qui est voisin des ruines d'un grand monument à coupole, vestige présumé de ce médressé que Tamerlan édifia pour les descendants aveugles de Khida.
Dans une direction plus lointaine, une autre mosquée en ruines porte le nom de Khodja-Abdi-Biroun. Elle est cachée dans des arbres admirables, du milieu desquels émerge sa coupole bleue coiffée d'un nid de cigognes. Tout à côté, des prés couverts d'herbe savoureuse servent de pâturages à des bestiaux. On est ici à proximité du grand parc de la mosquée de Namaz-Ga, et, en obliquant davantage vers l'ouest, on rencontre la mosquée de Khodja-Akhrar, située à l'extrémité du quartier suburbain qui porte le même nom. Cet édifice peut prendre rang aussitôt après les médressés du Réghistan, auxquels il ressemble par ses dispositions générales. Le pich-
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PAYSAGE A KHODJA-ABDl-DAROUN.
thâq de la façade est encore assez bien conservé, de même que celui qui s*élève à l'autre bout de la cour oblongue, au delà d'un amoncellement de débris de toutes sortes. Les faïences des revêtements des deux frontons sont presque aussi belles que celles des médresscs d'Ouloug-Bcg et de Chir-Dar. Elles sont même plus anciennes, car le médressé de Khodja-Akhrar a été construit, à la fin du xve siècle, par un personnage qui a joui d'une grande
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notoriété en Asie Centrale et dont la sépulture voisine compte parmi les plus vénérées de Samarkand.
Khodja-Akhrar Akhrar signifie « consacré à Dieu ») habita tout d'abord Tachkent, mais il s'établit plus tard à Samarkand où la renommée, qu'il avait acquise par sa haute science théologique, devait croître et s'étendre encore. Il y bâtit ce médressé où il enseigna et où il attira de tous les points de l'Islam une foule de disciples.
Son tombeau, simple plate-forme carrée et faite de dalles de marbre verticales à inscriptions sculptées, s'élève non loin du medressé, au delà d'un petit parc rempli de vieux arbres et orné d'un bassin en forme de lac.
Le nom d'Akhrar se rattache aussi à l'histoire d'un manuscrit fameux, confié naguère à la garde des oulama (S°) de la mosquée. C'était le Coran