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LES VIEUX PLATANES DE TCHAR-TCHINAR

avec des galettes qu'ils peuvent acheter au tchaï-khané établi dans le vallon.

L'autre futaie, appelée Tchar-Tchinar, a un caractère tout différent. Elle est située dans la montagne, au-dessus de la bourgade qu'on traverse dans sa plus grande largeur pour s'y rendre, et dont on mesure ainsi l'étendue.

Les maisons d'Ourgout, assez pareilles à toutes les constructions sartes, et entourées de bouquets d'arbres, s'étalent sur plusieurs mamelons ou escaladent des escarpements, le long desquels le torrent déverse ses flots bruyants. En remontant son cours rempli de rocs et de cascades, on passe par des bazars en pente que relient entre eux de nombreux petits ponts de bois, on gravit des ruelles raboteuses et des chemins tournants bordés d'eaux babillardes.

CAMPAGNE ET PAYSAGES

Le nom de Tchar-Tchinar signifie « quatre platanes » et s'applique sans doute aux plus énormes d'entre les arbres magnifiques qui composent la futaie. Les plus gros forment des faisceaux de plusieurs troncs réunis, et le « vétéran des platanes » contient à sa base une large cavité aménagée en cabane. Entre les feuillages clairs, où habitent et roucoulent des ramiers, apparaît le fond de montagnes et de neiges, vers lequel le bois se dirige en triangle allongé. Il est parcouru par de délicieux ruisselets d'ondes cristallines et glacées, qu'on a captées en partie pour les dériver en arik sous des cabanons alignés où les Sartes se baignent à l'écart avant leurs dévotions.

Car Tchar-Tchinar abrite encore le tombeau d'un saint et une mosquée à terrasse, dont les gracieuses colonnes de bois se détachent à jour sur la verdure de la futaie.

Peu d'endroits au monde pourraient rivaliser de charme et de poésie avec le bois sacré de Tchar-Tchinar. Les Musulmans du Turkestan le savent peut-être, car ils ont le sentiment exact et l'amour des beautés de la nature. Mais le voyageur européen, qui visite ces parages solitaires, les apprécie certainement encore plus qu'eux ; il quitte avec regret cette région alpestre, vivifiée par un air exquis, et le vénérable chef de la commune qui lui a offert une hospitalité tout orientale, dans sa modeste maison d'argile.

HABITATIONS ET MŒURS

Habitations et Mœurs

La maison sarte est d'une construction fort simple qui ne demande ni grand temps, ni plan préalable d'architecte. Composée de bâtiments en rez-de-chaussée, elle est faite de cadres de charpente et de murs de pisé, qui reposent généralement sur un petit soubassement de briques.

Pour pétrir la pâte des murs on prend quelquefois la terre même de la cour de l'habitation, en creusant une fosse qui se transforme plus tard en bassin alimenté par l'eau d'un arik.

La hauteur moyenne d'une maison ne dépasse pas quatre mètres, y compris la toiture en terrasse; mais, quand il existe un étage supérieur, comme cela est fréquent au centre des villes, la hauteur totale de la con-

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