‹ A travers le Turkestan russeChapitre 51 sur 92 · MARCHANDS DE LITS EK BOIS · texte numérisé non relu

MARCHANDS DE LITS EK BOIS

L unique meuble que

l'on puisse voir en hiver dans l'appartement sarte est la tablette du sandali, espèce de calorifère très rudimentaire, mais assez singulièrement organisé.

Il comprend une partie fixe et une partie mobile. La première consiste en une excavation carrée d'un mètre de côté environ, au fond de laquelle se place la braise. La deuxième est formée parla tablette susdite, montée sur un socle de menuiserie de bois blanc, dont les pieds sont reliés par des traverses, et qui, une fois encastré dans le renfoncement, dépasse le sol d'à peu près cinquante centimètres. Au-dessus on étale une grande couverture carrée, très lourdement ouatée, et les personnes qui veulent se chauffer s'accroupissent tout autour, en entrant leurs genoux sous la couverture et sous la tablette.

Ce moyen de chauffage, quoique primitif, suffit aux Sartes, très endurcis d'ailleurs par le fait qu'ils passent presque toute la journée en plein air.

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MARCHANDS SARTES SE CHAUFFANT AUTOUR o'UN SAKDALI.

Pendant l'hiver, dans les grandes boutiques ouvertes des bazars et sous les auvents des tchaï-khané, il est assez curieux de les voir agenouillés autour du sandali, exposés en même temps au froid de la rue et à la chaleur du foyer.

Dès que le printemps approche, on déménage le socle du sandali, on bouche l'orifice du sol en le recouvrant de tapis, et les indigènes qui possèdent des fenêtres vitrées les démontent, pour laisser entrer l'air bienfaisant par le plus d'ouvertures possible.

Bien préférable au hibatchi japonais, comme au « brasero » des pays méridionaux d'Europe, puisqu'il permet de se chauffer plus complètement, le sandali est aussi fort utile, en hiver du moins, pour recevoir le plateau à thé ou les mets du repas.

HABITATIONS ET MŒURS

Que de fois en ai-je profilé, au cours des collations qui sont si courtoisement offertes, et qui débutent toujours par le thé et les sucreries !

Sur un grand plateau de cuivre ouvrage, on apporte les tasses pour le thé vert que boivent les Sartcs, ou les verres pour le thé russe que préfèrent leurs visiteurs étrangers. Puis arrivent, en grand nombre, des coupes garnies de bonbons variés, d'amandes confites, de pistaches en pâte, de raisins et de fruits secs de toute espèce.

On fume des cigarettes en causant, charmé par le calme de ces intérieurs paisibles qui invitent à la rêverie et au « far niente ».

De temps à autre, le serviteur vient présenter un de ces jolis narghilés du Turkestan appcllés tchillim ou kalyan. Ils sont faits de courges séchées, pourvues de deux tuyaux, l'un emmanché presque horizontalement, l'autre verticalement et supportant un petit foyer de cuivre. Il y a des tchillim fort simples, sans aucune garniture ; d'autres, au contraire, très artistiquement montés dans un réseau de métal ouvragé et ciselé, sont garnis de turquoises, de coraux, etc..

Les Sartes ne tirent jamais plus d'une seule et forte bouffée de cette pipe, et se la passent les uns aux autres à la ronde. Le serviteur la rallume chaque fois qu'il l'offre à nouveau, quelques minutes plus tard.

Tout intérieur possède son tchillim. Il y en a de même dans les tchaï-khané et, sur un grand marché tel que le Réghistan de Samarkand, on en trouve chez des industriels spéciaux, qui les tiennent à la disposition du passant.

Pour une infime monnaie de cuivre, c'est-àsartes assis sur la terrasse d'une cour. dire pour moins d'un

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