UN TADJIK DE BOUKHARA EN KHALAT DE SOIE
art très spécial. Il serait
difficile de décrire la somptuosité du coloris et des ramages de ces étoffes où le jaune, le carmin et le bleu violet dominent et se fondent en dégradations chinées et flambées, dont la vue seule peut donner une idée exacte. Dans la principauté de Boukhara, surtout, ces couleurs vives sont de mode, et les gens, même de condition modeste, portent des robes
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TYPES ET COSTUMES
d'aspect très riche, quoique bon marché, étant tissées en mélange de soie et de coton. Les khalat de ce genre coûtent en moyenne une douzaine de francs.
Dans le Ferghana, à Tachkent et à Samarkand, les Sartes s'habillent de manière un peu moins voyante ou mettent, avec une robe brillante, un khalat soit à raies de deux tons, soit même d'une seule couleur. Les hivers froids de ces régions motivent, d'ailleurs, l'emploi d'étoffes plus chaudes et de vêtements de drap, qui
sont toujours d'une teinte
UN OUZBEG DE SAMARKAND EN KHALAT DK DRAP.
unie.
Pour le linge de corps les hommes se servent de cotonnade ou de toile à rayures rouges, tandis que les femmes portent des chemises de soie glacée ou de foulard de soie, d'un tissu aussi coloré que celui des vêtements supérieurs.
Suivant les saisons, les Sartes endossent deux ou plusieurs khalat superposés, par-dessus un pantalon et un petit gilet.
Le khalat est généralement assez large pour pouvoir être croisé ; mais on peut aussi le nouer au moyen de petits rubans fixés à la hauteur de la poitrine. Sa doublure est faite d'étoffe assez ordinaire, en contraste avec la
TYPES ET COSTUMES
richesse du tissu du vêtement. Cependant une bande de belle soie court le long de l'ourlet de la bordure intérieure.
En hiver les Sartcs mettent des khalat chaudement ouatés, ou doublés et bordés de fourrure. Les manches sont toujours extraordinairement longues et dépassent de beaucoup les mains quelles servent ainsi à cacher, comme le veut la politesse asiatique. Aussi ces manches descendent-elles presque jusqu'aux genoux, quand un Sa rte a les mains pendantes.
Loin de faire valoir les formes physiques de celui qui le porte, le khalat ressemble plutôt à une vaste houppelande qui irait à toutes les tailles.
Autour des reins, le Sarte noue une pièce d'étoffe (bilbak) pliée en
triangle. Chez les gens du peuple elle est en cotonnade ordinaire à dessins de toutes sortes ; chez les gens plus aisés, en cotonnade brodée ou en soie. Elle sert tantôt d'essuie-raain, tantôt de petit tapis étalé à terre pour la prière.
Avec cette ceinture, ceux qui en ont le moyen portent le kamarband, large ruban de velours ou de soie, ornementé de plaques d'argent ciselé, et fermé par une riche agrafe. Les plus modestes de ces ceintures valent au moins cinquante roubles, mais il y en a de bien plus coûteuses.