‹ A travers le Turkestan russeChapitre 69 sur 92 · UN VIEUX JUIF DE SAMARKAND · texte numérisé non relu

UN VIEUX JUIF DE SAMARKAND

ment aux deux mèches de cheveux qui pendent au-dessus de leurs oreilles, alors que le crâne est toujours rasé.

Pour sortir de leurs maisons, toutes les femmes, indistinctement, se voilent d'une façon hermétique. Femmes sa r tes mariées, jeunes filles ou cour-

TYPES ET COSTUMES

tisanes, môme les Juives, se dérobent aux regards au moyen d'un voile en tamis de crin noir (tchachba nd ) rigide et très épais, qu'elles placent sur le front et qui descend jusqu'à la ceinture. Ce voile est maintenu par l'encadrement d'un vaste manteau (farangh't), posé sur la tête. Richement orné d'applications en passementeries noires, le faranghi est de soie grise, bleue ou autre, et enveloppe entièrement la personne qu'il recouvre. Les manches flottent sur le dos, réunies à leurs extrémités.

Ainsi dissimulées, les femmes peuvent très bien voir ce qui se passe autour d'elles ; mais il est impossible à qui que ce soit de deviner même le contour de leur visage.

Bien qu'empaquetées de façon aussi mystérieuse, les femmes ne circulent guère dans les bazars et il faut qu'elles appartiennent à la classe la plus basse et la plus pauvre pour s'y montrer. Ce sont les maris et les serviteurs qui font les emplettes, y compris celles des étoffes, que les femmes convertissent à domicile en vêtements. Fort habiles ouvrières, d'ailleurs, elles savent orner toutes sortes d'objets de très jolies broderies.

Quand des femmes traversent le centre animé de la ville, elles sont

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