‹ A travers les beaux-arts [microforme]Chapitre 17 sur 58 · ARCHITECTURE.— [LA RENAISSANCE · texte numérisé non relu

ARCHITECTURE.— [LA RENAISSANCE

Nous avons étudié sommairement l’art païen, qui, après avoir pris naïssance en Grèce, se répandit en Italie, notamment à Rome. Nos lecteurs se rappellent que la civilisation antique fut détruite par les hordes barbares qui

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(1) Célèbre église gothique de l'Italie.

couvrirent l’Europe de ruines vers les premiers temps du christianisme. Mais le flambean de l’art, prêt à s’éteindre, se rallume ‘ aux cierges de l’autel chrétien ”, suivant l’expression fort juste d’un écrivain anti-religieux. L'Eglise édifie alors sur les débris du paganisme un art nouveau qui grandit et s’étend à travers l’Europe entière : cette époque fut nommée le Moyen-âge et cet art nouveau fut appelée l’Art gothique. Durant plusieurs siècles, l’Eglise seule, par ses religieux et ses prêtres, fut l’unique soutien de l’art.

Au seizième siècle, les artistes italiens tournèrent leurs regards vers l'antiquité. Nous voyons alors l'esprit de la Grèce et de Rome sortir de sa tombe : de cette époque date la Renaissance. Le. grand caractère de l’art gréco-romain, c’est le culte de la nature, tandis que celui de l’art chrétien, c’est le culte religieux. L'artiste païen ne s’est jamais élevé plus haut que ses aspirations purement terrestres, tandis que c’est au ciel qu'habite l’âme de l'artiste chrétien. L'œuvre de la Renaissance fut de combiner les deux époques, païenne et chrétienne ; de ramener l’homme à la terre sans lui faire oublier le ciel. Quelques historiens sectaires veulent voir dans la Renaissance le triomphe des réformateurs du seizième siècle sur l’Eglise catholique. Ces écrivains accusent cette dernière d’avoir voulu étouffer les ambitions légitimes et garder le peuple dans l’ignorance des chefs-d’œuvre de l’antiquité. Mensonge, et mensonge effronté que cette prétention, [Eglise a guidé le retour vers les études grecques et romaines mais elle n’a jamais voulu l'empêcher. Mon assertion est facile à prouver. Quels sont les artistes qui ont créé les plus purs chefs-d’œuvre de la Renaissance ?

Dans l’architecture, n’est-ce pas Brunelleschi et Giotto qui ont élevé l’église Sainte-Marie-des-Fleurs, à Florence ? Bramante et Michel-Ange qui ont crée Saint-Pierre-de-Rome, l’église des papes? En France, le plus beau monument de la Renaïssance, le Louvre, a été élevé par les soins des rois Très Chrétiens, grâce an génie de Pierre Lescot.

Passant à la sculpture, nous retrouvons encore l’immortel Michel-Ange, l’auteur inimitable du Moïse, du Vatican ; Donatello, qui a laissé une tête de sainte Cécile considérée comme un des plus purs chefs-d’œuvre de la sculpture florentine ; Verochio, non moins célèbre que son compatriote Donatello, et une foule d’autres qu'il serait trop long d’énumérer.

Enfin, la Renaissance ne s’enorgueillit-elle pas avec raison de Raphaël, le peintre À jamais célèbre de la Vierge à la chaise, de la Sainte Famille, ete. ? de Léonard de Vinci, dont }a Joconde est comparable aux plus grandes œuvres de l'antiquité ? de Véronèse qui a laissé cette création si remarquable que les voyageurs peuvent admirer aujourd’hui au Musée du Louvre: Le Christ à Emmaüs ? du Titien qui s’est immortalisé par sa Mise au Tombeau ?

et nous omettons nombre de Maîtres catholiques dont les noms sont passés à la postérité.

Que l’on vienne dire, après cela, que la Renaissance * c’est l'effort de Phumanité pour échapper à l’esclavage dans lequel l’ Eglise l’avait plongée ”. Si nous avons insisté sur ce point d'histoire, c’est afin de préserver, dans la mesure de nos forces, la jeunesse canadienne-française des erreurs qui ont cours un peu partout au sujet du rôle de l'Eglise vis-à-vis de l'Art,

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