chapitre ùMuitième
1822, il quitta cette ville pour aller à Kachemir, et le 25 août 1825 il mourut à Andkou, sur la route d'Hérat à Balk, La mort de Moorcroft, à la date et au lieu indiqués par Charles Eitter, a été annoncée par son compagnon de voyage, M. Tribeck, dans une lettre datée de Balk le 6 septembre 1825, et adressée au capitaine Wadé résidant à Loudiana.
Nous avouons qu'il nous est impossible d'accorder entre eux des documents si opposés. Si réellement Moorcroft n'a pas été à Lha-Ssa, comment se fait-il qu'il y soit si bien connu, et qu'on y parle de son séjour d'une manière si précise? Quel intérêt auraient pu avoir les Thibétains à forger de semblables anecdotes?... D'autre part, si Moorcroft a été à Lha-Ssa, comment expliquer cette lettre de M. Tribeck qui annonce que son compagnon de voyage est mort en 1825, précisément à la même époque où, selon l'autre hypothèse, il aurait été en route pour se rendre dans la capitale du Thibet?
Sans prétendre concilier toutes ces contradictions, nous allons citer un fait qui nous concerne, et qui paraîtra peut-être avoir une certaine analogie avec l'affaire de Moorcroft. Quelque temps après notre arrivée à Macao, nous lûmes l'article suivant dans le Bengal Catholic Herald, journal imprimé à Calcutta.
« Canton, 12 septembre. — Les Missionnaires français de notre ville ont reçu dernièrement la nouvelle de la mort lamentable de deux Pères de leur mission dans la Tartarie-Mongole... » Après un court aperçu sur les pays mongolo-chinois, l'auteur de l'article poursuivit ainsi : « Un Lazariste français, nommé Hue, arriva, il y a environ trois ans, chez quelques familles chinoises, qui s'étaient établies dans la Vallée-des-Eaux-Noires, à environ deux cents lieues de la grande muraille. Un autre Lazariste, dont le nom m'est inconnu S se joignit à lui dans le dessein de former une mission parmi les Bouddhistes mongols. Us étudièrent la langue mongole avec les lamas des monastères voisins. Il paraît qu'ils ont été pris pour des lamas étrangers, et qu'ils ont été traités avec amitié, surtout par les Bouddhistes, qui sont très ignorants, et qui prenaient le latin de leurs bréviaires pour du sanscrit, qu'ils ne comprennent pas, mais pour lequel ils ont une vénération secrète, parce que les rites de leurs livres religieux, en mongol traduit du sanscrit, sont imprimés en encre rouge.
» Quand les Missionnaires se crurent suffisamment instruits dans la langue, ils s'avancèrent dans l'intérieur, avec l'intention de commencer leur œuvre de conversion. Depuis cette époque, on ne reçut d'eux que quelques nouvelles incertaines; mais en mai dernier, du fond de la Tartarie-Mongole, on apprit qu'ils avaient été attachés à la queue de chevaux, et traînés ainsi jusqu'à la