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^oiibcnirô bc bauagr.
Kouiiboum. Sut leurs inontaL;i!es et dans leurs prairies ils trouveraient bien le.-
inouïes
;!nutes et les mêmes racines: mais quelle diffère
r:Ce avec
celles qu i nriisseut. croisseîit et mûrissent dans le pays même de Tsoiu;-Kal)a !
Les incdecins thibétains sont aussi empiriques que ceux des autres pays. Ils le sont niême. peut-être, tiu i^eti phis. Ils assignent ati corps liuma.in quatre ceiU quaraîite maladies, ni plus ni uioius. Les livres que les lauias de la Facidî'.' (ie médecine sont obliç^és d'étudier, et d'apprendre par co-ur, tra.itent de ces (juatîe cent quarante nuiladies; ils en indiquent les caractères, et la m.anièie die les combattre. Ces livres sont un ramassis d'aphorismes plus ou u.ioius obscui's et d'une foule ûc recettes particulières. Les lamas n'ont ])as une si L'rande horreur du sang- (|ue les médecins cldnois. Ils pratiquent , quelquefois ];i saignée, et enqiloient rréqueniment les ventouses. Pour cette dernière opération, ils font par avance sul)ir ,"i la r-eau de légères excoriations, ensuite ils appliquent sur le membre du malade de^ cornes de bœuf ]^crcées au sinnmei. Ils aspirent l'air avec la bouche, et 'quand le vide est suffisamment obten.u. ils bouchent le ti'ou en appliquant dessus, avec leur langue, une boulette de j^îa.pier ïnâché qu'ils tiennent en réserve djins la bouche; s'ils veulent enlever la ventouse, ils n'ont qu'à faire toiïilier cette espèce de mastic.
Comme nous l'avons dit ailleurs, eu parlant des Tartares-Mongols. !e.lamas font entrer beaucoup, de pratiques superstitieuses (buis l'exercice de 1.! médecine. Cepemlant. uîalgré tout ce cliaj-la.ta.nisme. on ne peut douter qu ils ne soient en ];ossessii)ii d'r.n grand uombce de recettes précieuses, et fondées sur une longue exnéi'ience. 11 serait j^eut être t('irLéraire de p^enser que la science médicale n'a rien à ap])reiuli'e des médecins tart,;res, thibéti■iill.^ er chinois, sous prétexte (ju'ils ne coinnussciil pas la stnu'tni-e ei. le mécanisiae du corps liie main. l's peuvent néanmoins être en possession de secrets très importants, que la science scid.e est s;mis (Unwe capable d'expliciuer. mais (ju'elle ne tron\era ]>eut-être jaiiiais.
\ er-; la iiii du mois de sepiendu'e. on nous einnouça la fjimeuse nouvelle que ra.mbassade tldbétaine était arrivée à Lang-Keou-Eul ; elle de\ait s'y arrêtei' })end;;nt (juekiues jou.rs. yiour fadre ses iu'o\isions de voyage et s'organiser en
liîravane.
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ne
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atiente. nous fîmes, sans perdre de temps, t
les pî'éparatifs nécessaires. Xcnis di'une-- entrepi'endre un petit xnyageà Koua-
boui
n. aîin
l!OU.-
qiprovisionnei' pour quatre mois: car il n'y avait pas esp
de trouver ei! l'oute la. moindre chose à acheter. Tout bien calctdé, il nous fallat cinq thés en briques, deux \entres de moutou remplis de beurre, deux sacs d'-^ farine de froment, et huit sacs de fsuml'a. On .ippelle tsamba la farine d'orge gîi'lée: ce Tnets insipide est la nourriture habituelle des peuples thibétains. Oî; {>rend n.ne demi-écuellée de thé tiouilhiut: ou ajou.te par-dessus quelques
Cïjapitrc iiiuitprsiémr.
iioigiiées (le ts;nnba. qu'on pétrit raec ses doigts; puis t'U nxiih. siuis autre faon, cette espèce de pâte, qui n'est, en définitive, ni crue ni (.iiite. ni xroide ! cliaude. ïri ou veut Traverser le désert et arriver à Lh:i-S'<;',. on doit se rc- -igncr à dé\orer du t.^amba; on a. l)eau être Français, et avoir été accoutumé iadis à manger à la fourcliett.e, il tViUt en passer ])ar là.
jJes persoirnes ]:>leines d'expérience et de philantlirojue nous coiiseillèi'ent ■ le iaire une bonne provisioii d'ail, et d'en croquer tous les jours quelques gousses, si nous ne voulions pas être victimes en route des ^•apeur^ meurtrières ;'t empestées qui s'échappent de certaines montagnes. Sa.ns discuter id le mérite ni l'opportunité de ce conseil livgiéiùque, nous nous y coniormames îivec candeur et simplicité.
Le lama voyageur de TOrient. (!'. :i44.)
XdLie séjf.ur dans la vallée de Tchogorta.n avait été très i';ivoral»le à nos animaux: ils étaient parvenus à un état d'einbonpoint oii ncais ne les avions ja.mais mis; les cliameaux, surtout, étrdent magnifiques; leurs bcsses devenues fermes et dures, par l'abondance <le la grais.se qu'elles contenaient, se dr:^ssaient fièrement sur leur dos, et semblaient délier les fatigues et les pTivatioiis du ilésert. Cependant, trois chameaux ne pouvaient suffire à poi'ter nos vivres et nos bagages. Nous ajoutâmes donc à ntître caravane un sui'ipléinent d'un chameau et d'un cheval, ce qui allégea r.otre bourse du poids de vingt-cinq onces d'argent; de jikis, nous louâmes uî! jeune lama des monts Ra.tchico. que nous avions coniui à Kounboum : il fut reçu dans la troupe en qualité de prochamelier. Cette nomination, en rehaussant la position sociale de Samdad-
^DUfacnir^ be bapagc.
chiemba, diminuait aussi de beaucoup les fatigues de ses fonctions. D'après ces nouvelles dispositions, la petite caravane se trouvait organisée de la manière suivante : le pro-chamelier, Charadchambeul, allait à pied, et traînait après lui les quatre chameaux attachés les uns à la queue des autres; Samdadchiemba, chamelier titulaire, à califourchon sur son petit mulet noir, marchait à côté de la file, et les deux missionnaires fermaient la marche, montés chacun sur un cheval blanc. Après avoir échangé un grand nombre de khata avec nos connaissances et amis de Kounboum et de Tchogortan, nous nous mîmes en route, et nous nous dirigeâmes vers la mer Bleue, où nous devions attendre le passage de l'ambassade thibétaine.
De Tchogortan au Koukou-Noor, nous eûmes quatre jours de marche. Nous rencontrâmes sur notre route une petite lamaserie, nommée Tansan, renfermant tout au plus deux cents lamas ; elle est située dans une position vraiment ravissante; des montagnes rocailleuses, couronnées d'arbustes et de grands pins, lui forment une enceinte circulaire, au milieu de laquelle sont bâties les habitations des lamas. Un ruisseau, bordé de vieux saules et de hautes tiges d'angélique, après avoir fait paisiblement le tour de la lamaserie, s'échappe avec bruit à travers les rochers, pour aller continuer son cours dans le désert. Le couvent de Tansan est, dit-on, très riche ; on prétend que les princes mongols du Koukou-Noor lui font annuellement des dons considérables.
En quittant la lamaserie de Tansan, nous entrâmes dans une grande plaine, oîi de nombreuses tentes mongoles et des troupeaux de toute espèce se dessinaient pittortsquement sur la verdure des pâturages. Nous rencontrâmes deux lamas à cheval qui faisaient la quête du beurre parmi ces riches bergers. Ils se présentaient à la porte de chaque tente, et sonnaient à trois reprises de la conque marine. Aussitôt quelqu'un se présentait avec un petit pain de beurre, qu'il déposait, sans rien dire, dans un sac suspendu à la selle du cheval. Les quêteurs parcouraient ainsi toutes les tentes, sans jamais mettre pied à terre, et se contentant d'avertir les contribuables en leur faisant trois sommations avec la conque marine.
A mesure que nous avancions, le pays devenait plus fertile et moins montagneux. Enfin nous arrivâmes au milieu des vastes et magnifiques pâturages du Koukou-Noor. La végétation y est si vigoureuse que les herbes montaient jusqu'au ventre de nos chameaux. Bientôt nous découvrîmes loin devant nous, tout à fait à l'horizon, comme un large ruban argenté, au-dessus duquel flottaient de légères vapeurs blanches, qui allaient se confondre dans l'azur des cieux. Notre pro-chamelier nous dit que c'était la mer Bleue. Ces mots nous firent tressaillir de joie; nous pressâmes la marche, et le soleil n'était pas encore couché que nous avions dressé notre tente à une centaine de pas du rivage.