‹ A travers les Etats-UnisChapitre 112 sur 130 · BROADWAY · texte numérisé non relu

BROADWAY

notre système européen a l'avantage de populariser des noms et des souvenirs historiques, mais la méthode américaine, une fois bien comprise, me paraît plus commode. Si l’on m'indique une adresse dans la 23° rue, entre la 8° et la 90° avenue, je sais de suite la direction que je dois prendre et je vais par conséquent droit au but.

Le coup d'œil que présente Broadway est peut-être unique dans le monde. C’est un mouvement, une animation, un pêle-mêle indescriptibles. Omnibus et tramways, équipages de tous genres et costumes de toutes façons ; peaux blanches et peaux noires; Indiens et Chinois; beau monde et truands; gens de loisirs et gens d’affaires, tout cela court, OC De heurte DS acité Comme on ne peut le faire quen Amérique. De plus, la longueur de Broadway étant si considérable, son aspect se transforme plusieurs fois (On peut dire que, sans changer de rue, on change de quartier. Voici d’abord les agences maritimes, les bureaux pour les émigrants, les refuges pour les marins. Puis vient la zone du grand commerce : Bourse, banques, entrepôts de toutes sortes, compagnies d'assurances. À cela succèdent les riches magasins, les splendides étalages devant lesquels papillonne une foule élégante et aristocratique. Enfin, on arrive à ‘“la haute ville,” c’est-à-dire aux somptueuses habitations, aux villas de marbre des millionnaires.

Les quartiers excentriques se composent de misérables maisons de bois, habitées par des nuées d’aventuriers, écume impure que le flot de la civilisation laisse toujours, hélas! après lui.

Les habitants de New-York sont très fiers de leur Parc Central, promenade publique qui assurément ferait honneur à toute grande ville. Il est vrai quil renferme quelques constructions plus que médiocres et des statues d'un goût détestable; le site, en soi, n’a rien non plus de remarquable ; et cependant l'effet général est, sans contredit, excellent. L'art du jardinier paysagiste a vraiment accompli des prodiges. De 350 hectares de marécages et de rochers, on a fait un parc charmant, qui n’est certainement inférieur en rien au Bois de Boulogne de Paris. Le sol est trop pauvre pour que les arbres puissent jamais acquérir un grand développement; mais on ne saurait voir, je le répète, une série de paysages artificiels plus brillants, plus variés, plus pittoresques. Les lacs, qui couvrent une superficie d'environ 75 hectares, sont égayés en été par des flottilles de nacelles, aux couleurs éclatantes, en hiver, par une foule de patineurs. On a suppléé, autant que possible, au manque d'arbres de haute futaie par une infinité de bosquets et de taillis épais, sillonnés en tous sens par des allées sinueuses. Là, à toute heure du jour, le promeneur est sûr de trouver de frais ombrages, chose inappréciable sous le soleil dévorant des étés américains. Le Parc, tel qu'il est aujourd’hui, a coûté 10 millions de dollars ;' et les habitants de New-York affirment que, contrairement à

? 54 millions 200 mille francs.

ETAT - EMPIRE. EU

ce qui se passe en général dans leur ville, il n'y a eu ni détournements

de fonds, ni concussions d’aucunemsOrte, mais que la totalité de cette somme énorme à été loyalement dépensée.

J'ai déjà dit. que Brooklyn

ES un faubourg de New- Norte toutefois ON 'MED CIE donner le nom de faubourg à une ‘ville de 500 milletämes:

Beaucoup né soc rants#honmt leurs1): Eure at New-Vork et leur habitation à Brooklyn. Ils vont et viennent, matin et soir, dans les bacs.

Jusqu'à présent les deux villes qui, en réalité, n'en font qu’une, n’ont pas d'autre moyen de communiquer entre LAC ET PONT DANS LE PARC CENTRAL. elles ; mais on travaille

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struction d'un pont monumental sur l'£as#River. Le grand nombre d’édi-

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