L'EAST-RIVER, QUI SÉPARE NEW-YORK DE BROOKLYN
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fices sacrés que renferme Brooklyn (plus de
‘Cité des
Édlses.” On parle beaucoup, des deux côtes dé l'Atlantique, etnon sans raison, de la vénalité, de l’indélicatesse en matière de finances, qui règnent à New-York.
Il nest pas jusqu'aux notabilités politiques de la ville qu'on n’accuse ouvertementi dewiraudesmet-de malversations. Souvent ces accusations sont injustes et doivent être attribuées à l'esprit de parti, qui nulle part peut-être ne se montre aussi passionné et aussi peu .scrupuleux qu'à New-York.
On semble vraiment avoir pris au sérieux le conseil de ce spirituel écrivain qui, sous des exagérations humoristiques, cache une profonde connaissance es hommes et des choses:
‘“ N’accusez jamais votre adversaire d'ignorance ou d'erreur :
cest trop peu. Affirmez hardiment qu'il a assommé sa grand'née tctavol des pendules.
Mais, tout en faisant une large
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part à la calomnie et au dénigrement systématique, il n’en reste pas moins vrai
que la corruption administrative atteint ici un degré scandaleux.
! Sala, publiciste anglais ; American Diary.
LESCE,
L'ETAT -EMPINE.
il faut bien le dire, New-York est un grand foyer de démoralisation. Et rien de surprenant à cela, car depuis cinquante ans elle est, en quelque sorte, l'égout public où l'Europe entière déverse le trop plein de ses impuretés. C’est une ville cosmopolite bien plus qu'une ville américaine. Chaque jour lui apporte de nouveaux éléments d’ignorance, de paupérisme et de crime. L’étonnant n'est pas qu’elle soit si mauvaise, mais qu'elle ne soit pas pire. Si j'avais à démontrer l'excellence des institutions américaines, je n’en voudrais pas donner d’autres preuves que l’histoire de New-York ; car, malgré l’effroyable pression de l'influence étrangère, le mécanisme gouvernemental demeure intact. J'ai visité la prison de la ville, le dépôt de mendicité et le pénitencier, qui sont réunis dans une des îles de la baie (Blackwell). Les registres de ces établissements constatent que plus de la moitié de leurs hôtes est fournie par l’émigration irlandaise; les Allemands viennent ensuite, puis les Anglais; enfin les Américains n'y sont représentés que dans la proportion de dix pour cent.
Mais de l'immoralité publique et privée qui règne à New-Vork, portons nos regards sur les efforts qui sont faits pour contenir le flot envahissant du mal. Il n'y a peut-être pas de ville au monde où les Sociétés religieuses et philanthropiques soient plus fortement organisées et poursuivent leur but avec plus d’ardeur. On dirait que c’est tout spécialement en vue de la population saine de New-Vork qu'ont été écrites ces paroles: ‘Les Américains montrent, par leur pratique, qu'ils sentent toute la nécessité de moraliser la démocratie par la religion.”’" Le zèle des Chrétiens est proportionné à la grandeur du mal qu'il s’agit de combattre. Les moyens employés en vue de l'évangélisation et du relèvement des masses peuvent étonner les Européens et ne conviendraient peut-être pas à tous les pays; mais on ne peut quadmirer le dévouement de ceux qui travaillent et se réjouir des succès qu'ils obtiennent. Que de milliers d’âmes. n'y a-t-il pas à New-York dont les sentiments sont en parfait accord avec la belle prière suivante, qui est placée en tête du registre des délibérations du grand Conseil dela ville : |
“O Toi, source de tout don parfait, nous te supplions de nous rendre capables, par ta grâce, de remplir nos charges respectives avec intésrité et droiture. À cet effet, éclaire nos entendements obscurcis, de telle sorte que nous puissions discerner le bien du mal, la vérité du mensonge; que, regardant à ta Parole, ce guide sûr qui donne au plus simple la sagesse et l'intelligence, nous ne rendions jamais que des jugements purs et équitables. Que ta loi soit une lampe à nos pieds et une lumière à nos sentiers, afin que nous ne nous détournions point de la voie de la justice. Pénètre-nous toi-même du sentiment de la grande responsabilité qui pèse sur nous, non seulement devant les hommes, mais devant Celui qui voit et entend toutes choses. Que nous n’ayons égard à l'apparence de personne; mais que
! À, de Tocqueville, De /a Démocratie en Amérique, tome TIT, page 233.
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