PHILADELPHIE, "CHAMBRE DE COMMERCE
et un perron en marbre blanc. En général, les trottoirs sont ombragés par un double rang de beaux arbres. Après le pavé atroce de New-York, c’est un vrai soulagement que de parcourir les rues de Philadelphie. Les quartiers les plus modernes renferment des constructions splendides. De beaux monuments s'élèvent de toutes parts. Citons d’abord la statue d'Abraham Lincoln, qui décore une des places de la ville; puis, le Collège Gerard, établissement scolaire le plus parfait, dit-on, dans son genre qui soit en Amérique; le nouveau pont Gerard, sur le Schuylkill, le plus large et certainement l’un des plus magnifiques ouvrages en fer du monde. Il y a des hôtels, des
PASIONOMIENDENPEAILADELPATE.
clubs, des maisons de banque qui égalent les plus belles constructions de Paris ou de Londres. Mais ce qui frappe plus encore peut-être que la splendeur de certains quartiers, c'est l'absence complète de ces ruelles sombres, de ces bouges, de ces misérables masures qui se retrouvent, plus ou moins, dans toutes les grandes villes. Nulle part, ni en Amérique ni ailleurs, on ne voit d'habitations particulières aussi salubres et aussi riantes qu’à Philadelphie. Nulle part, non plus, la propreté n’est en aussi grand honneur. PE Phldelphiensisont tres fers, -eta bon droit, des logements de leur classe ouvrière. : Ces bâtisses énormes, à la façade de caserne, où s’entassent à New-Vork les ménages pauvres, n'existent point ici. Règle générale, toute famille a son habitation séparée ; de là vient qu'avec une population inférieure a celle de New-York, Philadelphie compte 60 mille maisons de plus.!
Malgré son rapide développement, la capitale de la Pensylvanie possède peut-être plus de monuments historiques qu'aucune autre ville de l'Union. Une petite maison de briques, à deux étages, faisait partie de la modeste habitation bâtie pour William Penn avant son arrivée. L'Eglise suédoise, qui remonte à 1700, s'élève sur l'emplacement où fut construite, en 1677, la Pionuereéoise chéuenne de datrésion Le vieux Café de Londres existe depuis 1702. Dans le clocher de l'Eglise du Christ, qui fut achevé en 1774, se trouve le plus ancien carillon de l'Amérique. Franklin, né à Boston, vécut et mourut à Philadelphie. Son corps y repose dans un modeste tombeau. Les passages les plus intéressants de ses Mémoires ont trait à son séjour “dans cette ville; on l'y peut suivre, pour ainsi dire, pas à pas.
Mais c'est surtout le Palais de justice (Court House) qui rappelle aux Américains de grands souvenirs. Dans une salle de cet édifice, “la Déclaration de l’Indépendance ” fut discutée et adoptée. Tout écolier des Etats-Unis doit savoir par cœur ce mémorable document.
‘Nous tenons ces vérités pour certaines et évidentes: Que tous les hommes sont créés égaux; qu'ils sont doués par leur Créateur de certains droits inaliénables, tels que la vie, la liberté, la poursuite du bonheur; que, pour sauvegarder ces droits, les hommes ont institué des gouvernements qui dérivent leurs pouvoirs légitimes du consentement des gouvernés ; que toutes les fois qu'une forme de gouvernement ne répond pas à ce but, le peuple a le droit de la modifier, ou de l’abolir, et de la remplacer par un gouvernement, basé sur les principes et organisé de la manière qui lui paraissent les plus propres à assurer la sécurité et le bonheur du pays. La prudence nous dit, il est vrai, que les gouvernements établis ne doivent pas être changés pour des motifs transitoires et futiles ; aussi l'expérience de tous les siècles nous apprend-elle que les peuples sont disposés à souffrir, tant que leurs maux sont supportables, plutôt que de se faire justice à eux-mêmes, en abolissant la forme du gouvernement à laquelle ils sont accoutumés. Mais, quand une longue
1 Plusieurs détails intéressants sur Philadelphie ont été empruntés à Za Conquête blanche, par W. H. Dixon,
ouvrage traduit par M. Vattemare et publié dans Ze Tour du Monde, année 1876.— Note du Traducteur.
É PHILADELPHIE ET WASHINGTON
suite d'abus et d’usurpations de la part du pouvoir indique le dessein bien arrêté de placer le peuple sous un régime de despotisme absolu, il est de son droit, il est de son devoir de renverser ce gouvernement et de pourvoir à sa sécurité future.”
Suit un véritable réquisitoire contre le roi d'Angleterre, Georges III, qui est représenté comme un monstre de malignité et d’astuce, une sorte
PHILADELPHIE : PALAIS DE JUSTICE OÙ FUT SIGNÉE LA DÉCLARATION DE L'INDÉPENDANCE.
de Néron doublé d'un Machiavel. Il faut avouer que ce portrait ne ressemble guère au Georges III de l’histoire, monarque fort entêté, il est vrai, mais bon homme au fond et bien intentionné. On comprend qu’au
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DOCUMENT RSEFISTORIQUES.
milieu du déchainement des passions et des fureurs de la guerre telles exagérations fussent dites et crues de bonne foi; mais il est regrettable,
, \ SN Ces de ° , . A px . ? \ qu'après un siècle de paix et de liberté, elles continuent à être enseignées à
la jeunesse, comme des vérités historiques. La ‘“ Déclaration” se termine par ces paroles magistrales :
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