PHILADELPHIE : PARC FAIRMONT, RIVES DU SCHUYLKILL
“En conséquence, Nous, Représentants des Etats-Unis d'Amérique, réunis en Congrès général et prenant à témoin le Juge suprême de . . . L , . , l'univers de la droiture de nos intentions, au nom et par l'autorité du
PHILADELPHIE ET WASHINGTON
bon peuple de ces colonies, nous publions et déclarons solennellement ce qui suit: Les Colonies de l'Amérique du Nord sont et ont le droit d’être des Etats libres et indépendants. Ils sont dégagés de toute allégeance à la Couronne d'Angleterre, et toute relation politique est, et doit être, complètement dissoute entre eux. Nous déclarons en outre que, comme Etats libres et indépendants, l’Union des Colonies a le droit de déclarer la guerre, de conclure la paix, de contracter des alliances, d'organiser le commerce, en un mot, d'agir en toutes choses comme des Etats indépendants ont le droit de le faire. Et pleins de confiance dans la protection de la Divine Providence, nous nous engageons mutuellement, sur notre vie, notre fortune et notre honneur sacré, à soutenir la présente Déclaration.”
Avant de quitter Philadelphie, disons un mot du Parc Fairmont, la plus grande merveille de la ville et, l’on pourrait presque dire, une des merveilles du monde. Ce parc, d'une superfñcie de 1400 hectares, plus grand à lui seul que les sept parcs publicse dé Pondres test d'une pete qu ne le cède en rien à ses dimensions. Ni le Prater de Vienne, ni les Délices de Séville, ni le Bois de Boulogne de Paris ne peuvent lui être comparés. La nature et l'art semblent avoir combiné leurs efforts pour embellir ce lieu enchanteur. Un pays accidenté et boisé se déroulant jusqu’à l'horizon; une large rivière, aux gracieux méandres (le Schuylkill) coulant au milieu de vallons fleuris et gazonnés; au delà de cette rivière, une forêt de clochers, de tours, de dômes de marbre; puis des lacs, des ponts, de belles avenues, des massifs d'arbres, des bosquets délicieux ; tout cela forme un panorama qui, une fois vu, se fixe pour toujours dans la mémoire.’
De Philadelphie, où l’Indépendance des Etats-Unis fut proclamée, nous nous rendons à Washington, siège du gouvernement fédéral. Le chemin de fer nous y transporte à travers l'Etat du Maryland, dont les collines fertiles et verdoyantes rappellent celles de l’Angleterre. Nous traversons Baltimore, l’une des plus grandes villes des Etats-Unis et l’un des ports les plus commerçants du monde. Bientôt après l'avoir quittée, le dôme imposant du Capitole s'aperçoit dans le lointain, et au bout de quelques minutes nous sommes dans ‘la ville aux magnifiques perspectives,” comme les Américains, avec leur emphase habituelle, ont surnommé leur capitale. Disons, tout de suite, que cette épithète qui semblait prédire à Washington le plus brillant avenir ne s’est point justifiée. Le plan de la ville avait été fait sur une très grande échelle. De larges rues, des avenues grandioses devaient la couper en tous sens. Les voies furent tracées, maïs beaucoup attendent encore que le constructeur achève ce que le géomètre a commencé.
On avait compté sur une population qui n’est pas venue. Depuis quelques
années cependant, les vides ont commencé à se combler; quelques beaux quartiers ont été construits, et le nombre des habitants s’est accru: en 1870, il dépassait le chiffre respectable de 109 mille. Pendant les sessions
! W. H. Dixon, Za Conquête blanche, ouvrage déjà cité.