‹ A travers les Etats-UnisChapitre 17 sur 130 · SERVICE DES POSTES À TRAVERS LA SIERRA-NEVADA · texte numérisé non relu

SERVICE DES POSTES À TRAVERS LA SIERRA-NEVADA

CARENE MUNeP EU DE REPOS?

ment, leur inépuisable libéralité quand il s’agit de soutenir une entreprise ayant un but religieux ou philanthropique, sont au-dessus de tout éloge. Mais d'un autre côté, l'amour du lucre, l’âpre soif du gain, l'habitude d'estimer toute chose à sa valeur vénale, la dévorante et fiévreuse activité qui règnent de toutes parts, sont peu favorables, il faut le reconnaître, au développement de la vie intellectuelle et religieuse.

Il y a déjà près d'un demi-siècle qu'un homme, qui avait étudié à fond les institutions et les mœurs des États-Unis, ÉéHtaiteces liones- Er Amérique, la passion du bien-être matériel n’est pas toujours exclusive, mais elle est générale . . . . Le soin de satisfaire les moindres besoins du corps et de pourvoir aux petites commodités de la vie, y préoccupe universellement les esprits . . . . Je ne connais pas de pays où l’amour de l'argent tienne Hé pe dlaroenplhacendans le cœur de l'homme”? Ce qui était vrai il y a cinquante ans l'est bien plus encore aujourd’hui. La plaie que signalait M. de Tocqueville au sein de la société américaine n’a fait, depuis lors, que s'élargir. Elle s'étend même aux districts ruraux et adonnés à l’agriculture. Comme on adresserait volontiers à ces foules qui se pressent et qui s’agitent ces tranquilles paroles du divin Maître: ‘“Venez-vous-en à l'écart et prenez un peu de repos!” Ce n’est qu'en obéissant à cette douce invitation, en se retirant à l'écart, en se recueillant loin des bruits de la terre, que la vie intérieure peut être maintenue. Ce n’est qu’en fermant quelquefois les yeux au visible et au temporel que l’homme peut arriver à percevoir l'invisible et éternel surement, 11 y à äux États-Unis, des multitudes d’âmes auxquelles la poursuite des biens matériels ne fait point perdre de vue ces biens plus précieux qui font notre gloire et notre grandeur. Mais il n’en demeure pas moins vrai que, si le peuple américain doit devenir un jour, dans le meilleur sens du mot, ‘le fils le plus vaillant de la terre,” il faut qu'il cultive, beaucoup plus qu'il ne l’a fait jusqu'ici, les qualités morales et les vertus chrétiennes qui fleurissent à l'ombre du calme et du recueillement intérieur.

1 M. de Tocqueville, De la Démocratie en Amérique, tome III, page 208 ; tome I”, page 82.—Cifation & Note du Traducteur.

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