THÉ. CAFÉ
Les altitudes de ces lieux habités sont considérables. D'après des mensurations récentes, l'élévation moyenne de Central City est de 2,600
mètres au-dessus du niveau de la mer.
1l#enr est à peu pres. de même de
Black Hawk. A ces altitudes qui seraient complètement inhabitables sous nos climats, l'air est d’une légèreté dont les organes se ressentent, mais ne souffrent nullement. Dans tout le Colorado, les mois d'été et d'automne sont d’une beauté sans égale: c’est un climat de paradis terrestre. Il fait
beau tous les jours, sans exception.
Le ciel, d'un bleu transparent, est
toujours découvert. A partir de décembre, ces conditions changent. Il
tombe beaucoup de neige et le froid est souvent très rigoureux. Par un contraste étrange, cet État de Colorado, berceau d'une civilisation
naissante, est en même temps le tombeau d’une race disparue. Il abonde
1 L. Simonin, Ze Æar- West américain, ouvrage déjà cité.
S'AINT) EOUISSA DENVER.
EE — —— en restes préhis- = = à toriques. Depuis longtemps déjà l'on savait que, d’après une tradition obscure répandue parmi les Indiens, un peuple, plus avancé qu'eux en toutes choses, avait jadis habitéà l'ouest du Mississipi.. De récentes découvertes ont pleinement confirmé les données de la tradition ; et aujourd'hui il est de la dernière évidence qu'à une période très reculée, l'Amérique du Nord fut la demeure d'une race infiniment supérieure, au point de vue de la civilisation, aux tribus nomades qui la peuplaient quand les Européens y pénétrèrent. Les ruines importantes qui ont été trouvées dans les Montagnes Rocheuses, sont des bâtiments en pierres de taille, superposées avec ordre, et jointes entre elles par une maçonnerie fort bien exécutée. Les deux étages dont se composaient en général ces habitations sont séparés par des poutres en bois de cèdre. Les décorations des murs dénotent, chez les architectes, un certain sentiment artistique, tandis que les instruments d’obsidienne et les fragments de poterie trouvés à l’entour montrent qu'ils n'étaient pas dépourvus de toute recherche dans leurs habitudes. Quelques unes de ces ruines se trouvent dans des vallées, et l'étendue de terrain qu’elles recouvrent fait supposer que des villes considérables s’élevaient jadis là où règne maintenant le silence et la désolation. D'autres, situées sur des rochers, paraissent avoir servi de retraites aux populations, tracassées par l'ennemi. La description suivante d’une de ces dernières est empruntée à une série d’articles du D' Peale, publiés par un journal hebdomadaire de New-York :°
‘Un escalier, dont les marches à demi-effacées sont taillées dans le roc, conduit à l’étroite plate-forme où s'élevait la maison. La profondeur de la