‹ A travers les Etats-UnisChapitre 40 sur 130 · LA SIERRA - NEVADA · texte numérisé non relu

LA SIERRA - NEVADA

tion les pentes de la Sierra-Névada, et à mesure que nous montions l'aspect de la nature devenait plus grandiose. Nous traversons tantôt d'immenses tranchées, tantôt une série de viaducs en charpente, hardis, élégants, mais qui font entendre sous le poids du train des craquements peu rassurants. Rien de moins solide, en apparence, que ces légères constructions jetées au travers de ravins qui ont souvent plusieurs centaines de pieds de profondeur ; et j'avoue que, pour ma part, je poussais un long soupir de soulagement chaque fois que le train venait de franchir sans accident un pont de ce genre. Même dans les Etats de l'Est, il existe un grand nombre de ces viaducs primitifs. On assure qu'aucun accident n'y est jamais arrivé :

c'est d'autant plus surprenant que quelques charbons enflammés, tombant de la machine, suffiraient pour les mettre en feu.

Nous arrivons enfin à la

station du Sommet, ainsi nommée parce qu’elle marque le point où le chemin de fer atteint Ja | ABRIS CONTRE LA NEIGE, LIGNE DU PACIFIQUE, ligne faîtière de la SierraNévada.

De ponte qiuisest 42253 mètres audessus du niveau de l'Océan, la vue que l’on embrasse est d'une imposante grandeur. Des montagnes à la cime neigeuse, aux pentes revêtues de magnifiques forêts de sapins, se dressent à droite et à gauche. (Çà et là, par des échappées, l’on découvre de jolis lacs aux eaux dormantes, limpides comme du cristal, et enchassés dans de frais vallons couverts de fleurs. Deux de ces lacs, Donner et Zahoé, sont situés à très peu de distance de la voie ferrée; pas un touriste ne doit manquer de les visiter. Un si harmonieux ensemble, une pareille combinaison de beautés, ne se rencontrent que rarement dans la nature, et, une fois vus, ne peuvent jamais s'effacer de la mémoire. Des plaques de neige se remarquent, toute l’année, le long de la route. Nous passons sous des abris en charpente, destinés comme ceux du Simplon à préserver les trains de la chute des avalanches. Ces tunnels artificiels nuisent considérablement aux jouissances du voyageur, car à peine a-t-il entrevu quelque riante vallée, quelque pic étincelant, que les toits de planches viennent les lui masquer.

La pente est très rapide. Sur un espace de 120 kilomètres, la ligne ferrée s’abaisse de 6,000 pieds. Le train descend par son propre poids,

manœuvré seulement par les freins. La température s'élève rapidement.

LELNOUVEL EL DOR/DO

Nous sommes en Californie. Encore quelques heures et nous aurons atteint Sacramento, capitale de l'Etat. C'est là, sur les bords de la rivière du même nom, que furent faites, en 1848, les premières découvertes métallifères qui ont exercé une si grande influence, non seulement sur l'avenir du continent américain, mais sur celui du monde eñtier. La chaîne des Montagnes de la Côte est ensuite traversée. (Ces montagnes n'ont pas une grande élévation, et rappellent, par leurs contours pittoresques, leur riche coloris, et leur exubérante fertilité, les derniers contreforts des Apennins. Bientôt une vaste nappe d’eau, environnée d’une ceinture de belles collines et sans aucun écoulement apparent, se déroule devant vous: c'est la rade de San- Francisco, la Porte d’or du Grand Océan. Cette véritable mer intérieure

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