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LES MERVEILLES. DU YELLOWSTONE

l’année suivante, à l'entrée de la vallée, par la Âzssion géologique! Elles sont étagées sur une éminence d’un blanc pur, qui de loin ressemble à une grande cascade gelée. Ce mont, formé de concrétions minérales et haut de 200 pieds, est sans contredit une des œuvres d'architecture naturelle les plus extraordinaires qui existent sur notre globe. Il se compose d’un vaste système de terrasses superposées, rappelant les marches d’un antique escalier. À chaque degré se trouvent des vasques semi-circulaires dont les bords sont ornés de festons, de dentelles, de broderies magnifiquement ouvragées. Les sédiments calcaires qui forment ces bords ont la blancheur translucide du plus pur albâtre ; mais à cette teinte générale se mêlent des tons éclatants, verts, jaunes, écarlates. On dirait que la nature, dans une œuvre féerique, a voulu construire et décorer elle-même les bains les plus commodes et les plus élégants. En effet, les innombrables vasques, gracieuses baïignoires naturelles, sont de toutes grandeurs et de toutes profondeurs ; et, comme l'eau qui les remplit coule des sources placées au sommet du mont, elle se refroidit à mesure qu'elle descend, en sorte que le baïigneur peut choisir la température qui lui convient le mieux. ‘Les sources de Mammouth sont des merveilles de premier ordre,”? qui défient également le crayon de l'artiste et la plume de l'écrivain. La photographie elle-même n’en peut donner qu'une idée fort incomplète, car elle ne saurait rendre ni l’exquise délicatesse des détails, ni surtout l'effet magique produit par l’harmonieuse combinaison des couleurs les plus variées.

Au sommet du mont se trouve un large plateau; c’est là que sont groupées les principales sources. La plus grande a un diamètre de 25 pieds sur 40; l’eau en est si parfaitement limpide que le regard plonge dans ses profondeurs jusqu'au sol même du bassin. Ses parois, admirablement nuancées, sont revêtues d’une substance rappelant le corail. Les sources ont un ou plusieurs points d'ébullition. L’eau déborde et coule sur les pentes du mont, où elle dépose constamment de ces résidus calcaires dont les vasques sont composées,

Combien de temps a-t-il fallu pour former une seule de ces vasques? La science nous le dira sans doute bientôt, car on peut étudier les couches des dépôts comme on étudie les cercles de croissance d’un arbre.

Sur le plateau existe une large fissure d’où s’échappent, par intervalles, d'épaisses bouffées de vapeur et par où l’on peut entendre les eaux bouillir comme dans une chaudière. Un remarquable cône, d'environ 50 pieds d’élévation, se trouve aussi en haut de la terrasse supérieure. À cause de sa forme, on l'a appelé Ze Bonnet Phrygien. C'est évidemment un ancien geyser, qui s'est fermé peu à peu lui-même. Aujourd'hui il ne donne plus une goutte d’eau. Les couches de calcaire sont déposées autour de lui, comme les couches de paille sur un toit de chaume, ou comme le foin d’une meule. Dans la plupart des sources dont nous venons de parler, c’est la chaux qui prédomine ; dans d’autres, c’est la silice.

! Relations du D' Hayden et de M. Langford. ? M. Langford.

BESOCATARACTES:

En remontant toujours la rivière, on arrive aux cataractes du Yellow. stone. La distance entre les deux chutes est d'un kilomètre environ. ‘ Jamais spectacle plus sublime que celui de la cataracte inférieure n’a été vu par l'œil humain !” s’écrie l’un des premiers explorateurs. La rivière, qui au-dessus de la chute a 200 pieds de large, est brusquement comprimée par de hautes roches. On la voit alors arriver, lisse et unie, sur l'extrême bord du rocher, dont elle s'approche avec la rapidité et les allures furtives d’un énorme serpent; enfin, rencontrant le vide, elle se précipite en un seul bond de 476 pieds, dans un bassin circulaire, dominé par de gigantesques remparts. Nulle part assurément il n'existe une nappe d’eau plus pure, plus compacte, plus verticale, plus irréprochable comme forme et comme limpidité. La nature grandiose qui l'entoure cadre parfaitement avec elle.

Du haut d’un promontoire de lave qui domine la cataracte, on jouit d’une vue dont la magnificence ne saurait être dépassée. Le Grand Cañon a ici au moins 1000 pieds de profondeur. L’énorme masse d’eau, voilée par des vapeurs mobiles et irisées, se résout en une nappe d'écume brillante comme des diamants. Des profondeurs de l’abime s'élève un harmonieux murmure qui contraste singulièrement avec le sombre silence de la gorge quelques kilomètres plus bas. Là tout était morne, lugubre, ténébreux: ici tout est vivant et animé. On suit pendant longtemps la rivière qui, tumultueuse et bouillonnante, s'enfonce dans le Cañon.

La ‘cataracte supérieure est toute différente de l'inférieure, mais elle n’est pas moins belle, Après avoir formé d’affreux rapides, elle s’élance avec impétuosité dans un précipice de 115 pieds de haut, franchissant un étroit couloir formé par des rochers en saillie. Au lieu de tomber en masse compacte, elle s’éparpille en gerbes rayonnantes et écumeuses. Ce qui manque à cette chute en sublimité est plus que compensé par son charme pittoresque. Il n'y a pas de cascade plus riante, plus gaie, plus gracieuse que celle-là. Ses eaux pétillent comme du vin de Champagne, Leurs jaillissements ressemblent à des éclats de rire. Les beaux rochers qui la dominent ne lui cachent pas le grand jour, et la riche végétation qui l'entoure lui prête un charme de plus. Les deux rochers postés, comme des sentinelles, à droite et à gauche de la cascade, pourraient aisément être réunis par un pont, d'où l’œil embrasserait, à coup sûr, l’un des panoramas les plus merveilleux du monde. |

Après les chutes, le Vellowstone change complètement de caractère. Il coule lentement entre des rives basses et verdoyantes. La largeur de son lit varie de 70 à 120 mètres. Bientôt l’on entre dans une profonde vallée qui paraît avoir été le bassin d'un lac, et où abondent les phénomènes volcaniques. A chaque pas on trouve un cratère éteint ou une source chaude. Le sol, qui est jonché de cristaux de soufre, rend sous vos pas un son creux; et, en beaucoup d’endroits, l'intensité de la chaleur est telle que le rocher se soulève en croûtes écailleuses. De loin en loin, s'élèvent des

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monticules formés par les dépôts de sources minérales taries. À la base de l’une de ces curieuses éminences, on remarque une caverne sulfureuse d’où se dégagent, à intervalles réguliers, des jets de vapeur, avec un bruit qui rappelle le sifflement aigu d’une locomotive. Près de là se trouve aussi une source bouillante, fortement imprégnée d’alun.

Une autre des curiosités naturelles de cette région extraordinaire, ce sont les Volcans de boue. Une seule vallée en contient une trentaine. Ces repoussantes chaudières varient de deux à dix pieds de diamètre: leur contenu a l'apparence et la consistance de la peinture : il y en a de jaunes, de grises, de roses, de rouille foncée. Plusieurs bouillent à grands flots,

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