CATARACTE SUPÉRIEURE DU YELLOWSTONE
Enfin, l’on arrive au lac Vellowstone, où la rivière du même nom prend sa source. Ce lac est une mer intérieure, solitaire et charmante, entourée de forêts primitives et cachée tout au fond des Montagnes Rocheuses. Sa forme ressemble à une main, dont les doigts seraient ouverts et écartés. La paume de la main figure le corps du lac, et les doigts représentent les échancrures,
LES MERVEILLES CDUNELLOMSTONE:
LAC YELLOWSTONE.
les baies profondes, les canaux, qu'on remarque sur sa rive méridionale.
Il occupe une superficie de 850 kilomètres carrés.
Sa hauteur au-dessus du niveau de l'océan est de 2,600 mètres; c'est un des grands amas d’eau les plus sélevésmdene terre; peut-être est-ce le puissant cratère d’un volcan éteint. . Peseasen lac, d’une couleur bleu foncé, sont claires comme du cristal et paraissent avoir une grande profondeur. Des îles verdoyantes, dont une très élevée, sont semées à leur surface. A l’est, le sable du rivage se compose presque entièrement d'obsidienne et de petits cristaux, connus sous le nom de diamants de Californie. On trouve:
aussi de nombreux spécimens de cornaline, d'asathe et de Rchalees doine. Sur un point de la côte, au fond d’une petite baie, sont éparses des concrétions argileuses, de l'aspect le plus extraordinaire leu volume varie, depuis celui d'un dollar à celui d'une locomotive 2 des disques, des tasses, des pilons, des jambes et des: piedshitres mien modelés. Ces bizarres
LACYELLOWSTONE.
formations naturelles semblent être le produit de l'action combinée de l'eau et du feu; leur présence sur le bord du lac a probablement donné lieu à la croyance, répandue parmi les Indiens et les trappeurs, qu'il existe dans le bassin du Vellowstone des débris d'armes, d’ustensiles et d'idoles, appartenant à une race disparue.
Chose étrange, on ne trouve sur les rives du lac aucune espèce de coquillage. Ses eaux abondent en truites d’une grosseur et d’une délicatesse exceptionnelles ; mais c’est le seul poisson qu’on y aperçoive. Des nuées d'oiseaux aquatiques, cygnes, mouettes, canards et oies sauvages, se jouent à sa surface. Les énormes pélicans volent en bandes serrées none de Privaves le soir, il. ya des iles plates qui en sont toutes blanches. Les forêts environnantes, qui en certains endroits descendent presque jusqu'au lac, sont largement pourvues de cerfs, d’élans et de menu gibier. On y trouve même la poule de prairie qui, dans d’autres régions, à complètement disparu. Dans les taillis des hautes montagnes, de plus dangereuses rencontres sont à craindre, car les ours et même les lions n’y sont pas rares. Les étangs et les petits cours d’eau du voisinage pullulent en loutres et en castors. Pour une pareille altitude, le climat est très doux; aussi la végétation est-elle beaucoup plus variée que dans le reste du pays.
A lextrémité sud-est du lac se trouve le pic le plus élevé de la chaine du Vellowstone. Sa hauteur, mesurée au baromètre, est de 3,572 mètres au-dessus du niveau de la mer. Deux des premiers explorateurs en firent l'ascension.
“Le spectacle qui s'offrit à nos regards,” dit l’un d’eux,' “échappe a toute description. Le lac et la vallée qui l'entoure paraissaient littéralement à nos pieds Au delà, nous apercevions très distinctement la vapeur des sources chaudes et des volcans de boue, s’élevant dans les airs à des hauteurs fantastiques. Plus loin encore et fermant l'horizon, s'étendait une superbe ligne de montagnes, qui, éclairées par le soleil, nous laissaient voir leurs gorges sombres, leurs ravins boisés, leurs formidables précipices et leurs escarpements abrupts De grands pics, aigus comme des flèches et brillants comme du cristal, dominaient fièrement le reste de la chaîne. Quant à la montagne où nous étions, elle fait partie d’un ensemble de sommets formant un plan à peu près du même niveau et recouverts d'une couche de lave. Cette formation volcanique s'étend à perte de vue. Les défilés sauvages qui séparent les sommets, les gorges profondes qui les sillonnent, sont d’une grandeur et d'une magnificence qu'on pourrait presque appeler colossales.” |
Cettemchaäine lun des rameaux les plus : élevés des Montagnes Rocheuses, est regardée par les Indiens comme le point culminant du monde : celui qui en atteint le faîte, disent-ils, peut jeter un regard
; 1 Relation du Zeisure-Hour.
LESCWERVETLLES DU ELLOMSMONE
dans le séjour des âmes, et entrevoir les forêts plantureuses où les esprits des bons Indiens se livrent, en paix et à cœur joie, au noble plaisir de la chasse.
Au nord-ouest du lac se trouve une autre vallée, comprise aujourd'hui dans le grand Parc National, mais qui est restée, jusqu'à ces dernières années, non moins ignorée que le bassin du Vellowstone: c’est celle du 7%re-/lole, où Abême de feu.
Cette vallée, de forme à peu près triangulaire, est traversée par un large torrent et entourée de montagnes de lave noire de 1,500 pieds
de haut. Là, de nouvelles surprises attendaient nos explorateurs. Un moment, ils furent tentés de se croire dans un monde enchanté, dans les domaines du Roi du feu. ‘étroit. bassindu , Firé-Hole n'est Nauane
agglomération de tertres calcaires, de buttes arrondies, portant à leur sommet des sources d’eau bouillante. Ces sources, au nombre de 1,500 au moins, présentent, pour la plupart, des phénomènes sans pareils sur la surface du globe. Ce sont des Geysers, ou fontaines jaillissantes, auxquelles les fameux Geysers d'Islande ne méritent même pas d’être comparés. |
‘ Considéré dans son ensemble,” écrit le lieutenant Doane, “le bassin du Fire-Hole surpasse toutes les autres grandes merveilles que renferme l'Amérique. Le voyageur qui le traverse se sent l'esprit comme étourdi et écrasé par les spectacles qui l'entourent.” A l'admiration se mêle même un certain sentiment qui touche à la crainte. En effet, le bruit des eaux toujours agitées; les ruissellements et les sifflements des geysers ; les détonations qui se font entendre, les nuages de vapeur qui s'élèvent de toutes parts; l'effondrement perfide du sol quand vous posez le pied sur une croûte friable, tout semble vous mettre en garde contre quelque danger mystérieux.”
Dès l'entrée de la vallée, on trouve un Geyser qu'on a nommé ZX Jidèle, à cause de la périodicité régulière de ses éruptions. Il lance toutes les heures, par une ouverture de trois pieds sur sept, une énorme colonne d'eau qui s'élève jusqu'à 100 pieds. Chacune de ses éruptions commence par la sortie bruyante d’une masse de vapeurs et dure environ cinq minutes. Des arcs-en-ciel se jouent autour de ce terrible jet d’eau, dont les puissantes gerbes retombent en pluie de diamants.
Une autre source a été appelée Z Chäteau fort, parce que l’éminence sur laquelle le cratère est situé est le plus considérable de tous les monticules calcaires de la vallée. Sa hauteur est d'environ 40 pieds; ses parois irrégulières, garnies de concrétions d’une beauté merveilleuse, se dressent en forme de tourelles; à quelque distance on croirait voir les ruines d’une forteresse féodale. De temps à autre Ze Château fort annonce son intention de faire une décharge par des grondements sourds et des palpitations
1 Relation de M. Langford.
BZESNCEYSERS.
répétées ; puis la masse liquide s'élève dans les airs à une hauteur verticale de 60 ou 80 pieds.
Le Géant à un énorme cratère, cylindrique mais ébréché, entouré de plusieurs autres plus petits Quand ïil est au repos, on peut voir l'eau qui bout à gros bouillons dans ses profondes cavités. Les jaillissements de ce geyser paraissent être moins fréquents, mais de plus longue durée que ceux de ses voisins. M. Doane et ses compagnons eurent la bonne fortune d'être témoins d’une magnifique éruption qui ne dura pas moins de trois heures. Une colonne d’eau, large de 7 pieds, s'élevait à une hauteur variant de 90 à 200 pieds. A mesure qu'il jouait, on voyait le niveau de la rivière, le FÆ?re-Hole, s'élever rapidement.