‹ A travers les Etats-UnisChapitre 84 sur 130 · CLARK STREET, CHICAGO · texte numérisé non relu

CLARK STREET, CHICAGO

leus bservé. Les chréti voué £

puleusement observe. es chrétiens vivants et dévoués sont peut-être moins rares à Chicago que dans telle ville de même importance en Angleterre. Sans doute le crime et l'impiété y abondent; mais comment s’en étonner,

lorsqu'on songe que des émigrants accourus des quatre coins du globe forment le fond de la population ?

ESPRIIQDENEARPOPULATION.

Quelque historien de l'avenir dira peut-être de Chicago qu'elle ‘s’est élevée comme s'élève une exhalaison malsaine.”? On a déjà dit que la rapidité de son développement n’est pas le seul trait qui la fasse ressem- PÉaNPandemonumMPour ma “part. jen ai souvent entendu parler comme d’une ville adonnée à tous les vices. Qu'il y ait parmi les émigrants beaucoup de gens tarés, c'est incontestable; mais que la loi et la morale publique, la philanthropie et la religion, unissent leurs efforts pour réagir contre le mal, c'est ce que la bonne administration de la ville et le nombre extraordinaire d'écoles, d’églises, d'institutions charitables de toutes sortes, prouvent surabondamment. Si on ne regardait qu'aux chiffres toujours croissants de la population et de la richesse publique, on pourrait s'inquiéter plutôt que se réjouir; mais il est juste de ne point oublier que, si la ville gagne en importance et en prospérité, elle gagne aussi en œuvres excellentes et utiles. Il est des visiteurs de Chicago qui se sont plus à étaler devant leurs lecteurs la statistique du crime, et à indiquer le nombre précis des cas de divorce qui ont lieu annuellement dans l'Illinois. D’autres, plus généreux, ont préféré noter ce qui présage à ce beau pays un heureux et paisible avenir. C'est avec ces derniers que je voudrais me ranger; aussi, avant de quitter Chicago, je tiens à mentionner un incident qui a produit sur moi une vive impression.

Du tumulte affairé de la Chambre de commerce, on me conduisit un jour dans un édifice public, situé dans une rue voisine. On ne me dit, ni ce que j'allais voir, ni ce que j'allais entendre. Il était deux ou trois heures de .l’après-midi. Je me trouvai bientôt dans une grande salle, remplie jusqu'à la porte d’une foule, composée de gens de toutes les classes. Les hommes étaient en majorité. Chacun paraissait sérieux et recueilli. C'était unie assemblée religieuse une réunion : de «prières. Le célèbre et pieux évangéliste, M. Moody (qui depuis lors a visité l’Europe), prononça une chaleureuse allocution. Le chant était le plus entraînant que j'eusse entendu en Amérique. N'est-ce pas un trait caractéristique des mœurs religieuses de Chicago, qu'une telle réunion ait lieu tous les jours, au centre de la ville, à l’heure des affaires, et qu’elle soit fréquentée principalement par des négociants ? Evidemment il y a là une preuve qu’au milieu d’une atmosphère pleine d’influences et de préoccupations mondaines, il existe pourtant, au fond des âmes, des aspirations et des besoins que la religion seule peut satisfaire.

On a vu, par le mouvement du port de Chicago dans un intervalle de treize ans, quelle est l'importance commerciale de la chaine de lacs qui sétend du lac Supérieur au golfe Saint-Laurent. Qu'une ville

assise au milieu d'un continent, à 1,600 kilomètres de la mer, puisse

? Citation de Milton, qui applique cette image à la cité des Démons, autrement dite Pandemonium : ‘,, .. Out of the earth a fabric huge Rose like an exhalation . .. ” Paradis perdu, livre I*,— Note du Traducteur. K 2 133

DE CHICAGO AU NIAGARA

être classée parmi les ports les plus considérables du monde, n’est pas une des moindres merveilles de ce merveilleux pays. De grands bateaux, aussi bien équipés que les paquebots transatlantiques, vont et viennent sur les lacs; pendant la traversée, la terre disparaît complètement et l’on est exposé à des orages aussi violents pour le moins que ceux de la Manche. Il faut quelque temps pour s’habituer à l’idée que les eaux qui vous entourent ne sont point salées. On connaît l’histoire de ce bâtiment anglais qui, pendant la guerre de 1812, fut retenu sur le lac Ontario par un calme plat et dont l'équipage faillit mourir de soif, ignorant ou ne se souvenant pas qu'il naviguait sur des eaux d’une douceur exquise. Il est certain qu'à la même époque des chaloupes canonnières, qui parcouraient les lacs, furent pourvues de barriques d'eau comme pour un voyage sur mer.

Au point de vue du pittoresque, le tour des lacs n'offre pas un grand intérêt. Les rivages, sauf ceux du lac Supérieur, sont en général plats et uniformes ; mais les cours d’eau qui unissent ces vastes mers intérieures, tels que’ la rivière Saint-Clair, entre l’Huron et l’Erié, et le détroit-de Mackinac, entre l’'Huron et le Michigan, présentent au contraire des sites d'une grande beauté. Tantôt des rochers à pic s'élèvent du bord de l’eau ; tantôt on navigue entre de gracieuses collines, couvertes de forêts de la base au sommet. Les détroits sont semés de brisants et de récifs qui, dangereux pour la navigation, ajoutent encore à la beauté du tableau.

Afin d'éviter les rapides et pour que les navires marchands du plus fort tonnage puissent passer d'un lac à l’autre, de larges canaux ont .été construits à grands frais Mais les touristes, surtout ceux qui désirent chasser le daim dans les régions du nord-ouest, préfèrent en général la voie la plus difficile et franchissent les rapides sur une pirogue indienne. La frèle embarcation, construite de planches minces et d’écorce de bouleau, parait incapable d'affronter la masse d’eau qui se précipite sur elle du haut des rochers. Toutefois, le péril est plus apparent que réel. Le passager n'a: qu'à rester assis, dans une immobilité complète, à l'endroit qui lui est indiqué, et le batelier le conduira sans encombre, à travers les eaux bouillonnantes, au paisible courant ‘qui ‘est en dessous "Une "expédition sdence genre offre assez de danger pour tenter les esprits aventureux ; mais bien des ‘années s'écoulent sans ‘qu'un laccidenthse MproduseROnEracenre propos du passage des rapides, une anecdote assez curieuse. Une pirogue, contenant plusieurs personnes, chavira en franchissant le Saut Sainte-Marie, qui unit les lacs Supérieur et Michigan. Les naufragés, irrésistiblement attirés vers le gouffre, s’efforçaient, mais en vain, de se cramponner aux pointes des rochers. Sur le rivage, une foule émue assistait à la catastrophe, sans pouvoir venir en aide aux victimes. Tout à coup, un traitant Yankee se précipite au milieu de la foule, gesticulant d’un air désespéré

et conjurant à grands cris les spectateurs de sauver “l’homme à cheveux

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