‹ A travers les Etats-UnisChapitre 83 sur 130 · INCENDIE DE CHICAGO · texte numérisé non relu

INCENDIE DE CHICAGO

Enfin, quand le tiers de la ville fut réduit en cendres, que 17,450 édifices furent détruits, que 250 personnes eurent péri dans les flammes tandis que cent mille erraient sans abri et sans pain, des torrents d’une pluie bienfaisante tombèrent sur ce qui restait de la malheureuse cité et la préservèrent d’une complète destruction. Les pertes causées par ce mémorable sinistre ont été évaluées à deux cents millions de dollars (1 milliard 84 millions de francs). Des multitudes de familles perdirent tout ce qu’elles possédaient. Des millionnaires de la veille durent accepter les rations du gouvernement. Assurément, c'était là une catastrophe bien propre à jeter les victimes dans le dHéconMeementhet le désespoir Mais ilwnen fut rien. Les cendres de Chicago n'étaient pas refroidies que les travaux de reconstruction avaient commencé. Les affaires furent reprises au milieu des décombres fumantes.

D disc nt à Chicago, du 16 avril au 1° décembre 1872, en fait de déblaiements et de reconstructions,” dit un témoin oculaire, “tient du prodige. Bornons-nous à dire que, pendant les sept mois compris entre ces deux dates, les travaux se sont poursuivis avec une telle rapidité que, d'après des calculs certains et authentiques, il s'élevait en moyenne, far heure de travail, un bâtiment de brique, de pierre ou de fer, ayant 25 pieds de façade sur 4 à 6 étages de haut. Or, la journée de travail se composant de huit heures, c’étaient donc Æwrf orands bâtiments qui Ss'ajoutaient chaque jour à la ville! Il n'y a point de précédent, dans l’histoire du monde, d'une pareille activité. Il n'y a point d'exemple d’une population faisant preuve de tant de courage et d’héroïsme sous le coup du plus affreux désastre.”

Aujourd'hui Chicago a repris sa physionomie ordinaire; elle est même plus riche, plus belle, plus étendue que jamais. En général, les Américains ont pour cette ville une sorte de prédilection orgueilleuse. “C'est la plus célèbre de nos jeunes cités,” disent-ils; “dans son genre, elle est aussi incomparable que Rome elle-même”? L'importance de Chicago, comme centre commercial, augmente aussi de jour en jour. Elle est destinée, selon toute apparence, à devenir, en peu de temps, une des plus grandes métropoles du monde des affaires. C’est déjà le premier marché de grains et de viandes du monde entier. Ses immenses boucheries et atéliers de salaisons ; son parc à bestiaux; ses é/évateurs, ou vastes greniers mécaniques où le blé arrive d'un côté en wagon et est envoyé de l’autre dans les navires sans que ni vendeurs ni acheteurs aient à s’en préoccuper; sa Bourse enfin, où se tient le marché aux grains et où se publie chaque jour, à midi, leRbrE courant des céréales sur les principales places du globe: tout cela mérite bien de fixer l'attention du voyageur, et l’aidera à se faire une idée de la somme de travaux, d'intelligence, de fiévreuse activité qui se dépense chaque jour à Chicago.

l Extrait de Za 7ribune de Chicago, article intitulé: À Years Work (une année de travail).

? Picturesque America, vol. 1”, page 512.

$ Plusieurs détails contenus dans ce paragraphe sont empruntés à l'ouvrage, déjà cité, de M. L. Simonin, Ze

Far- West américain.

DE CTICAGOMAUINTAGARAE

Et le même élan, la même ardeur que la population de cette ville apporte à la poursuite des biens matériels, se manifeste dans ses idées et ses pratiques religieuses. En 1870, on ne comptait pas moins de 200 églises ou chapelles dans la ville: ‘depuis lors cetchiffre Ra NeTENACRE Re auditoires sont nombreux et recueillis; le repos du dimanche est sceru-

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