VIEILLE RUE A BOSTON
ce titre, auquel lui donnent droit ses nombreuses sociétés scientifiques, artistiques et littéraires, ses musées, ses bibliothèques, ses académies, ses écoles supérieures de tout genre. Mais, tout en lui rendant justice, on se moque un peu de ses grands airs. Les Américains qui donnent un sobriquet à tous les Etats, à toutes les villes et à toutes les personnalités marquantes de l’Union, ont surnommé la capitale du Massachusetts :
€ The hub,” c'est-à-dire le grand pivot sur lequélése meutlunivers: Un écrivain humoristique affirme que ‘c’est elle qui sesRChaeende toumerautourmdumsolel "et un, autre# prétend que ‘les Bostoniens sont si fiers de leur ville natale qu'ils ne se soucient pas de naître de nouveau.” Un proverbe, fort usité aux Etats-Unis, caractérise ainsi les trois grandes villes de l'Est: “A New-York, on vous demande avant tout ce que vous avez, à Philadelphie, ce que vous êtes, à Boston, ce que vous savez”
Il est peu de villes américaines où l'Anglais se sente autant chez lui qu'à Boston. Les rues ne sont pas tirées au cordeau et ne se coupent pas les unes les autres à angle droit. Elles sont, au contraire, tortueuses et étroites, comme le sont, en général, les rues d’une ville anglaise: de là, le dicton qu'elles ont été tracées par des vaches se rendant au pâturage. Pour ma part, fatigué de la régularité mathématique, de l'air neuf et pimpant des
cités que je venais de traverser, j'éprouvai une véritable jouissance à la vue TES.
LA NOUVELLE-ANGEETERRE.
de ce dédale de vieilles rues sinueuses, avec leurs cours pittoresques et leurs pignons en saillie. Un second trait qui distingue Boston des autres villes de l’Union, c’est qu’elle peut se vanter de posséder des monuments d'un intérêt historique très réel. Nommons, en première ligne, la Maison d'Etat (State-House) et Faneuil-Hall. Dans la première, bâtie en 1748, les Assemblées législatives tinrent longtemps leurs sessions. La place qui entoure l'édifice fut le théâtre d’une scène connue dans les annales de la Képublique sous le nom de “Massacre de Boston.” L’antagonisme entre les colons et la mère patrie s'envenimait de plus en plus quand, dans une collision accidentelle entre les Bostoniens et les troupes anglaises, celles-ci tirèrent. sur la. foule. Il yeut. quatre morts "et plusieurs MbIeSSeSCEe regrettable incident eut pour résultat de porter à son comble l'irritation populaire et de faire éclater la révolution, qui, duresté Nétait imminente. Faneuil-Hall, surnommé ‘le berceau de la liberté,” fut construit, en-1742 ,parnPienre Faneuil, vieux marchand huguenot.
Brûlé quelques années après, il fut réparé en 1761 et servit de caserne aux troupes anglaises jusqu’en 1776, époque à laquelle ces troupes durent évacuer la ville devant l’armée victorieuse de Washington. Depuis lors, c'est à Faneuil-Hall que se sont tenues toutes les grandes réunions publiques. Dans les moments d’effervescence populaire, les citoyens EE de Boston y accourent en foule, ANCIENNE MAISON D'ÉTAT et écoutent debout la parole enflammée d'un orateur qui évoque la mémoire de leurs nobles ancêtres et dénonce la tyrannie ou l’oppression, sous toutes ses formes. Le bâtiment, étant propriété nationale, ne se loue jamais, mais la municipalité en fait ouvrir les portes, chaque fois que demande lui en est adressée par un certain nombre de citoyens. Les règlements de la ville contiennent une clause, interdisant expressément la vente ou la location de cet édifice historique, sous quelque prétexte que ce soit.
Il est peu de choses dont les Bostoniens soient plus fiers que de leur “Communal” ou Jardin public, et ce n'est pas sans motif. Il est vrai quil ne saurait se comparer, pour la splendeur et l'étendue, avec
les parcs des autres grandes villes de l’Union. Son petit lac est appelé.