‹ A travers les grouinsChapitre 25 sur 33 · UN SOUPER CHEZ SIMON LE PHARISIEN · texte numérisé non relu

UN SOUPER CHEZ SIMON LE PHARISIEN

(conte de noel)

A Charles rignier.

y/^^\/n, ce soir-là, ncuvicmc du mois do Tebeth, Si- ^kI.DQ mon le Pharisien régalait quelques amis dans sa villa des Sycomores. L'assistance était nombreuse, choisie et respectable, composée d'hommes riches et de iirnmes à qui la durée du putanat rechampissait une virginité. La maison du Pharisien comptait, à bon droit, parmi les merveilles de Jérusalem. Des chevaux de race et des valets sans nombre en faisaient une demeure cossue, majestueuse et adéquate comme il sied à un notable commerçant. L'usure, le proxénétisme, l'attachement aux dogmes religieux immatriculaient Simon entre les plus

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ilijrncs bourgrois Ses opinions prépondcraienl devant 1o Sanhédrin. Les vierges impubères n'avaient rien que i\f favorable à ses désirs. Il recevait les pens de Bourse, Ir; marchands du Désert, les trafiquants nomades. Pour les divertir, il amenait à grands frais des Oulels-Nails de la Cyrénaique, des montreurs de singes et des ténors. Il louait parfois des académiciens, afin d'essuyer ses babouches dans leur creux poplité. L'on rencontrait chez lui SuUy-Prudhomme, fils de Joseph, qui, sourd, timide et vierge irréductiblement, portait en plein visage, sons forme d'eczéma, sa croix de commandeur. Pierre Loti, dans ses voiles do bayadère, y fréquentait, s'oublianl, parmi les antichambres à causer de trop prés avec les larbins noirs. Jean Lorrain y crachotait, en suceuse experte des médisances bordeiiéres, de quoi les vieilles dames se pâmaient.

Doncqucs, pour fêter le solstice d'hiver et l'aube du grand jour annuel, on buvait ferme chez Simon. La salle du festin éclatait de joyaux, d'orfèvreries, de lumières et de vins. Sur une haute estrade, vêtus de costumes bariolés, incommodes et somptueux, des musiciens bari)ares concertaient doucement. Les sambuques, les violes d'à-

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