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LB JASPE

Les jaspes, qu'ils soient blancs, gris, jaunes, rouges, verts ou bleus, sont des cailloux de roche, communément opaques, qui ne paraissent un peu transparents que dans les parties très-minces.

Quand le jaspe est composé de plusieurs couleurs, tantôt mêlées ensemble, tantôt distinctes et séparées, il s'appelle jaspe fleuri. Le plus estimé est le jaspe héliotrope, vert foncé ou bleuâtre, parsemé de taches ou points rouges.

Un jaspe, quel qu'il soit, est toujours une jolie chose. Cela n'empêche pas qu'il se soit trouvé des gens pour lui donner parfois de vilains noms. Quand le jaspe fleuri rouge avait une raie blanche, on lui disait : Tu t'appelleras grammatias, et les anciens ont voulu constater qu'il avait plusieurs taches blanches en le nommant Polygrammos.

Le lazulite ou lapis-lazuli est bleu ainsi que l'indique l'azur de son nom ; il est même plus bleu ou du moins d'un bleu plus foncé que l'azur; il est bleu comme les ciels profonds de l'Orient. La pierre d'azur est en outre parsemée de petites paillettes brillantes d'un jaune d'or. C'est de cette pierre qu'on tire le bleu d'outremer. Le nom û' outremer fait allusion à ce que le lapis-lazuli est

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originaire d'Asie. Les minéralogistes recommandent ûe ne pas confondre le lapis-lazuli avec la pierre d'Arménie des anciens, laquelle a de moindres qualités : elle n'est pas aussi dure que le lapis, elle est moins fihre sous V outil, elle se calcine au feu et y perd sa couleur.

Pour juger des charmants effets du lapis-lazuli, il faut admirer, dans nos musées et dans les collections princières, les coupes, les socles, les boites et les beaux bijoux de la Renaissance.

Le porphyre, sorte de jaspe, emprunte son nom à une circonstance secondaire, celle d'avoir une teinte de pourpre (en grec porphyrà). Il y a plusieurs espèces de porphyres. Le rouge, granito rosso des Italiens, est celui dont les Égyptiens faisaient des colonnes et des obélisques. La bro-catelle est marquée de points jaunâtres; les taches jaunes sur fond blanc qui constituent les belles brocatelles disent pourquoi l'on a comparé ces pierres, en les nommant ainsi, à l'étoffe brochée d'or et d'argent qui imite le brocart, et l'on sait que brocart doit naissance au verbe brocher, piquer avec une pointe ou broche. Le vert antique,le plus rare, se fait reconnaître à des taches d'un blanc mat, disposées en forme d'étoile ou de croix de Saint- André , sur un fond vert foncé. La variolite (du latin varius, tacheté) offre des points gris cerclés sur un fond vert

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obscur. Enfin le porphyre poudingue est composé d'un mélange de cailloux blancs, jaunes, rouges, de différentes grosseurs, arrondis et liés par un ciment qui fait le fond de la pierre. Il y a entre cette pierre et le gâteau: des Anglais un rapport qui explique le nom -: le suc lapidifique qui cimente, c'est la pâte; les cailloux agrégés par ce suc sont les raisins de Gorinthe. Quant au mot anglais pudding, il doit naissance au gaélique pulag,putagan, qui signifie boudin. Ici encore le sens est d'accord avec l'origine : on ne fait pas une comparaison téméraire en disant que le pudding est le boudin de la pâtisserie.

L^OPALB.

L'opale est la pierre par excellence pour les jeux de lumière : elle est laiteuse, opaque, et sa couleur propre est habituellement d'un blanc bleuâtre; mais elle a, répandues sur sa surface, toutes les couleurs de Tarc-en-ciel. Elle offre» tantôt séparés^ tantôt brillant ensemble» le feu du rubis, le colombin de l'améthyste, le jaune éclatant de la topaze, le ieau bleu du saphir et le vert de l'émeraude. L'opale doit à ses qualités chatoyantes d'être en grande estime chez les Indiens. Le mot sanscrit upala est le nom même de la pierre précieuse.

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Les empereurs ^t les consuls romains ont eu parfois d'étranges fantaisies. II s'en est rencontré un, Marc- Antoine, pour convoiter l'opale que possédait un sénateur. Celui-ci refusa de la céder, comme c'était son droit. Le consul persista, le sénateur résista, et son exil fut la conséquence de son obstination. Cette petite histoire pourrait montrer une fois de plus que la justice n'a pas toujours été Fapanage du souverain pouvoir; mais elle n'est destinée ici qu'à donner une idée de la valeur que les anciens attachaient à l'opale lorsqu'elle était belle.

Quand l'opale ou quelque autre pierre fine oflfre à l'intérieur une étoile à cinq ou six rayons, on lui donne le nom d' oseéne (étoile); et lorsqu'elle est pleine de points brillants uniformément distribués à l'intérieur, elle se nomme aventurine. S'il faut en croire Ménage, ce nom viendrait de ce que la composition de l'aventurine artificielle ayant été trouvée par hasard, la pierre fut dite aventurine ou pierre d'aventure.

Vhydrophane est une variété d'opale qui, comme l'indique son nom, devient transparente lorsqu'elle est imbibée d'eau. La curieuse propriété qu'a cette pierre d'absorber le liquide a été prouvée par l'augmentation de son poids après l'immersion.

Une pierre qui, quoique formée par cristalli-

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sation, rappelle beaucoup l'opale, c'est celle qui a reçu le nom même de Tarc-en-ciel , Viris.

Comme l'opale, elle a la propriété de refléter toutes les couleurs du prisme, au moyen de glaces ou gerçures naturelles qu'elle présente à l'intérieur. Comme l'opale aussi, elle se taille en cabochon. (Ce mot vient de caboche qui se dit vulgairement pour tête, et dont le radical est le latin caput.)

Loin d'être un talisman, comme le jade, l'opale a été longtemps un porte-malheur. Quand elle perdait ses couleurs, quelque danger, disait-on, nous menaçait. Ce préjugé devait avoir eu pour fondement les changements que subit l'opale par l'influence de la chaleur et du froid. Cette pierre ne conserve toute sa beauté que dans une température moyenne. On a vu des opales entièrement détruites pour avoir été longtemps exposées au soleil, ou pour avoir subi un froid trop prolongé.

Le croirait-on? ce préjugé qui repoussait l'opale est encore vivant. Un de mes bons amis, initié depuis longues années à tout ce qui se passe dans le monde des pierres fines, m'a afûrmé que ce préjugé, et lui seul, jette encore à l'heure qu'il est un discrédit considérable, immérité, sur l'une des plus gracieuses parures de la femme. Oui, il y a encore aujourd'hui, dans ce siècle de

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LES PIBRRBS PRECIEUSES. 277

lumières et de bon sens, des gens, — et le nombre, paralt-il, en est grand, — pour reconnaître, sauf une stupide réserve, que l'opale réunit les plus charmantes qualités : elle est belle de cette beauté douce et tendre qui n'exclut ni la vivacité ni la richesse des nuances; elle est inimitable; elle n'a besoin, pour parer, du concours d'aucune de ses sœurs; mais... elle porte malheur I

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