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LE CORAIL

Quittons un instant l'intérieur de la terre, où nous avons entrevu tant de riches productions, pour faire une halte sur les côtes de l'Afrique. Nous trouverons là, au fond de la mer, une substance qui appartient au règne animal, et qui rivalise, par sa beauté comme par son prix, avec la plupart des pierres fines.

Le corail est un polypier à rameaux d'un beau rouge, soit incarnat, soit rosé. Il est formé par une multitude de polypes ( beaucoup de pieds) très-petits qui vivent en agréga-

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tion. Fortement attaché par un large empalement en forme de calotte à la surface des corps sur lesquels il s'est formé, le corail ressemble à un arbrisseau dépouillé de feuilles, dont les branches se dirigent vers le fond de la mer.

La tige du corail ne dépasse pas, dans son extrême grosseur, deux centimètres et demi de diamètre. Les branches qui sortent de cette tige sont parsemées de cellules dont chacune contient un polype qui, en étendant ses bras ou tentacules, prend la forme d'une fleur. Cette circonstance a fait longtemps hésiter sur la nature animale ou végétale du coraiL

Le corail est, après la perle, la plus belle des productions sous-marines. Sa patrie (en Europe au moins) est l'immense littoral de la Méditerranée. On ne le trouve qu'à des profondeurs de 30 mètres au moins, et la pêche en est souvent périlleuse. Quelques hommes, bons plongeurs, montés dans un petit bâtiment appelé coraillère, prennent avec eux une espèce de drague nommée salabre, formant une croix de Saint-André aux bras de laquelle sont fixés des poches ou filets. Cette croix est descendue horizontalement dans la mer, au moyen d'une corde attachée au milieu; un plongeur la suit, pousse les branches dans le creux des rochers et engage le corail dans les filets. Alors les hommes restés dans la

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felouque tirent fortement la corde, et amènent hors de l'eau le corail qu'ils ont ainsi arraché. On a également péché le corail à l'aide de bâtons garnis d'étoupes que l'on traînait dans la mer avec un boulet. Il est inutile de faire remarquer combien ces modes de pêche semblent primitifs à une époque où Ton connaît les bateaux sousmarins et la cloche à plongeur.

Les anciens regardaient le corail conime trèsprécieux et lui attribuaient de grandes vertus. Les Romains le portaient comme ornement agréable aux dieux; ils en attachaient des colliers à leurs nouveau-nés pour les préserver des maladies contagieuses. Les casques et les boucliers des guerriers gaulois étaient aussi presque toujours garnis de corail.

Au XVI* siècle, le corail était beaucoup employé pour les ornements religieux, tels que scapulaires, bénitiers, reliquaires. L'exiguïté des morceaux ne permettant pas de grandes compositions, il arrivait quelquefois qu'on sculptait le corps du Christ dans une pierre importante et que les bras en corail étaient rapportés.

Le corail était très en vogue sous le premier Empire. De nos jours, la mode est au corail rose; on le juge d'autant plus beau qu'il est plus pâle; mais cette nuance est souvent factice; on l'obtient par des procédés diimiques.

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