V..^ Le 2. — Une rencontre eut lieu près la coulée de Jean
^^.^ ; ' Grou, au haut de Fîle de ^Montréal, entre Français et
Iroquois. Ceux-ci massacrèrent le sieur Coulombe, lieutenant réformé, Jean Jalot dit Desgroseilliers, chirurgien, Larose, Cartier, Jean Beaudoin, hls, Pierre Masta, tîls, Isaac, soldat, DeMontenon, sieur de la Rue, Guillaume Richard dit Lafleur, et plusieurs autres au nombre desquels se trouvait Antoine Chaudillon, le chirurgien de la paroisse. Comme on craignait les Iroquois, on enterra à la hâte, au même lieu, toutes ces victimes, et ce ne fut que le 2 novembre 1694, que leurs ossements furent transportés et déposés dans le cimetière de la Pointe-aux- Trembles de Montréal.
{Reg-. de la Pointe-aux- Trembles, Montréal')
Le 29. — Sépulture de Louis Marié, âgé de 30 ans, noyé dans un puits, où il était tombé par accident.
{Reg-. de Québec)
AOUT
Le II. — Gédéon DeCatalogne épousait, à ^Montréal, Marie-Anne Lemire, {Reg. de Àlontréal)
Note. — Gédéon DeCatalogne, premier de ce nom venu au Canada, naquit en 1662, à Bresse, dans le Béarn. Il était fils de Gédéon et de Marie du Cap-de-Molle. Tout jeune encore, il était entré dans le génie, et avait obtenu un grade d'officier ; mais ne voulant pas abjurer le protestantisme, comme venait de le faire son frère aîné, alors membre du parlement de Xavarre, il dût quitter la France. après la révocation de 1 edit de Nantes. Il partait, en effet, en 1685, pour la Nouvelle- France avec cent-vingt de ses coreligionnaires, qui, voulant suivre son sort, l'accompagnaient dans son exil.
Après une longue et orageuse traversée, le vaisseau qui les portait fut surpris, à l'entrée du golfe Saint- Laurent, par une des plus furieuses tempêtes, et vint se briser sur les récifs qui bordent l'île d'Anticosti. La certitude d'une mort inévitable, si une puissance surhumaine ne venait à son secours, suggéra soudain à l'infortuné l'idée que sa préservation pouvait dépendre de son abjuration. Il promit aussitôt de rentrer dans le giron de l'Eglise catholique, s'il échappait à la mort.
Sept de ses compagnons firent le même vœu que la Providence exauça. En effet, sur les cent-vingts passagers, ils furent les seuls qui échappèrent au triste sort de leurs malheureux compagnons.
Ainsi miraculeusement sauvé, Gédéon se souvint de son vœu, et à son arrivée à Québec il abjura le protestantisme en présence de Mgr de Saint- Valier, alors évêque de Québec. Ses compagnons en firent autant.
A peine arrivé dans sa nouvelle patrie, Gédéon voulut donner des preuves de son courage et de son dévouement. Il s'associa à l'expédition qui se préparait à aller reprendre, dans la baie d'Hudson, sur la rivière Sainte- Thérèse, le fort que les Français y avaient bâti et dont les Anglais s'étaient rendus maîtres. En compagnie de MM. de Troyes et Duchesnil, il devait commander un détachement de trente soldats, tandis que MM. d'Iberville, de Sainte-Hélène et de Maricourt, tous trois fils de Charles Lemoyne, se mettaient à la tête de soixante-dix Canadiens, véritables coureurs des bois, accoutumés aux longues marches, aux jeûnes prolongés, et capables de résister à la rigueur des froids si piquants de ces lointaines régions. Cette expédition fut tout un succès pour la petite armée.
Gédéon de Catalogne est l'auteur du mémoire ou "Recueil de ce qui s est passé en Canada aie sujet de la gtierre tant des Anglais que des Iroquois, depuis Vannée 1682." La Société historique de Québec a fait imprimer ce recueil, il y a quelques années, omettant le nom de l'auteur, probablement eftacé ou détruit.
La Collection de vuxnuscrits récemment éditée (1884) sous les auspices de la législature de Québec attribue ce recueil à M. de Léry, ingénieur.
72 lôgo.
Quelques citations de ce recueil que je me permettrai de faire ici, démontreront à l'évidence, je l'espère, que l'écrivain qui, dans ce recueil, se met à la première personne en relatant des faits accomplis de 1695 à 1 712, est bien le même que les annalistes désii^nent sous le nom de De Catalooiie. Il ne peut être question de M. de Léry, dans ces années, puisquen 1695, il n'avait encore que treize ans d'âge, et que les instructions de partir pour le Canada ne lui furent données que le 23 juin 1716.
On trouve encore à la page 54 de la quatrième série du même recueil publié par la Société historique, année 1695: "On envoya à M. de Louvigny, au lac Saint- François, deux détachements, l'un commandé par M. de Repentigny, çX je coininaiidaîs le second'.'
" Le 24 février, l'hôpital de Montréal brûla. Le 28, M. de Callières fit assembler tous les principaux habitants dans la paroisse, o\\ chacun fit des offres pour le réparer. On me chargea de la conduite des travaux!'
Rapprochons maintenant cet article de celui que nous lisons dans ia vie de Mlle Mance, où il est dit :
"Après l'incendie de l'Hôtel-Dieu de Montréal, M. Gédcon- de Catalogue vint au secours de cette communauté si éprouvée. Architecte habile, il prépare les plans du nouvel édifice, dirige les hommies pour la préparation des bois nécessaires au rétablissement de l'Hôtel-Dieu, et, conjointement avec M. Pothier, marchand de Montréal, est chargé de la direction des travaux, par une délibération prise dans une assemblée générale des citoyens présidée par i\L de Callières.
" Ces deux messieurs s'acquittèrent de cette commission honorable avec toute l'activité qu'on pouvait attendre de leur parfait dévouement,"
( Vie de Mlle Mance, tome 1 1, p. 1 30,)
M. de Catalogne se distingua comme ingénieur civil. Il dirigeait en 1714, les travaux de la redoute du Capau-Diamant et du Château Saint-Louis. Plus tard, il présidait à l'exécution des travaux de fortification de Louisbourg. C'est dans cette ville qu'il décédait le 5 janvier 1729.
Son fils, Joseph, né à ^Montréal en 1694, épousait en 1733, Charlotte Dubiiisson. Il est l'auteur d'un traité sur l'ai q;uille aimantée, qui lui valut un fauteuil à l'Académie des sciences de Paris. Il fut aussi décoré de la croix de Saint- Louis.
Ses descendants passèrent à la Martinique, où ils ont ià\t souche. {Voir Etude sur une famille canadienne, par l'abbé C. Tanguay, Mémoires de la Soc, Royale dit Canada, tome II, pp. 7 et suivantes).
OCTOBRE
Le 23. — Ont été inhumés les sieurs de Clermont, lieutenants, et Joseph de la Touche, tous trois massacrés dans le combat qui fut livré le 18 octobre 1690, par nos ennemis les anglais, où les susdits décédés donnèrent leur vie pour soutenir leur religion et leur patrie.
{Rcg: de Beaiiport)
DÉCE^IBRE.
Le 3. — On lit dans les registres de Laprairie de la IMadeleine, l'article suivant :
Ce 3"'" de décembre 1690, je, prêtre missionnaire soussigné, certifie avoir été chercher dans le bois, le reste des ossements de feu Bourbon, habitant de cette paroisse, et d'un autre qu'on n'a pu savoir qui il était, tant il avait été défiguré par les Iroquois. On croit que c'est un soldat de M. le chevalier Degrais nommé Lamothe, qui furent tués l'un et l'autre le 4 septembre de la susdite année, dans l'attaque que l'on donna à la fourche de la Prairie de la iNladeleine, avec Jean Duval, Jean Barault, habitans de cette paroisse ; Latreille, Beaulieu, Larose, D'Auvergne, soldats de ]M. le chevalier Degrais. Nous avons donné la sépulture aux susdits ossements de Bourbon et de Lamothe, ce 3me, comme nous avions fait aux corps de Barault et Jean Duval, le 4 et 5 septembre, dans le cimetière de la dite paroisse, les autres ayant été enterrés avant mon arrivée, le jour du combat.
En foy de quoy j'ai soussigné,