L. Geoffroy, Ptre
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^Ax dV"
CoIIin, interprète, a été brûlé avec Laboessière, par les Iroquois.
{^Extrait du Recueil de Gcdéoii DeCaialogne.)
( Gabriel Bouat, â<^é de 19 ans, est fait prisonnier des K Iroquois, et meurt de la petite vérole. {Idem.)
i De 1690 à 1700, un grajid nombre de jeunes anglais
\ et anglaises^ capiifs des sauvages, et rachetés par les
^familles canadiennes, se font baptiser. Les noms d'une
grande partie de ces néophites se trouvent enregistrés
dans le Dictionnaire Généalogique, tome I, pages 8,
9 et 10.
Le chiffre de la mortalité causée par la guerre a été très élevé.
Total ,
Mariage?. ' Naissances.
Excédant.
De 160S à 1690.
Le 9. — Dans le registre de la Pointe-aux-Trembles de Montréal, on trouve la note suivante :
"Au baptême de Claude, le 9 janvier 1691, fils de Pierre Payetdit Saint-Amour, caporal de M. de Lamothe, et de Louise Tessier ; l'enfant est dit posthume parce que l'on supposait le père massacré par les Oneyouths. Il avait été fait prisonnier et donné à cette nation, le 2 juillet 1690, dans l'attaque du fort de la Coulée, une
lieue plus bas que l'église de la Poînte-aux-Trcmblcs de Montréal."
Ayant obtenu sa liberté, il revint dans sa famille dans le cours de l'année 1693, et tît baptiser son fils Jacques, le 17 juin 1694.
{Rej. de la Pointe-aux-Trembles, Moiifrcal.)
MAI
Le 21. — Bénédiction d'une cloche nommée "Marie- Jeanne." Elle a coûtée deux cents livres. M. Guybert de la Saudrays, curé, préside à la cérémonie.
{Reg: de Boiic/ierz'ille.)
JUIx\.
Le 27. — Ont été inhumés : J. -Baptiste Gourdon dit Lâchasse, marguillier en charge,'"; René Huguet,-'^ ; Jean Guignard dit L'Espérance ; Jean Marin dit Latreille^^^' ; Pierre Blondeau dit Lajeunesse'^' ; Joseph Jean dit Lagiroflée.*^'^
Ces habitants allaient cercler leur blé quand les Iroquois embusqués les massacrèrent. {Reg: de Lachine)
AOUT. ' '
Le II. — A lieu la sépulture de Pierre Pinguet de Montigny, âgé de y^, ans, époux de Catherine Têtard, tué par les anglais, au combat de Laprairie.
( Reg: de Montréal. )
Pierre Soumande, sieur de l'Orme, était lieutenant sur le navire royal " Le Hazardeur," qui se trouvait dans le port de Québec le douze août.
{Greffe de Duquel, Not. Royal)
(1) Agé de 47 ans et père de sept enfans,
(2) Agé de 40 ans, beau-frère de Gourdon, et père de trois enfans, (31 Soldat de la Compagnie de M. Dumesnil.
François Cibardin, marié le 9 juillet 1691, tombe sous le feu des anglais au combat de Laprairle. Avec lui tombaient aussi Pierre Cabassier, Nicolas Barbier, Louis Ducharme, Jean Leber dit Duchesne, Pierre Pinguet, Dosta, capitaine reformé, et huit autres combattants français.
OCTOBRE
Le 16. — Armand-Louis Delorndarce, baron de la Hontan-Herlèche, chevalier de l'ordre de N.-D. du iNIont- Carmel, et capitaine d'un détachement de la marine, était parrain à Québec. {Rcg. de Qiccdec.)
NOVEMBRE
Le 27, — Le nouveau cimetière de Montréal est ouvert ce jour par la sépulture de Charles Forestier, enfant d'Etienne Forestier et de IMareuerite Lauzon.
JUILLET (.1692)
Le 22. — Dans une rencontre avec les Français, un nombreux parti d'Iroquois massacre trois ofïiciers :
Jean-Bte LeGardeur de Montesson, âgé de 26 ans, fîls de Jean-Bte DeRepentigny et de Marguerite Nicolet; De la Poterie"^ ; Pierre De la Brosse,^'^ et quatre soldats ; Pierre-Nicolas Jette, âgé de 23 ans^^ ; Lavallée^^^ ; Joachim DeBoucherville^^^; Vincent.
AVRIL (1693)
Le 19. — On a trouvé dans le bois, le corps de Pierre Moret, ancien domestique des Ursulines, âgé de So ans. Il était parfait chrétien. {Rcg- de Qic^'ôec.)
(1) Leneuf de la Poterie, fils de Michel Leneuf, sieur de la Vallière.
(2) Sieur de Bocage, lieutenant de la marine.
(3) Fils d'Urbain Jette, de Montréal.
(4) Menuisier, soldat de M. de St-Ours.
(5) Fils de Pierre Boucher, ancien Gouverneur des Trols-Riviêres.
{L'Auteur.)
JUILLET
Le 5. — Un déplorable accident a lieu ce jour : Catherine Dumets, âgée de iS ans/'^Jeanne Bisson,de 15 ansr^ ?kladeleine Moisan, de 14 ans/^^ faisant une promenade en chaloupe, se sont noyées. {Idern.)
Le 20, — Mgr. de Saint- Valier, au sujet des fondations par lui faites dans cette colonie, déclare qu'au cas que ce pays fut envahi ou détruit par les ennemis, ou autrement abandonné par les malheurs des temps, et qu'ainsi les choses pour lesquelles il a fait les dites fondations cessassent de subsister, il veut que luy et ses successeurs évêques disposent des fonds en telles autres œuvres pieuses que bon leur semblera, avec l'avis toutefois du ministre d'Etat, sous le département duquel sera alors le pays. {Greffe de Genaple, Not. Royal.)
JUn\ (1694).
Le 3. — A l'acte de baptême de Pierre Richaume,^'*^ fils de Jacques Richaume et de Marguerite Gratiot, il est dit que le père est captif chez les Iroquois/^'
{Reg: de Repentigny .)
OCTOBRE
Le 28. — Un document consigné dans les registres de Lachine à la date du 28 octobre 1694, se lit comme suit :
" Ce jourd'hui, vingt-huit octobre 1694, fête de Saint- Simon et Saint-Jude, en vertu de certain mandement de Mgr. l'illust. et reverendiss. évêque de Québec en date du 18 juin dernier, signé Jean, évêque de Québec, contresigné par son secrétaire Trouvé, et scellé du sceau de ses armes, suivant les publications et annonces que nous
(i) Fille de Jean et de Jeanne Redié.
(2) " Michel Buisson, de St-Cosme.
(3) " Pierre Moisan, pilote, et de Barbe Rotteau,
(^n auteur.)
(4) On retrouve ce Pierre Richaume établi en Louisiane en 1724.
[Recens, à: la Lcnîsiane, I724.)
(5) 11 est racheté plus tard, et revient dans sa famille.
{Re;;. de Repentigny.)
yS 1694.
avons faites aux prônes par deux dimanches consécutifs, nous, Pierre Rémy, curé de la paroisse des Saints-Anges de Lachine, en l'île de Montréal, nous sommes transporté, à l'issue de la messe de paroisse, aux lieux où avaient été enterrés les corps de plusieurs habitans de cette paroisse, tant hommes que garçons, femmes et filles, le 5 août 1689, que les castes, maisons et granges furent prises, saccagées et brûlées par les Iroquois, pour les exhumer et transporter dans le cimetière, ce qui n'avait pu être fait plus tôt, tant par les incursions des Iroquois qui ont été fréquentes depuis ce temps, que parce que leurs chairs n'étaient pas encore consommées, et pour les transporter et les enterrer dans le cimetière de cette paroisse, ce que nous avons exécuté en la présence de plusieurs de nos paroissiens.
i** Près la maison de Lalande, était le corps de Jean Fagueret dit Petitbois, où ayant fait des fouilles avec des pioches proche une grosse roche, nous avons trouvé tous ses os, toutes les chairs étant consommées, lesquels nous avons fait lever de la terre.
2" Sur l'habitation de feu Jean ?\Iichau,^'^ nous avons trouvé les os du dit Jean Michau, et de son fils Pierre, âgé de 15 ans, et d'Albert Boutin, de 18 ans,^'^ fils de sa femme.
3° Sur l'habitation de feu Noël Charmois dit Dnplessis,^^' nous avons trouvé les os du dit Charmois et d'André Danis dit L'Arpenty, tués et brûlés.
4° Sur l'habitation d'André Rapin, nous avons trouvé dans un creux, cinq têtes, dont une de Perinne Filastreau,^^^ femme de Simon Davaux dit Bouterain, avec ses os ; une et ses os, d'un garçon qu'on dit être un soldat ; deux têtes d'enfans et leurs os, et la tête de Marie Cadieu, femme d'André Canaple dit Valtagagne,-^^ dont
(1) Son véritable nom est Michel, époux de Marie Marchesseau, veuve de Pierre Boutin.
{L'au/cur.)
(2) C'est une erreur, Albert Eoutin avait 24 ans, étant né le 7 septembre 1670.
(3) C'était un vieillard de 69 ans.
(4) Fille de René Filastreau, née en 1663, et mariée en 1677.
(5) Tonnelier, marié depuis un an seulement avant le massacre-
les os furent trouvés dans une fosse, au pied du grand bastion du fort Rolland.
Nous avons fait aussi lever de terre, sur le bord de l'eau, une partie des os de deux soldats, tués le 6 août 16S9, dans le combat que les Iroquois livrèrent aux Français entre le fort de 1 église et le fort Rolland, n'ayant pu faire exhumer le reste des os à cause du débordement des eaux qu'il fait à présent.
5*^ Nous avons envoyé six hommes par delà de la petite rivière de la Présentation, sur l'habitation de feu René Chartier/'^ où lui et ses deux fils,^-^ et un petit sauvage, leur esclave, de la nation des Panis, avaient été tués par les Iroquois, le 5 août 1689, et 011 plusieurs personnes nous ont, depuis leur mort, rapporté avoir vu sur la terre leurs têtes et leurs os ; mais les herbes ayant crû depuis ce temps, ils n'ont pu en rien trouver,^^^ et le soleil étant prêt de se coucher, nous nous sommes retirés, ayant fait mettre ces os dans un bateau que nous avons été recevoir, avec le surplis et Tétole noire, au son de la grosse cloche, accompagné d'acolytes en surplis, portant les chandeliers, la croix et l'eau bénite, et chantant les psaumes suivant la coutume de la sainte Eglise ; et les ayant fait couvrir du drap mortuaire, nous les avons fait porter et mettre en dépôt en l'église pour en faire, le lendemain, l'inhumation dans le cimetière : ce que nous fîmes avec grande solennité, après avoir dit, dessus les os, une grand'messe de leur anniversaire, et fait tout le service avec offrande de pain et de vin.
Et de ce que dessus, avons fait et dressé le présent procès-verbal pour servir et valoir en temps et lieu, que nous avons signé et fait signer par André Rapin et Jean Paré, anciens marguilliers, et Guillaume Daoust, chantre de cette église.
Suivent les signatures : André Rapin, Jean Paré, Guil. Daoust, et P. Rémy, curé.
Il) Avait 76 ans lorsqu'il fut tué. Il était mnrié à Marguerite Delorme.
(2) L'aîné, appelé François, avait l6 ans, l'autre, dont le nom n'est pas donné, pouvait avoir 15 ans.
(3) Le 23 mai 1701, nous avons enterré dans cette église une partie des os de feu René Chartier que nous avions fait lever sur son habitation.
P. Rlmy, curé.
Se I 694-1 695.
A l'égard des corps de Vincent Alix dit Larosée, de
\ Marie Perrin, sa femme, et une partie de leurs enfans que
: les Iroquois brûlèrent dans leur maison le 5 août 16S9,
. on n'y a rien trouvé, le feu ayant consumé les chairs
et les os.
jNIadeleine Boursier, enfant de onze mois, fut aussi tuée et noyée le 5 août 16S9, parles Iroquois, et ses os furent inhumés le 31 octobre 1694. {Reg: de LacJiine})
%^ ■ --.c^cJ.^ AOUT (1695.) s-lâ^^-J^^-^^-c^tf-'^T? ^
^ d^ /-'T^ Le 12. — Sépulture, à Boucherville, des corps de Jean J^ .'' vA-.----'
t^-M, ^ '''"' Denjau, âgé de 65 ans, et d'Hélène Daudin, sa femme, n,-,^^^,,!?.
^ JUi^^^j \ âgée de 49 ans, tous deux tués par les Iroquois. l'i^'i ti~Uq ,
'P^A.v, r-v^-'-ti-"'^^ (Reo-. de Boucherville.) /,, ,.vv^-û,it^. -'^
/î/,^ -V t£.^ 'lr> ( j^gg^ (Iq BoîU'herville.) L ,.
Le 22. — Sépulture de INIathurin Richard des Sablons, époux de Jeanne Bertaut, tué parles Iroquois. {Idan)
^■■- , . . SEPTEMBRE
Le 29. — Sépulture de Christophe Février, âge de 47 ans, époux de Claire PVançoise Gautier, tué par les Iroquois. (Ideni.)
OCTOBRE
Le 16. — La paroisse de Boucherville avait pour ^Maître d'Ecole J. -Baptiste Bau dit Lallouette, âgé de 41 ans, époux d'Etienne Loré. [Idem)
AVRIL (1696)
Le 3. — Toute la population de ^Montréal est présente au supplice du feu auquel sont condamnés quatre Iroquois, qui ont reçu le baptême quelques instants auparavant.
{Rcg: de Montréal)
Dans la collection des lettres inédites de 1 701, que j'ai parcourues, je trouve :
''Au moment où J'arrivais à Montréal pour la première fois, ce fut par la porte Saint- François. J'y aperçus un
1696. Si
homme de mon pays qui venait au-devant de moy pour m'embrasser, ce qu'il fit, et après quelques compliments il m'apprit qu'il était de notre compagnie. Comme nous étions à parler ensemble, il s'aperçut que j'estais fort distrait à cause d'une grande populace que je voyais dans la place des Jésuites.
Là-dessus, mon nouveau camarade me dit : ma foy, vous arrivez bien à propos pour voir brusler quatre Iroquois vifs : avançons, continua-t-il, jusqu'aux Jésuites, nous verrons mieux. C'était aussi devant leur porte où devait se passer cette sanglante tragédie. Je m'imaginay d'abord qu'on allait jeter ces misérables dans le feu ; mais regardant de tous côtés, je n'apercevais aucun bûcher pour le sacrifice de ces victimes ; j'interrompis ce nouvel v amy au sujet de plusieurs petits feux que je voyais en de "^ certaines distances les uns des autres ; il me répondit : patience, nous allons bien rire. Il n'y avait cependant pas à rire pour tout le monde. On amena ces quatre hommes sauvages, qui étaient frères, et les plus beaux hommes que j'aye vus de ma vie, ensuite les Jésuites les baptisèrent et leur firent quelques légères exhortations, car à parler franchement, de plus, ce serait laver la teste d'un mort. Cette sainte cérémonie étant finie, on les prit et on les sacrifia à des supplices dont ils sont les inventeurs. On les lia tout nuds à des poteaux enfoncés de trois à quatre pieds en terre, et là, chacun de nos sauvages alliés, ainsi que plusieurs français s'armèrent de morceaux de fer rouge avec lesquels ils leur grillèrent toutes les parties du corps. Ces petits feux que j'avais vus servaient de forges pour faire rougir ces abominables instruments avec quoy on les faisaient rôtir. Leur supplice dura six heures, pendant lesquelles ils ne cessèrent de chanter des exploits de guerre, en buvant de l'eau-de-vie qui passait dans leurs corps aussy vite que si on l'eût jettée dans un trou fait en terre. Ainsi finirent ces malheureux, avec une constance et un courage inexprimable. On m'assura que ce que je voyais n'estait qu'un faible échantillon de ce qu'ils nous font souftrir quand ils nous ont fait prisonniers.
AVRIL
j Le 30. — Un jeune anglais captif des sauvages, et j racheté par 'SI. Pachot, est baptisé ce jour, sous le nom j de François Philippe. (Reg.de Q^icbec.)
t Pendant cette année, le missionnaire de la Côte de Lauzon faisait les baptêmes à Villieu, dans la maison de Pierre Lambert, habitant du lieu. {Idetn,)
AVRIL (1697)
Le 23. — Un jeune homme de 22 ans, nommé Pierre Hogue, natif de ^Montréal, s'est noyé à la Pointe-aux- Trembles, et son corps retrouvé a été de suite inhumé. {Reg. de la Pointe-aux- Trembles, Mo7itréal)
SEPTEMBRE
Le 8. — Un vaisseau du Roy, arrivé ce jour, apporte à Québec la fièvre pourpre qui fait un grand nombre de victimes, au nombre desquelles on compte une religieuse hospitalière dite Sainte-Agnès,''^ qui s'était dévouée au service des malades.^'^ Elle fut inhumée le 29 oct. 1697.
{Reg. de Québec}}
OCTOBRE
Le 24. — Guillaume Page, fait baptiser trois jumelles. C'est la première fois que les registres de Québec présentent un cas semblable. {^Ideni.)
Le 9. — Un enfant natif de Jersey, appelé Thomas 1 Williams, avait été pris par les anglais, à l'âge de deux i ans. Repris douze ans plus tard par les Français à Plai- I sance, en 1696, il fut placé chez 1\I. Boucher de Montbrun,
(1) Angélique Tibierge, âgée de ::o ans. Elle était fille d'Hypôlite Tibieige, marchand de Québec, et de Renée Hervé. — ^U auteur.)
(2) En 1740, le vaisseau du Roy " I.e Rubis" ayant plus de 400 soldats et matelots, est infecté par la même fièvre pourpre. L'Evêque de Québec, Mgr. de Lauberivière, en fut la victime. — [Uautcur,]
Le 9 juin 1698, âgé de 14 ans, il reçut le baptême des mains de Mgr. de Saint- Valier, qui voulut être son parrain, et le nomma Joseph. {Reg: de Bouc/ierville.)
Note. — Il est la tige des familles Ouilem de Boucherville. — [L'autsur.)
AOUT
Le II. — Un jeune homme de 18 ans nommé Boulanger, s'est noyé en allant à Beauport. {Reg: de Que bec)
SEPTEMBRE
Le 2. — François De la Forest, capitaine reformé, seigneur en partie des Illinois, vend à ]\Iichel Aco, la moitié de la partie au vendeur appartenant, dans le pays de la Louisiane, alias Illinois, donnée au sieur de Tonty et au vendeur par Sa Majesté, la dite vente faite pour le prix de 6000 livres, en castor, reçus au lieu dit Les Chicagou. {Greffe de Rageot, Not. Royal.)
DÉCEMBRE
Le 17. — Gabrielle Louise fjraquil. jeune anglaise de ! 16 ans, est baptisée dans l'église des Ùrsulines. I ,7 û^i^t^u]
{Reg: de Québec.)
Le 3. — Au registre de la paroisse de Montréal, se trouve la note suivante :
" Je, François Dollier, Grand- Vicaire de l'Evêque, déclare que jeudi soir, le i" janvier 1699, le nommé Letendre dit Saint-Thomas/'^ de la compagnie de M. DelaChassaigne, et ^larie Morin, veuve de feu Testu,^''me sont venu trouver dans ce séminaire, accompagnés de Jacques iMorin, père de la dite }vlarie, et de Pierre Har-
f I ) Thomas LeTendre, âgé de 24 ans, était natif de Grimbouville, diocèse de Rou^.
(2) Marie Morin, âgée de 32 ans, fille de Jacques Morin et de Louise Garnier, avait épousé à Tà^e de douze ans, en lères noces Jacques \ igor, le 16 août 1679. Ce mariage ayant été déclaré nul le 15 juin 1695, ^^^^ épousait eu 2dcs noces, le 23 du même mois, Jean Bouteill-îr dit Testa, de l'Ile de Rhé. Veuve le 4 octobre 169^5, elle épousa, trois mois plus tard, Thomas LeTendre.
douin, beau-frère de la dite Marie, du nommé Lamontagne, habitant de cette paroisse, et de Laiieur, de la compagnie de DelaChassaigne, et que le sus-nommé Saint- Thomas m'a dit qu'il me déclarait, en présence des dits quatre témoins ci-dessus nommés, prendre pour son épouse, Marie Morin. présente, et Marie Morin a déclaré ensuite prendre pour son époux, le dit Saint-Thomas, en présence des mêmes quatre témoins, nonobstant ce que je leur aurais pu dire en pouvoir arriver, le dit Saint- Thomas s'exposant à tous événements, pourvu qu'ils se pussent marier, à quoi j'avais fait des difficultés, à cause de M. le Gouverneur et de M. DelaChassaigne, qui auraient peine à consentir ; or toutes ces choses ainsi faites, omettant toutes les cérémonies non nécessaires de l'Eglise, par considération, et ne prenant pas même le surplis, je me suis contenté de leur dire : " Ego conjungo vos " leur faisant le signe de la croix ; ce que j'ai fait, etc.
Fait au Séminaire, ce 3 janvier 1699.
Le 22. — On trouve un acte de baptême fait par le frère Guillaume Bulfeau, récollet, dont le nom ne se rencontre nulle part ailleurs. {Reg. de Vareunes)
MAL
Le 5.— Un sergent nommé Dufeu s'est noyé à Québec.
{Reg\ de Québec)
JUILLET
Le 16.— Une jeune femme de Beauport, Marguerite Chapleau, épouse de Noël Marcou, s'est noyée et a été inhumée ce jour à Beauport. Elle n'était mariée que depuis huit mois. {Reg. de Baniporl)
Le 17. — Sépulture d'André Parant, âgé de trente-sept ans, noyé à Beauport. Fils de Pierre Parant venu du Perche, il avait épousé en 1692, Marguerite Côté.
{Idem)
OCTOBRE
Le 10. — Claude de Ramezay, ci-devant Gouverneur des Trois-Rivières, et Charlotte Denis, sa femme, vendent à Mgr de Saint- Valier, évêque de Québec, quarantedeux toises et quatre pieds de teri-ain en largeur, sur quarante-sept toises et quatre pieds, situé sur le Platon de la ville des Trois-Rivières, avec une grande maison à deux étages, et dépendances, plus la maison neuve, bâtie par les dits vendeurs en la dite ville, et dépendances, avec cinquante arpens de terre, moyennant vingt et un mille livres. {Greffe de Genaple)
ï6gi .
Total .
Mariages.
Naissances.
Décès. I Excédant.
De 1608 à I7C0.
Le 17. — Le P. Bigot, baptise à Saint-Joseph de Lévis, unj^eune anglais de 16 ans, natif de la Barbade, et esclave âes Àbénaq\ii5. lequel avait été pris en guerre. Son parrain^ M.' Raymond Martel, marchand, et sa marraine. Charlotte Charets, épouse d'Augustin LeGardeur de Courtemanche, lui donnent le nom de Phnipj)e.
{Rcg: de Qiecèee.) OCTOBRE.
Le 18. — MI^L de Callières et de Champigny écrivent en France annonçant la mort de Jolliet.
La date précise de la mort de Louis Jolliet est restée inconnue. Quelques historiens l'ont placée entre 1698
et I 700 ; ÎDwight H. Kelton, dans ses " Annals of Fort Mackinac," page 33, publiés à Chicago en 1S82, répète après Shea.quejolliet mourut vraisemblablement en 1699. Dans une étude qui a pour titre " La Découverte du ^îississipi," l'auteur place l'époque de la mort de Jolliet en 1701. Cette incertitude sur la question a de plus en plus attiré l'attention des historiens.
Dans son " Dictionnaire Généalogique," M, l'abbé Tanguay ayant affirmé positivement que l'illustre découvreur du Mississipi mourut en 1700, entre mai et octobre, fut invité, par la voix des journaux, à faire connaître à tous ceux qui s'intéressent à l'histoire du pays, sur quelle autorité reposait son avancé. L'on ne connaissait qu'un document officiel au sujet de cette date tant contestée; c'était la lettre que M. le chevalier de Callières et ^L de Champigny adressaient conjointement de Québec en France, le 18 octobre 1700, et dans laquelle ifest dit :
" Le sieur Jolliet qui enseignait l'hydrographie à Québec, étant mort, et les Pères Jésuites s'offrant d'en tenir une classe, nous supplions Sa iNIajesté de leur en faciliter le moyen en leur accordant les quatre cents livres par an.
dont le sieur Joliet jouissait " (\'oir les cahiers de
manuscrits à la bibliothèque du parlement fédéral, vol. IX de la 2^ série, p. 66.)
De son côté M. Margry, qui a donné une notice assez étendue sur Louis Jolliet, écrit ce qui suit : " Les dernières cartes qu'on trouve de lui (Jolliet) sont, une d'Anticosti, en 169S, et une autre du fleuve Saint-Laurent, adressée à M. de Yillebois, le 23 octobre 1699. Jolliet mourait quelques temps après, comme nous l'indique la lettre commune de ]\BL de Callières et de Champigny, etc." " Feu mon honorable ami, M. l'abbé Ferland, supposait qu'il était décédé dajis son île cC Anticosti. Un document me permet de dire qu'il fut inhumé dans une des îles de - Mingan, celle qui est située devant le Gros Mécatina."
La réponse de M. Tanguay ne se fit pas attendre :
"Rappelons-nous, dit-il, que MM.de Callières et de Champigny écrivent à la date du iS octobre 1700, que "Jolliet est mort." Consultez les registres de la paroisse de Notre-Dame de Québec, à la date du 4 mai 1700,
et vous trouverez parmi les témoins du mariage de Jérôme Corda avec Anne Normand dit Brière, la signature de " Jolliet, hydrographe du Roy."<''
"Donc Jolliet mourut entre le 4 mai et le 18 octobre J 1 700."
Après cette démonstration, il n'y a plus de doute possible. M. l'abbé Tanguay s'adressa nt à ]M. Margry, conservateur des archives du ministère de la marine, à Paris, et qui mentionnait un document d'après lequel Jolliet fut inhumé dans une des îles de Mingan, celle qui est située devant le Gros Mécatina, contmue : " En ce cas, il faudrait conclure que la mort de Jolliet eût lieu un temps notable avant le dix-huit octobre et peu de temps après le quatre mai, pour que MM. de Callières et de Champigny aient pu en avoir connaissance à Québec au milieu du mois d'octobre."
Ceci était écrit en 1873, et le document indiqué par M. Wargry n'a jamais été publié.
II) Extrait du Registre des baptêmes, mariages et sépultures de la paroisse de Notre-Dame de Québec, i>our l'année mil sept cent-
" Le quatrième jour du mois de may de l'an mil sept cent, après avoir obtenu la dispense de Î^Ionseigneur l'IlL et Révérend. Evesque de Québec, par un mandement signé de sa main et de son Secrétaire, et scellé de son sceau, de trois bancs de mariage, entre Jérosme Corda, fils de Isaac Corda et Janne, ses père et mère, de la paioisse de St-Eustache, archevesché de Paris, d'une part, et Anne Normand, tîUe de Pierre Normand dit la Brière, bourgeois de la susdite nlle de Québec, et de Catherine Normand, aussy ses j ère et mère, de cette paroisse et évesché, d'autre part ; ne s'estant découvert aucun empeschement, je, Françoy Dupré, curé de Québec, les av marié, selon la forme prescrite par nostre mère la sainte Eglise, en présence du dit la Brière, père de l'épouse. Charles Normand, des sieurs Jacques Gourdeaux, Chambalon, notaire royal, Charles Chartier. Le dit la Brière a déclaré ne sçavoir signer ; les autres ont signé avec l'époux et l'épouse."
Corda, Jclliet, hydrographe du Roy,
Anne Normand, Hugrunger,
Depkiras, Jean Jacques Depeiras,
Chambalon, J. Langlois,
Chartier, Baudoin,
LePailleur, a. Dei-aborde,
J. Thomas.
FRANÇOY DUPRÉ."
Lequel extrait, nous, prêtre, curé de Québec, soussigné, certifions être vrai et conforme au regi^-tre original, déposé dans les archives de la cure de Québec
Expédié à Québec, le trentième jour du mois d'octobre mil huit cent soixantetreize.
J. AUCLAIR, Pire, Cure de Québec.
88 i/Oi.
Le 5. — Incendie de la maison de Jean-François Hamel, cultivateur de la paroisse de Sainte- Foye. Il a la douleur de voir périr, dans les flammes, cinq jeunes enfans.
{^Reg. de SatJife-Foye.)
Le II. — Louis Marchand, établi à Lauzon, fait baptiser par M. Philippe Boucher, curé de Lévis, un jeune esclave panis, âgé de huit ans, qu'il avait acheté.
{Reg. de Lévis)
Le II. — Claire Bissot, veuve de Louis Jolliet, transporte à Charles Jolliet d'Anticosty, et à François Jolliet de Baucour, ses fils, la possession et jouissance de toutes les parties à elle appartenantes dans toute l'étendue de Mingan et Anticosty.
Dans la collection des lettres inédites déjà citées p. So, on trouve la description de la ville de Québec dans les termes suivants :
" La ville de Québec, à mon arrivée (1701), est située à deux mille lieues de France. Elle est partagée en haute et basse-ville, dans cette dernière demeurent les marchands et les gens qui trafiquent à la mer ; toutes les maisons y sont construites fort commodément, et bâties d'une pierre noire aussi belle et aussi dure que le marbre. Sa rade est défendue par une grande plate-forme qui est placée au milieu et qui bat à fleur d'eau, de façon que les vaisseaux ennemis ne pourraient pas y rester mouillés sans être fort maltraités, tant par le canon de cette plateforme que par celui d'un fort qui commande la ville et la rade sur un endroit des plus escarpés.
De la basse-ville à la haute, il y a un chemin qui tourne imperceptiblement pour monter les carosses et les charettes qui ont assez de peine à y monter, la haute-ville étant placée sur une hauteur extraordinaire.
La maison du vice-Roy ou gouverneur général est à la haute-ville, au lieu le plus éminent. Elle a cent vingt pieds
de long-, bâtie à deux étages avec plusieurs pavillons qui forment des avant et arrière-corps de logis, avec une terrace de quatre-vingts pieds qui regarde sur la basseville et sur le fleuve qui est au pied, d"où l'on découvre autant qu'on puisse le souhaiter.
Le g-ouverneur-général qui demeure auj'ourd'huy dans ce château s'appelle monsieur le chevalier de Callières, cy-devant gouverneur de la ville de Montréal, à soixante lieues au-dessus de Québec, Ce seigneur est respecté, aymé et chéry autant des français que des sauvages, qui le regardent, les uns comme les autres, comme le père commun de tous ceux qui habitent en Canada. C'est à luy que nous avons l'obligation de toutes les fortifications du pays qui ont été conduites par ses soins. Toutes les personnes de distinction demeurent aussi à la haute-ville.
Il y a un évêque et des chanoines dont le chapitre est quelque chose de fîny : il y a aussi un beau séminaire et plusieurs églises, entre autres celles des Jésuites et des Récollets sont les plus belles : cette dernière est en face du château et passe pour la plus moderne du pays : le cloître de ces bons pères est vitré, partout des vitres peintes des armes de plusieurs bienfaiteurs de cette maison. Il n'y a que l'Intendance qui est mal placée dans un fond près de la petite rivière.
La ville, haute et basse, est située entre deux grosses montagnes, l'une plus haute que l'autre. L'une appelée le Cap-aux-Diamants, parcequ'il s'y en est trouvé une quantité extraordinaire dans les rochers dont la beauté n'en cède rien aux vrays diamants, il n'y a que la dureté qui luy manque : l'autre montagne, appelée le Saut-au-Matelot, ainsi nommée, parce que. pendant les premiers jours de l'établissement des français en cette colonie, il y eut un matelot qui, s'étant trop approché du bord, se précipita du haut en bas malgré luy. Autour de cette dernière montagne il y a une petite rivière qui tourne vers l'Intendance."
AOUT
Le 3. — En ce jour a lieu, dans l'église de Montréal, la sépulture du chef des Hurons que les historiens ont
appelé Kondiaronk. Ce chef est une des plus belles figures de la nation huronne. Doué d'une haute intelligence, il conduisait avec prudence et sagesse toutes les affaires de sa nation.
Il mourut dans des sentiments très chrétiens après une harangue qu'il avait prononcée dans une assemblée des nations alliées, réunies à ?vIontréaL
Sur sa tombe, on grava cette courte inscription : " Cv gît Le Rat.chef Hïirùii:'^'^ [Fcrland, tome II, p. 35.)
Le 30. — La seigneurie du fief Saint-Luc, rivière du Sud, appartenait à ]\Iadeleine Morin, veuve du notaire Gilles Rageot, et à sa nièce Marie-Anne Morin-Rochebelle. épouse de Jacques Pinguet de Vaucour. Elles concèdent à Guillaume Blaochet une terre de cinq arpents sur quarante. (^Greffe de Charles Rageot, ^o août 1 701.)
JAxWIER (1702).
Le 6. — Jean Gautier faisait baptiser aux Kaskakias, son premier enfant, appelée Marie. Fils de Pierre Gautier et de Charlotte Roussel, Jean avait épousé Suzanne Capei- SsvecSe, et lui-même portait le nom de Sakingoara.
^Reg: des Kaskakias.)
JUIN
Le 19. — L'église en pierre, bâtie dans la paroisse de la Pointe-aux-Trembles de Québec, est bénite et ouverte au culte. {Reg: de la Poiute-aiix- Trembles, Québec)
nove:\ibre.
Le 3. — Le sieur de Sarazin était le seul unique médecin du roy dans toute la Nouvelle- France. Ses appointements n'étaient que de 600 livres par an, sans aucune rétribution de la part de ses patients.
{Lettres des sieurs de Callicres et de Beauharnois)
(\) Kondiaronk est bien le nom sous lequel nos historiens distinguent ce chef célèbre ; mais si l'on consulte l'acte de sa sépulture, nous trouverons que son véritable nom est Gaspard Soiaga dit LeRat. Il était chef des Huions de Michiliimackiiiac, et à son décès il était âgé de soixante-quinze ans. [U Auteur.)
NOVEMBRE
Le 29. — ]Marîage de Louis LePoupet de Saint- Aubin, chevalier sieur de la Bdularderie, enseio-ne de vaisseau, et Madeleine ]\Ielançon. {Rc^. de Port- Royal.)
DÉCEMBRE
Le 5. — A euiieu la sépulture de Marie-Anne Leneuf, veuve de ^Messire René Robineau, baron de Portneuf, dans leo-lise des RR. PP. Récollets. {Reg. de Québec:)
Le 23. — Le chirurgien de Port-Royal était Jacques Pontif.
La petite vérole (la picote\ fait beaucoup de victimes à Québec et dans un grand nombre de paroisses, durant les années 1702 et 1703.
Un français, Laurent Dubosq, natif de Saint-Maclou, diocèse de Rouen, Xormandie, avait épousé à Québec, en 1662, Marie-Félix, huronne. fille de Joachim Arontio, de la bourgade de la Conception, et premier chef huron fait chrétien par le Père de Brébeuf.
De ce mariage naquirent quatre garçons : Joseph, Jean, Laurent et Philippe, et deux filles. L'une, Marie-Anne devint religieuse Ursuline, dite Sainte ]Marie-]Madeleine, l'autre Louise-Catherine, mariée à Jean Riddé, compte parmi ses descendants les familles Viger, de Montréal.
C'est très probablement le hls de Joseph Dubosq, métis rr.arié à une française qui devient le héros du drame épouvantable que nous trouvons relaté dans la lettre suivante :
Extrait d'une lettre écrite, en 1703, par Vl. D'-"'" à son frère, religieux franciscain.
" Il arriva à ^Montréal peu de jours après mon arrivée, un homme dont l'histoire paroitra plutôt de la fable que de la vérité, on le nomme Dubosq."' Il est hls d'un sauvage et d'une française. C'est un guerrier d'un grand
(I) l'ctvt fi'.s de Laurent Dubosq.
courage et d'une force extraordinaire, qui a toujours été redouté comme le plus fier partisan du pays. If avait été pris prisonnier par les Iroquois depuis un certain temps. ^'^ et il attendait toujours le moment fatal où il devait estre brûlé vif. Comme il se trouva un jour à la chasse en la compagnie de huit guerriers et deux femmes, ils luy firent feste qu'ils devaient cabaner en un endroit où il y avait une bonne cache d'eau-de-vie. En effet, ils arrivèrent à ce précieux dépost, comme ils l'en avaient assuré ; mais ces pauvres sauvages ne sçavaient pas que cette feste donnerait lieu à une sanglante expédition. Ayant donc bien soupe tous ensemble, ils se mirent à chanter et à boire à leur ordinaire, qui est d'avaler l'eau-de-vie plus facilement que nous ne faisons le vin, dans nos plus grandes parties de plaisir. Ils invitèrent le prisonnier à les imiter dans leur débauche. Dubosq leur marqua sa reconnaissance en buvant quelques coups de la liqueur qui leur coûta bien cher : ce fut là qu'ils le regardaient comme une victime preste d'estre immolée à la rage qu'ils portent à leurs ennemis ; ce fut, au contraire, luy même qui se proposa de les occir ou de périr à la peine, ce qui luy était inévitable ; mais en ce moment, étant tous camarades de plaisirs, ils chantaient des chansons sur les victoires qu'ils avaient remportées sur leurs ennemis, et s'en donnaient à cœur joie ; car ces peuples ont cela de bon qu'ils sont tout au divertissement quand ils le prennent, et en récompense, plus sobres que tout le reste des hommes, quand il est question de guerre ou de chasse ; cette cachette d'eau-de-vie en est la preuve, puisqu'ils ne la visitaient qu'au retour de deux expéditions militaires, où ils avaient fait des merveilles. Ces infidèles gardent, pour loy inviolable, de serrer ainsi leurs boissons et autres vivres, quand il est nécessaire, ne portant autre chose que leur fusil, hache, couteau, casse-tête, poudre et plomb, avec leur carcois garni de flèches, aymant mieux jeûner sept ou huit jours ou plus, s'il le faut, que de porter la moindre chose qui pourrait leur estre contraire ou leur porter le moindre préjudice.
(l) Dubosq, dans un combat contre les Mahingans et Agniers, tombe dans une embuscade près d'Orange. De seize, dix furent tués : Dubosq et trois autres, blessés et conduits à Orange. {Charlizoix, livre XVI, p. 199.)
Quand ils eurent la teste bien échauffée de cette boisson, et des chansons de prouesses de guerre, où ils dénombrent les guerriers qu'ils avaient tués ou bruslés, quelques-uns d'eux commençaient desjà à se livrer dans les bras du sommeil pendant que ceux qui soutenaient mieux la gageure, forçaient toujours Dubosq à boire ; mais par malheur pour eux, n'ayant jamais eu l'usage de la chandelle, ils n'avaient point d'autre clarté dans leur cabanne que celle que le feu leur procurait : ainsi, ils ne purent pas s'apercevoir que Dubosq, quoyque fort enclin à boire, n'avalait pas l'eau-de-vie, et qu'après l'avoir portée à sa bouche qu'il la laissait couler le long de son estomac. Ainsi, par ce moyen, il resta de sang-froid pendant que les autres s'enyvraient parfaitement, de sorte que vers la moitié de la nuit, il n'y avait plus qu'un de ces guerriers qui ne dormait pas, et qui buvait tout seul ; mais l'instant d'après, il fut pris comme les autres.
Pourras-tu croire ce que ht Dubosq ? Après s'être bien assuré que ces dix personnes dormaient véritablement, il tînt un conseil secret avec luy même pour résoudre s'il profiterait de sa liberté, en se sauvant simplement, ou bien s'il envoyerait ces gens-là au pays des asmes. C'est ainsi qu'ils parlent : enfin il se détermina à cette dernière résolution; néanmoins, en donnant la vie aux deux femmes, comme par un espèce de mépris, en les regardant indignes de sa colère.
Il commença par les attacher toutes deux ensemble, prévenu qu'il estait, qu'ayant la teste plus petite que les hommes, elles devaient estre bien ivres, et plus difficiles à réveiller. Il les lia donc ainsi, ensuite il prit en main deux gros tisons enflammés, avec lesquels il regarda la contenance de ces gens-là. et ne doutant plus de leur sommeil, il s'arma d'une forte hache, avec laquelle il les salua chacun, les uns après les autres, d'un grand coup sur la teste, et cela d'une vitesse extraordinaire, de façon que celuy qui remuait le premier était servy de deux ou trois coups de hache qui le mettaient à mort, il acheva ainsi cette boucherie, et l'expédition entièrement finie, il voulut réveiller les deux femmes, toutefois, sans leur faire aucun mal ; mais il ne put jamais y parvenir : ainsi, étant lassé de les tourmenter, il prit le parti de passer la nuit à fumer sa pipe, à la vue d'un si horrible spectacle.
Le lendemain matin, au réveil de ces deux dames sauvagesses, il ne manqua pas de leur faire apercevoir qu'elles estaient veuves, et devenues ses esclaves, et enfin qu'il leur accordait la vie, à condition qu'elles porteraient témoignage à la vérité : conditions qu'elles accordèrent avec toute la résignation possible : mais au surplus, elles sçavaient bien que cette scène sanglante n'estait pas encore finie, et qu'il y manquait la dernière couche du portrait de l'inhumanité. Il est bon, mon cher frère, que tu apprennes que, quand ces gens-là ont tué quelqu'un sur la place, ils en apportent toujours la preuve, qui est, selon eux, un trophée qui prouve au juste leur valeur et leur courage; cette indigne marque est la chevelure humaine qu'ils enlèvent aussi facilement de dessus la teste d'un mortel, qu'on peut faire la peau d'un lapin. Ils coupent la peau de la teste jusqu'à l'os en commençant au milieu du front, en tournant la main par derrière l'oreille en suivant de mesme jusqu'à l'endroit où ils ont commencé, et après quelqu eftbrt de main pour commencer à découvrir le crâne, ils posent la teste à la renverse sur leurs genoux, et sans quitter cette peau, elle vient aussi facilement qu'un gand qu'on veut tirer de la main ; après quoy, ils la cousent autour d'un petit cercle d'ozier, la préparent et la passent du costé où il n'y a point de cheveux, tout aussi facilement qu'ils font d'une autre peau de quelqu'animal, et pour finir cet horrible chef-d'œuvre de cruauté, ils les peignent ensuite avec du vermillon, et étant attachées à des cercles d'ozier, comme je viens de le dire, ils les mettent au bout d'une grande baguette de dix à douze pieds de haut.
Pour en revenir à notre vainqueur, après qu'il eut employé le temps qu'il fallait à tout cela, il prit d'une main ces chevelures, et de l'autre,, les deux femmes liées ensemble, qui ne se faisaient pas prier de marcher ; il les mena ainsi jusqu'aux portes de ^lontréal, où s'estant arrêté suivant l'usage ordinaire, il fit des cris de mort au nombre de huit, pour faire voir qu'il avait occis huit hommes, suivant la preuve qu'il en avait en mains. •
A ces cris, chacun s'empressa de courir au-devant de luy, croyant qu'il y avait beaucoup de guerriers qui arrivaient : en quoy l'on fut bien surpris et trompé quand on
vit Dubosq seul. Je ne fus pas un des derniers à aller à sa rencontre, et comme je le connaissais particulièrement, je l'aborday avec une joye extrême, en luy marquant, avec etonnement la part que je prenais à sa victoire, et au bonheur qu'il avait eu de se sauver d'avec les plus cruels hommes du monde, de qui il ne pouvait attendre que des tourments inouïs; je ne le quittay point jusques chez le g-ouverneur, oi^i il entra, avec un air majestueux, tenant d'une main huit grandes baguettes au bout desquelles pendaient huit longues chevelures, et de l'autre ses deux prisonnières qu'il faisait marcher devant, attachées comme des enfans que l'on mène par la lizière.
Monsieur de Callières le reçut fort favorablement, et écouta son récit avec autant d'admiration que d'étonnement, d'autant qu'il le fit en français fort éloquemment pour un homme demy sauvage, et dans les termes les plus naturels qui se puissent exprimer. Ensuite il fut recevoir deux cent quarante livres, en marchandises, qui est à raison de trente livres que l'on paye ordinairement pour chaque chevelure que nos sauvages apportent.
Je t'embrasse avec la plus pure amitié qu'on puisse porter à un bon frère comme toy.
AVRIL
Le 2. — A Montréal, entr'autres familles frappées par le terrible fléau de la petite vérole, on compte mesdames DeGalifet,''* De'Villedonné/'^ et Testard/^^ qui sont inhumées le même jour.
Dans les registres de la paroisse de Sainte- Famille, on trouve la note suivante à l'occasion du liéau de la picote : •' Grassauie Boa, sive Paôuia, in eâ regione, ii oumes fatis occiibuere co morbo inftxtir
JUILLET
Le 24. — Port-Royal avait pour lieutenant-général, M. Mathieu DeGoutin.
(1) Catherine Aubert, âgée de 21 ans, épouse de François de Galifet, lieutenant du Roy.
(2) Marie Damours, âgée de 2S ans, épouse d'Etienne de Villedonné, aide-major de Québec.
(3) Marguerite Damours, sœur de la précédente, âgée de 26 ans, épouse de Jacques Testard de Montigny, capitaine de la marine et chevalier de Saint- Louis.
liMxMUv'f
AOUT
4^i ^<- ' ^'y^. ^'^^''^^ Le 5. — IMichel Bouvier, maître maçon, âgé de 57 ans, / ^^.^' s'est tué en tombant d'un échafaud de la maison en cons- '^^\''jy- ' . truotion au haut de l'île de iMontréal, appartenant à *f ''^^ /'';;;^7:;;l..M.deSenneville. {Rcg: de Montréal)
■'-'^^^''"- SEPTEMBRE
Le 30. — Jacques Dejoncour. commandant le navire du Roy, " Le Faucon," était dans le havre de Port Royal ce jour même. {,Reg. de Port Royal.)
A cette même date Port Royal avait pour curé Patrice René, récollet, qui en 1 708, était vicaire-général et supérieur de toute la mission. {IdetJi. )
Le 10. — M. Meriel, prêtre de Saint-Sulpice à Montréal,
baptisait et nommait Catherine, l'enfant de William Par-
l ^r-.Jji sons et d'Anne Wheelright, née en 1701, à Wells, Nou-
' ^.^i C veile-Angleterre. Elle avait été prise, avec sa mère, le
^'/ • 22 août 1703, par les sauvages du-lac des Deux-Mon-
tagnes. {Reg. dit Lac des Deux- Montagnes}) FÉVRIER.
^""^^ "^ ' Le 2. — Le premier acte, entré dans les registres du î*«^' Détroit est l'acte de baptême de Marie-Thérèse, cin-
^ ''"■'' quième enfant d'Antoine DelaMothe-Cadillac, fondateur du Détroit, et de Marie-Thérèse Guyon-Després. L'enfant eut pour parrain Bertrand Arnaud, marchand, et pour marraine Geneviève LeTendre, épouse d'Etienne Volant- Radisson.
Le Père Constantin DeLhalle, récollet, premier aumô- ^ nier du fort Pontchartrain au Détroit, administra le
baptême et en dressa l'acte.
Note.— Voyez à la date du 13 mai 1723, une notice sur ce Père Récollet.
Le 12. — L'origine du nom de Côte à Baj'on donné à une côte de ^lontréal se trouve expliquée par le fait que le propriétaire de la Côte de Notre-Dame des Neiges, était J.- Baptiste Auger dit le Baron. {Reg. de Montréal)
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^^^^i:^^ zî^*^ZV^-^ lix
■ / - / / , ij Lh. /y -n»., u.eud '-■=---
^U^ JUIN. '--^-^'/^"-
^ Le 15.— A lieu le baptême d'Abîgail-:\rarIe-Elizabeth ^^^/^'^^'' ' " . Nimbs, née le 11 juin 1700 à Dearfield, Nouvel'e-Anorle- - ■, ' • terre, prise par les sauvages le 11 mars i704.__Ëlle h ^
demeurait en la cabane d'une sauvagessë de la mbiïFagne >dt ■i-^'^'^- ^^^-^'^''^
nommée Ganastarsi. Elle a pour marraine Demoiselle J^cJxJ —
Elizabeth Lemoyne de Longueuil. {Rcg, de Montréal) ' rtîcu Z-^'* ^■'-^i ^ -'
DECEMBRE. -^^^^^ y/''^^%^'^'fi
Le 20. — Le vaisseau du Roy " Le Lion," stationné n^^ dans le bassin du Port Royal depuis le 25 octobre jusqu'au 20 décembre 1704. a perdu trois hommes de son équipage : Ducorail, sergent ; Forest, soldat de marine, et Jean Basque, matelot. {Reg. de Po7't Royal.)
Le 26. — A lieu la sépulture de Pierre Tibodeau, époux de Jeanne Terriau, meunier à la Prée-ronde. {Idem.)
Dans cette année Mgr. de Saint- Yalier retournant de France au Canada sur la grande tlûte du Roy " La Seine," commandée par le chevalier de Maupeau, tombe au pouvoir d'une licite anglaise et passe huit années prisonnier en Angleterre. {Reg: de T Archevêché)
Le 12. — IMariage de François Dupont-Duvivier, enseigne de vaisseau, fils de Hugues Dupont-Duvivier, seigneur de Serignac, et Marie Mius, fille de Jacques Mius, seigneur de Pobonkan, et d'Anne de Saint- Etienne.
{Rcg: de Port- Royal)
Le 22. — Mathieu Bosselet dit Jolicceur, âgé de quarante ans, soldat de la compagnie de ]\I. de Beaucours trouvé mort sur la glace, a été inhumé à ^lontréal.
{Reg: de Montréal.)
, Le 29. — A lieu la sépulture du sieur de Saint-Aubin, r'' . . ^ âgé de 85 ans, seigneur de Pesmonquadis ou Rivière • ^-^■^-'•'" '-■'■- Sainte-Croix. ^Reg. de Port Royal.)
MAI
Le 22. — Trois familles, établies au Cap de Sable, ont fait baptiser tous leurs enfants :
François Amiraut en avait huit ; Joseph Mius, quatre ; François Viger, deux. Le plus âgé de ces enfans avait seize ans. {Idem.)
JUIN
Le 10. — Une jeune fille de iS ans, du nom de Mar' guérite DelajoUe, s'est noyée à Québec.
{Reg: de Québec.)
SEPTEMBRE
Le 9. — Le commandant de la frégate " La Bonaventure," François Crepaux, épouse Marie Mius, fille d'Abraham Mius et de Marguerite de Saint-Etienne.
{Rcg. de Port Royal.)
Le 21. — François, âgé de 14 ans, fils de Pierre de Quatrebarbe, capitaine reformé dans les troupes, compagnie de M. DeLangloiserie, s'est noyé à Québec. Sa -. mère, Marie LeRoy, au baptême de son fils, en 1692, à la Pointe-aux-Trembles de ^Montréal, était appelée la •"-' jeune chevalicyc de Chambly.
{Reg: de la Pointe-aux- Treinbles, Montréal^
Le 25. — A lieu la sépulture de Charles Calué dit Laforge, habitant de Beausoleii, haut de la rivière.
{Rcg-.de Port Royal)
OCTOBRE
Le 3. — Jacques-François DeBrouillant, gouverneur de lai Province, décédé le iS septembre dans le vaisseau "Le Profond," à une journée de Chibouctou, est inhumé auprès de la grande croix du Cap, place où l'on doit bâtir une chapelle. {Idem.)
iJy"^ Le 19. — Anne Hard, née en 168 1, fille de Benjamin l'y" Hard et d'Elizabeth Roberts, de Chitcho, près Douvres, '^ ' Nouvelle-Angleterre, avait été faite prisonnière par les
sauvages Loups, en 1692. Elle épousa le 19 octobre 1705, à ]\Iontréal, Sébastien Cholet dit Laviolette, tisserand, natif d"Aubio-ny, en Anjou. (Re^: de Montréal.) ,
Le 28. — Baptême de Marie-Madeleine x^tchers, fille >- ! -(^'■^■^'^^'^ ^^'^^àZ,
d'Atchers et de Marie Oppen. qui, a^'ant été faite prison- -. \ \p "/ A/U^inière de guerre, demeure chez Mademoiselle de Sorel. " •^^^■^'^r^ '"
{^Reg: de Sorel.')
DÉCE?>IBRE.
"Le 31. — Le corps de Robert Giftard, médecin, seigneur de Beauport, né en 1587 en France, et inhumé à Québec le 14 avril 166S, est transporté de l'Hôtel-Dieu à la Cathédrale pour libéra, puis à Beauport. où il est enterré.
{Reg. de Québec)
Le 10. — Mathias Farnet, né en 16S0, à Grotten, Nou- "" '
velle-Angleterre, reçoit le baptême. Il avait été pris par les sauvages le 11 août 1704, et mené au Canada. Il a pour parrain Claude de Ramezay, gouverneur de ]\Iontréal. Il demeure actuellement à la mission Notre-Dame de Lorette, Ile de Montréal. {Reg: de Montréal) .
Le 17. — Thomas Hust, né le 3 juin 1690 à Dearfîeld, ■ ' ^^ v- /
Nouvelle-Angleterre, pris le y mars i-jOj., est aussi ^^^''^^i-/^< :>*y
baptisé. Il demeure à la mission de Notre-Dame de i, ■ •
Lorette. {Idem.) .; -U--^- / %i-f ^ ^i/rV^u. i-*--
i MARS. y W^. i;.,,^ -^.....^
Le 16. — A lieu à Saint-Nicolas le baptême de Joseph, petit anglais âgé de huit ans, pris par les sauVages pen- ,'
dant la guerre. {^Rcg. de Saint- Nicolas) *♦• """'"'".
AVRIL
Le 6. — ?vIarie-Françoise French, née le 30 novembre ;, ^ ^ ^y
1692 à Deartîeld, et hlle de Thomas French et de Marie { | •//'-' ^"^ V-
Catlin, prise le 11 février 1704, a été baptisée le 6 avril i V\\lX/vS -
1706. Elle demeure chez M. Jacques LeBé. ,/ /
i ^ ~{Reo-. de Montréal) "' •'•"-'■' ■
loo 1706.
AVRIL
I Le 24. — Est baptisé Jean-Louis Dicker, âgé de 12 ans, I fils de Jean Dicker et de Sara Teckel, famille de pêcheurs ^"^"^ '\\\v. '; établie à Hanzerbur\% Ile Terreneuve. Jean-Louis fut ! racheté des sauvao;-es par M. Thomas de joncaire, interprète du Roy. [Idci;i.)
MAL
Le 25. — Est baptisé Guillaume-François Taylor, pris >( en guerre, natif d'Exester, Nouvelle-Angleterre. Il est
au service du gouverneur de Ramezay. {Idem.)
septe:^ibre.
Le 6. — Louis Liénard de Beaujeu, fils de Philippe, chef du gobelet du Roy, guidon des chevaux légers de la Garde du Roy, et de Catherine Gobert, de Versailles, épousait à Montréal, Demoiselle Denise-Thérèse ]\Iigeon de la Gauchetière,^'^ veuve de Charles Juchereau de Beaumarchais, sieur Denis, vivant, conseiller du Roy et '^' ^.h^ V^o- lieutenant-général de l'Ile de Montréal. {Ideui.)
t«.jM.-^^ Cv'v-vu^--^ Le 12. — Est baptisée IMarguerite Huggins, née le 16
^t^cU - ,. mars 16S6. à Stonvbrook, Nouvelle-Ano-'leterre, fille de^-^ -.7
L,'' ■ /ii-/. J^^" Huggms et d Lxpatience J^ones, prise le 23 mai ^-^ j,,.^^,.
'-f^"^^' '^ 1703 par les x'\bénaquis à Pjrlvamîick, près Northampton,"''''
, JreL^ et rachetée par le marquis de Crisafy, gouverneur de- ,' ^ Trois- Rivières. {^Idoii.)
hu*> ^--^--^^ OCTOBRE.
Le 26. — A lieu la sépulture de Jacques Cosket de Luçon, âgé de 45 ans, mort subitement dans le navire "Le Héron." {Rcg: de Oucbcc.)
NOVEMBRE
, Le 16. — Est inhumé Daniel Galuccia, âgé de 54 ans, - natif de l'Ile Jersey, pris en juillet 1706, à la Nouvelle- Angleterre. (Rcg. de Montrcal.)
(l) liemueusî de nos s-jigneurs les enfans de France. Née à Montréal le 5 février 1678, elle avait épousé en premières noces, le 21 avril 1692, Charles Juchereau.
i/O;. loi
Le 23. — Marthe French, née le 22 mai 1695, et sœur^ /' ; ., , ^ , ■. :
de Marie-Françoise, dont le baptême se trouve en 1706, : — —
est aussi baptisée le 23 janvier 1707. Elle avait été don- ; née aux Sœurs de la Congrégation Notre-Dame, par les l Abénaquis. ildcin.) . .. '-.— • , / à
yW'^ "
* Le 24. — Est baptisé Joseph Stover, né en i6go, fils de ^ / / ,
'Jean Stover et d'Abigaïl, du Cap Vadick, entre York et c ci/iu -^r"^^-^ Wells, Nouvelle Angleterre. Pris par les Abénaquis, en
1706, il fut racheté par Françoise Domitilde, abénaquise, ::\\.^iK. habituée parmi les français, et envoyé, par elle, à ]\Iont- , 7 • . , ,réal. {Idem.) ,> -^-..v.'. ..... ; •' ji^'Vvn'viu.w J r^/
.' . ... MARS. ■- ■-'■ e-/e,L^v^-
Le 8. — A eu lieu, au Château-Richer. la célébration du '^ / ' ' mariage d'Anne Raté, veuve de Jacques DeTrépagn\', '' -'^-'--- ^■-'■■^ et fille de Jacques Raté et d'Anne !Martin,^''. Le marié. nommé Jean, anglais de nation, avait, dans son enfance, été enlevé de son pays, en sorte qu'il ne put dire ni les noms ni les surnoms de ses parents. {Reg. diù Châteaic- Riche}-.)
-Xy
JUIN
Le 13. — Est baptisée ^Marie- Françoise Hammond. née' ' en 16SS, fille d'Edouard Hammond et de Jane ]\Iontess. de I"v^tler}', Nouvelle- Angleterre, fait prisonnière le 17 mai 1 705, par les abénaquis. (A^. de Moutrcal))
SEPTEMBRE
Le 8. — Antoine DeVaillant, enseigne dans les troupes, a été tué en se battant contre les anglais.
{Reg. de Port Royal.)
Le II. — Est baptisée Elizabeth Lamax, née en lôgS, de Nathaniel Lamax et de Délivrance Clarke, de Oyster ..
(1) Anne Martin était la tîUe d'Abraîiani Maitiii dit l'Ecossais, projrriétairc des ' "'.^x. plaines d'Abraham.
/!■ .-UUirL, tu^ ■ ^- ^^'-^-^--^
I 707-1 7oS.
River, Nouvelle-Aneleterre. Prise le i«
juin 1707, par les
Abénaquis, elle demeure chez ]M. Etienne Rocbert de la Morandière, conseiller du Roy. (Rcg de iMonircal)
OCTOBRE
Le 31. — Le Baron Anselme de Saint-Castin, fils du Baron Jean-Vincent de Saint-Castin et de Matilde, sauvagesse, a épousé Charlotte Damours, fille de Louis Damours, seigneur de Jemsec. {Reg: de Port Royal.)
NOVEMBRE
Le 6. — Daniel-Louis- Philippe, fils de Sergent Dicker et de Mary Oben. né en 1699, dans la Nouvelle-Angleterre, était baptisé à Montréal. Les Abénaquis l'avaient fait prisonnier, et donné au gouverneur Rigaud de Vaudreuil. (Reg: de Mojitrc'aL) S.'.^vJ a '.' ;. . , ',t:.; -< ..-j; w/Jja.
Vvvv^
Le 21. — Est inhumé Tobie Von, né en 1690, de Tobie Von et de Sara Spark, pris sur l'Ile de Terreneuve, et appartenant à I\L de Montigny. {Idem.)
AVRIL
Le 7. — Une jeune anglaise de 17 ans est baptisée h. f^ yt^'^ -^'^'^ Québec ; on lui donne le nom de Marie- Françoise. Elle Â^, -^^"^ y portait d'abord le nom d'Hélène Darvass, native du vil- '^'^r/^™' / lage de Jamesker, dans la Nouvelle- Angleterre. Prise -j^Y"^ /y^v^vT,^ pendant la guerre par les sa-ivages, elle fut placée aux /t^Ct^'^j' Ursulines de Ouébec, où elle mourut le ^o août 1710. Lo-^K^^i^ ,' , ,v v^^g- "^' Qiieoec.) '
Le 6. — Mgr. Laval meurt à Ouébec à l'âge de 85 ans, et est inhumé le 9 mai i jo^ dans la cathédrale, au-dessous de la première marche du grand autel. ^'^
{Reg. de rA^'c/i. de Québec.)
fil En 1S78 le corps de Mgr Laval a été relevé et porté, avec une très grande solennité, dans la chapelle du séminaire de Québec.
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MAI
Le 25.— Sépulture de Louis Richet, anglais, âgé de 28 ans, noyé le premier mai dans la barque de Jacques Bernier. Bon catholique et soigneux de recevoir les sacrements, il avait refusé les offres des anglais pour demeurer dans ce pays et conserver sa religion. /; ; ♦ /. , , , . ' w- ,,y i^^g- de Montréal.) .,-'*/"- J ?
Le 28.— Abigaïl-Marguerite, fille de John'Stebbens et ' U ^^If^^ de Dorothée Alexander, de Dearfield, née en 1684, était baptisée à Montréal. Elle eut pour parrain le gouverneur Rigaud de Vaudreuil, et pour marraine Marguerite \ v~?^t ■:- /-t Bouat, épouse d'Antoine Pacaud, commis trésorier des C - /.{. iT/'Vv^''"^/ deniers du Roy. Elle avait été mariée par un ministre à ' ^'^' ■ in-. ■. Dearfield, le 14 février 1704, à Jacques Denoyon, qui vint s'établir avec elle dans la paroisse de Boucherville.
ibidem.)