VI INTRODUCTION
nus une mine de précieux renseignements, que je me suis fait un bonheur de collectionner.
Voici sept ou huit épis pris, au hasard parmi les nombreuses gerbes que j"ai eu l'avantage de recueiFlir " A Travers les Registres " ; car les preuves de mes assertions sont dispersées dans tout l'ouvrage.
1° On s'est souvent demandé si le recensement de 1666, — le premier qui ait été fait dans le pays, — avait eu lieu au commencement ou à la fin de cette année, et si par conséquent, il comprenait ou non les familles, arrivées pendant l'été de 1 666 ? Or les registres m'ont permis de prouver jusqu'à l'évidence que ce recensement ne donne que le dénombrement des familles, arrivées avant la saison de l'été 1666. (\'oirp. 51.)
2° En 1687, un massacre eut lieu sur les bords du lac Saint-Louis, et les victimes de la cruauté iroquoise furent inhumées au même endroit. Tous les détails, concernant l'âge, les nom.s, etc., de ces infortunés, sont consignés dans les registres de Lachine, année 16S7. Vainement on en chercherait aucune trace ailleurs. (Voir p. 65, 66, 67).
3° J'ai trouvé, aus^i, la dernière des pages qui racontent le sanglant épisode des massacres de Lachine en 1689. Le curé de la paroisse des Saints- Anges de Lachine recueillait, avec une touchante sollicitude, les restes d'un grand nombre des victimes du massacre, pour leur donner la sépulture religieuse, avec les prières de l'Eglise. (Voir p. -j^, 78, 79).
40 L'authenticité de lettres très-intéressantes et inédites, au sujet du supplice du feu auquel quatre Iroquois
INTRODUCTION Vil
furent condamnés, en 1695, se trouve prouvée par les registres de Ville- rvlarie. (Voir p. So, 81).
50 J'ai constaté que le nom de Kondiaronk-le-Rat, attribué au chef sauvage que tous nos historiens ont célébré, n'est pas le véritable, ou du moins le seul nom de ce héros. L'acte de sa sépulture, qui, certes, doit être un document authentique, le désigne sous le nom de " Gaspard vSoiaga-dit-le-Rat." (Voir p. 89, 90).
6° Par cette même étude, il m'a encore été possible de retracer l'origine du célèbre Dubocq, dont parle Charlevoix (liv. XVI, p. 199), et qui fut fait prisonnier, en 1697, près d'Orange, dans un combat contre les ]\Iahingans et les Agniers ; et dans la collection des lettres, citées plus haut, j'ai pu recueillir l'histoire de l'horrible exploit qui accompagna sa délivrance. (Voir p. 91 à 95).
7° Les registres de l'année 1700 m'ont permis de déterminer, à quelques mois près, la date de la mort de Louis Jolliet, le découvreur du Mississipi. (Voir p. 85, 86, 87),
8° A part ces renseignements, si utiles à l'Histoire, les mêmes registres ont aussi donné l'origine des noms, et la position géographique de certaines localités, mentionnées dans nos vieilles annales ; par exemple, la Pointe- à- Lacaille, aujourd'hui Saint-Thomas de ]\îontmagny;le Cap Lauzon, aujourd'hui Deschambault ; le Cap-à-l'Arbre, aujourd'hui Saint-Jean-Deschaillons.
Ces indications, j'en ai la confiance, contribueront à rendre plus vif l'intérêt avec lequel, sans doute, les lecteurs ont attendu la publication de l'ouvrage que je leur offre en ce moment.