‹ A travers les régistres [microforme]Chapitre 46 sur 121 · NE AN ENMANR * ANA TA NAT PRES · texte numérisé non relu

NE AN ENMANR * ANA TA NAT PRES

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En RM nr a om NT A OR ne Re vem

de long, bâtie à deux étages avec plusieurs pavillons qui

forment des avant et arricre-corps de logis, avec une

terrace de quatre-vingts pieds qui regarde sur la basse-

ville et sur le fleuve qui est au pied, d'où l'on découvre

| autant qu'on puisse le souhaiter.

gi Le gouverneur-général qui demeure aujourd’huy dans ce château vivtelle monsieur le chevalier de Callières, cy-devant gouverneur de la ville de Montréal, à soixante

imel, uleur

apti- lieues au-dessus de Québec. Ce seigneur est respecté, eune ayrué et chéry autant des français que des sauvages, qui

le regardent, les uns comme les autres, comme le père s.) commun de tous ceux qui habitent en Canada. C'est à

luy que nous avons l'obligation de toutes les fortifications du pays qui ont été conduites par ses soins. Toutes les personnes de distinction demeurent aussi à la haute-ville,

Il y a un évêque et des chanoines dont le chapitre est quelque chose de finy : il y a aussi un beau séminaire et A plusieurs églises, entre autres celles des Jésuites et des ï Récollets sont les plus belles : cette dernière est en face du château et passe pour la plus moderne du pays : le

à no cloître de ces bons pères est vitré, partout des vitres un peintes des armes de plusieurs bienfaiteurs de cette maison. Il n'y a que l'Intendance qui est mal placée uée dans un fond près de la petite rivière.

cn La ville, haute et basse, est située entre deux grosses les montagnes, l’une plus haute que l’autre. L'une appelée le les Cap-aux-Diamants, parcequ'’il s’y en est trouvé une quauties tité extraordinaire dans les rochers dont la beauté n’en pres ‘ cède rien aux vrays diamants, il n’y a que la dureté qui est luy manque : l’autre montagne, appelée le Saut-au-Mate- | les lot, ainsi nommée, parce que, pendant les premiers jours "| | lés de l'établissement des français en cette colonie, il y eut te- un matelot qui, s'étant trop approché du bord, se précipita la du haut en bas malgré luy. Autour de cette dernière montagne il y a une petite rivière qui tourne vers l'Inno tendance.” a- D'*** ; Ile AOÛUT.

la Le 3.—En ce jour a lieu, dans l'église de Montréal, la

ds sépulture du chef des Hurons que les historiens ont

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appelé Kondiaronk. Ce chef est une des plus belles figures de la nation huronne. Doué d'une haute intelligence, il conduisait avec prudence et sagesse toutes les affaires de sa nation.

Il mourut dans des sentiments très chrétiens après une harangue qu'i avait prononcée dans une assemblée des nations alliées, réunies à Montréal.

Sur sa tombe, on grava cette courte inscription : “ Cy gêt Le Rat, chef Huron” ® (Ferland, tome Il, p. 35.)

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Le 30.—La seigneurie du fief Saint-Luc, rivière du Sud, appartenait à Madeleine Morin, veuve du notaire Gilles Rageot, et à sa nièce Marie-Anne Morin-Rochebelle, épouse de Jacques Pinguet de Vaucour. Elles concèdent à Guillaume Blanchet une terre de cinq arpents sur quarante. (Greffe de Charles Rageot, 30 août 1701.)

Le 6.—Jean Gautier faisait baptiser aux Kaskakias, son premier enfant, appelée Marie. Fils de Pierre Gautier et de Charlotte Roussel, Jean avait épousé Suzanne Capei- 8svecse, et lui-même portait le nom de Sakingoara.

(Reg: des Kaskckias.)

JUIN

Le 19.—L'église en pierre, bâtie dans la paroisse de la Pointe-aux-Trembles de Québec, est bénite et ouverte au culte. (Leg. de la Pointe-aux- Trembles, Québec.\

NOVEMBRE

Le 3.—Le sieur de Sarazir était le seul unique médecin du roy dans toute la Nouvelle-France. Ses appointements n'étaient que de 600 livres par an, sans aucune rétribution 4e là part de ses patients.

(Lettres des sieurs de Callières et de Beauharnoïs.)

(1) Kondiaronk est jen le nom sous lequel nos historiens distinguent ce chef célèbre ; mais si l’on consulte l’acte de sa sépulture, nous trouverons que son véritable nom est Gaspard Soiaga dit LeRat. Tl était chef des Hurons de Michillimackinac, et à son décès il était âgé de soixante-quinze ans. (L’Aurewr.)

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1702-1703. g1 NOVEMBRE.

Le 29.—Mariage de Louis LePoupet de Saint-Aubin, chevalier sieur de la Boularderie, enseigne de vaisseau, et Madeleine Melançon. (Æue. de Port-Royal.)

DÉCEMBRE

Le 5.—A eu:lieu la sépulture de Marie-Anne Leneuf, veuve de Messire René Robineau, baron de Portneuf, dans l'église des RR. PP. Récollets. (Reg. de Québec.)

Le 23.—Le chirurgien de Port-Royal était Jacques Pontif.

La petite vérole (la picote), fait beaucoup de victimes à Québec et dans un grand nombre de paroisses, durant les années 1702 et 1703.

Un français, Laurent Dubosq, natif de Saint-Maclou, diocèse de. Rouen, Normandie, avait épousé à Québec, en 1662, Marie-Félix, huronne, fille de Joachim Arontio, de la bourgade de la Conception, et premier chef huron fait chrétien par le Père de Brébeuf.

De ce mariage naquirent quatre garçons : Joseph, Jean, Laurent et Philippe, et deux filles. L'une, Marie-Anne devint religieuse Ursuline, dite Sainte Marie-Madeleine, l'autre Louise-Catherine, mariée à Jean Riddé, compte parmi ses descendants les familles Viger, de Montréal.

C’est très probablenent le fils de Joseph Dubosq, métis marié à une française qui devient le héros du drame épouvantable que nous trouvons relaté dans la lettre suivante :

Extrait d’une lettre écrite, en 1703, par M. D*** à son frère, religieux franciscain.

“Il arriva à Montréal peu de jours après mon arrivée, ur. homme dont l’histoire paroitra plutôt de la fable que de la vérité, on le nomme Dubosq."” Il est fils d’un sauvage et d’une française. C'est un guerrier d’un grand

(1) Petit fils de Laurent Dubosq.

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courage et d'une force extraordinaire, qui a toujours été redouté comme le plus fier partisan du pays. Il avait été pris prisonnier par les Ircquois depuis un certain temps,” et il attendait toujours le moment fatal où il devait estre brûlé vif, Comme il se trouva un jour à la chasse er la compagnie de huit guerriers et deux femmes, ils luy firent feste qu'ils devaient cabaner en un endroit où il avait une bonne cache d'eau-de-vie. En effet, ils arrivèrent à ce précieux dépost, comme ils l'en avaient assuré ; mais ces pauvres sauvages ne sçavaient pas que cette feste donnerait lieu à une sanglante expédition. Ayant donc bien soupé tous ensemble, ils se mirent à chanter et à boire à leur ordinaire, qui est d’avaler l’eau-de-vie plus facilement que nous ne faisons le vin, dans nos plus grandes parties de plaisir. Ils invitèrent le prisonnier à les imiter dans leur débauche. Dubosq leur marqua sa reconnaissance en buvant quelques coups de la liqueur qui leur coûta bien cher: ce fut là qu'ils le regardaient comme une victime preste d'estre im.molée à la rage qu'ils portent à leurs ennemis; ce fut, au contraire, luy même qui se proposa de les occir ou de périr à la peine, ce qui luy était inévitable ; mais en ce moment, étant tous camarades de plaisirs, ils chartaient des chansons sur les victoires qu'ils avaient remportées sur léurs ennemis, et s'en donnaient à cœur joie; car ces peuples ont cela de bon qu'ils sont tout au divertissement quand ils le prennent, et en récompense, plus sobres que tout le reste des hommes, quand il est question de guerre ou de chasse ; cette cachette d’eau-de-vie en est la preuve, puisqu'ils ne la visitaient qu'au retour de deux expéditions militaires, où ils avaient fait des merveilles, Ces infidèles gardent, pour loy inviolable, de serrer ainsi leurs boissons et autres vivres, quand il est nécessaire, ne portant autre chose que leur fusil, hache, couteau, casse-tête, poudre et plomb, avec leur carcois garni de flèches, aymant mieux jeuner sept ou huit jours ou plus, s'il le faut, que de porter la moindre chose qui pourrait leur estre contraire ou leur porter le moindre préjudice.

(x) Dubosq, dans un combat contre les Mahingans et Agniers, tombe dans une embuscade près d'Orange. De seize, dix furent tués : Dubosq et trois autres, blessés et conduits à Orange. (Charlevoix, livre X VI, p. 190.)

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