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1703. 93 été Quand ils eurent la teste bien échauffée de cette bois- : été son, et des chansons de prouesses de guerre, où ils ps, | dénombrent les guerriers qu'ils avaient tués ou bruslés, stre quelques-uns d'eux commeniçaient desjà à se livrer dans r la | les bras du sommeil pendant que ceux qui soutenaient
luy | mieux la gageure, forçaient toujours Dubosq à boire; mais il y | par malheur pour eux, n'ayant in eu l'usage de la arri- ! chandelle, ils n'avaient point d'autre clarté dans leur 1ré ; cabanne que celle que le feu leur procurait : ainsi, ils ne jette | rie pas s’apercevoir que Dubosq, quoyque fort enclin à ant | ire, n'avalait pas l’eau-de-vie, et qu'après l'avoir portée ir et à sa bouche qu'il la laissait couler le long de son estomac. plus Ainsi, par ce moyen, il resta de sang-froid pendant que plus les autres s'enyvraient parfaitement, de sorte que vers la
sr À moitié de la nuit, il n'y avait plus qu’un de ces guerriers ui ne dormait pas, et qui buvait tout seul ; mais l'instant
a Sa eur après, il fut pris comme les autres.
ient Pourras-tu croire ce que fit Dubosq ? Après s'être bien age assuré que ces dix personnes dormaient véritablement, il luy . tint un conseil secret avec luy même pour résoudre s’il ine, À profiterait de sa liberté, en se sauvant simplement, ou ous | bien s'il envoyerait ces gens-là au pays des asmes. C’est les ainsi qu'ils parlent : enfin il se détermina à cette dernière , et résolution; néanmoins, en donnant la vie aux deux femmes, de 1 comme par un espèce de mépris, en les regardant indignes en- de sa colère.
des Il commença par 1:s attacher toutes deux ensemble, se ; prévenu qu'il estait, qu'ayant la teste plus petite que les ne hommes, elles devaient estre bien ivres, et r'us diffes, ciles à réveiller. Il les lia donc ainsi, ensuite il prit en ent, main deux gros tisons enflammés, avec lesquels il regarda res : la contenance de ces gens-là, et ne doutant plus de leur ue sommeil, il s'arma d’une forte hache, avec laquelle il les
nb, ; salua chacun, les uns après les autres, d'un grand coup sur la teste, et cela d’une vitesse extraordinaire, de façon
er à p ‘ ‘ la que celuy qui remuait le pr. ‘1ier était servy de deux ou eur trois coups de hache qui le mettaient à mort, il acheva
ainsi cette boucherie, et l'expédition entièrement finie, il voulut réveiller les deux femmes, toutefois, sans leur faire È ds | aucun mal; mais il ne put jamais y parvenir : ainsi, étant Ë ssés | lassé de les tourmenter, il prit le parti de passer la nuit à À fumer sa pipe, à la vue d’un si horrible spectacle,
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Le lendemain matin, au réveil de ces deux dames sauvagesses, il ne manqua pas de leur faire ape:cevoir qu'elles estaient veuves, et devenues ses esclaves, et enfin qu'il leur accordait la vie, à conditin qu'elles pur1eraient témoignage à la vérité : conditions qu'elles accordèrent avec toute la résignation possible; mais au surplus, elles sçavaient bien que cette scène sanglante n'estait pas encvre finie, et qu'il y manquait la dernière couche du portrait de linhumanité, Il est bon, mon cher frère, que tu apprennes que, quand ces gens-là ont tué quelqu'un sur la place, ils en apportent toujours ia preuve, qui est, selon eux, un trophée qui prouve au juste leur valeur et leur courage; cette indigne marque est la chevelure hunaine qu'ils enlèvent aussi facilement de dessus la teste d’un mortel, qu'on peut faire la peau d’un lapin. Ils coupent la peau de la teste jusqu'à l’os en commençant au milieu du front, en tournant la main par derrière L. l'oreille en suivant de mesme jusqu’à l'endroit où ils ont À commencé, et après quelqu'effort de main pour commen- è cer à découvrir le crâne, ils posent la teste à la renverse ‘ sur leurs genoux, et sans quitter cette peau, elle vient aussi facilement qu'un gand qu'on veut tirer de la niain ; après quoy, ils la cousent autour d’un petit cercle d’ozier, la préparent et la passent du costé où il n'y a point de cheveux, tout aussi facilement qu'ils frnt d’une autre neau de quelqu'animal, et pour finir cet horrivle chef-d'œuvre de cruauté, ils les peignent ensuite avec du vermillon, et étant attachées à ds cercles d’ozier, comme je viens de le dire, ils les mettent au boui d’une grande baguette de dix à dou:e pieds de haut.
Pour en revenir à notre vainqueur, après qu’il eut employé le temps qu'il fallait à tout cela, i prit d'une main ces chevelures, et de l’autre, les deux femmes liées ensemble, qui ne se faisaient pas prier de marcher ; il les mena ainsi jusqu'aux portes de Montréal, où s’estant Î arrêté suivant l'usage ordinaire, il fit des cris de mort au | nombre de huit, pour faire voir quil rvait occis huit i
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" Al hommes, suivant la preuve qu'il en avait en mairs. LE ; A ces cris, chacun s’empressa de courir au-devant de de U luy, croyant qu'il y avait beaucoup de guerriers qui arri- « ke vaient : en quoy l'on fut bien surpris et trompé quand on
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vit Dubosq seul. Je ne fus pas un des derniers à aller à sa rencontre, et comme je le connaissais particulièrement, je l'aborday avec une joye extrême, en luy marquant, avec étonnement la part que je prenais à sa victoire, et au bonheur qu'il avait eu de se sauver d'avec les plus cruels homn:es du monde, de qui i! ne pouvait a‘tendre que des tourments inouiïs; je ne le quittay point jusques chez le gouverneur, où il entra, avec un air majestueux, tenant d'une main huit grandes baguettes au bout desquelles pendaient huit longues chevelures, et de l’autre ses deux prisennières qu’il faisait marcher devant, attachées comme des enfans que l’on mène par la lizière.
Monsieur de Callières le reçut foit favorablement, et écouta son récit avec autant d'admiration que d'étonnement, d'autant qu'il le fit en français fort éloquemment pour un homme demy sauvage, et dans les termes les plus naturels qui se puissent exprimer. Ensuite il fut recevoir deux cent quarante livres, en marchandises, qui est à raison de trente livres que l’on paye ordinairement pour chaque chevelure que nos sauvages apportent.
Je t'embrasse avec la plus pure amitié qu'on puisse porter à un bon frère comme toy.
AVRIL
Le 2—A Montréal, entr'autres familles frappées par le terrible fléau de la petite vérole, on compte mesdames DeGalifet,” DeV'ledonné,® et Testard,® qui sont inhumées le même jour.
Dans les registres de la paroisse de Sainte-Famille, on trouve la note suivante à l’eccasion du fléau de la picote : “ Grassante Boû, sive Pabula, in e regione, ii omnes fatis occubuere eo morbo infecti”
JUILLET
Le 24.—Port-Royal avait pour lieutenant-général, M. Mathieu DeGoutin.
rl Ca’herine Aubert, âgée de 21 ans, épouse de François de Galifet, l‘euteuant du
(2) Marie Damours, âgée de 28 ans, épouse d'Etienne de Viliedonné, aide-major de Québec, (3) Marguerite Damours, sœur de la précédente, âgée de 26 ans, épouse de Jacques Testard de Montigny, capitaine de 1a marine et chevalier de Saint-Louis.
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