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ÉTAT DE L'ÉGLISE DU CANADA, APRÈS LE TRAITÉ DE

L'ordination du Père Jean-Baptiste Pétrimoulx, fut la dern‘‘-e conférée sous le régime français. Elle avait eu lieu € ©® Près de huit ans s’écoulèrent pendant lesquels a. jeune lévite ne reçut l'ordre de la prêtrise en Lada. Quelques jeunes Canadiens, passés en France, y furent oidonnés et revinrent se dévouer au service des missions Canadiennes.

L'évêque de Québec, qui ne prit possession de son siége épiscopal qu'en 1766, ne voyait pas sans douleur son vaste diocèse réduit à un très petit nombre d’ecclésiastiques. La source d’où lui étaient venus près des deux tiers de son clergé, se trouvait désormais étrangère. Les ordres religieux des Jésuites et des Récollets se trouvaient supprimés. Le diocèse par lui-même ne pouvait fournir que peu de sujets pour réparer toutes ces pertes, et les besoins spirituels se faisaient ressentir davantage, après les malheurs de la guerre. Que restaitil à faire ? appeler des prêtres de France au secours du diocèse. ..... Pendant trente ans, on fit des efforts incroyables pour parvenir à ce but, sans pouvoir surmonter la résistance invincible qu'y opposait le gouvernement Britannique‘,

Pour lever cet obstacle il ne fallut rien moins que la Révolution Française. Elle fit voir ce qu’il fallait penser

(1) Un mémoire des catholiques de la Province de Québec, fut présenté en 1783 à la Cour de Londres, demandant avec instance qu'il fût permis à l'évêque de Québec de faire venir des sujets ecclésiastiques d'Europe,

des ecclésiastiques Français; combien ils étaient attachés aux bons principes, et ennemis de la nouveauté. Alors, en 1793 et depuis, tout prêtre Français muni d’un passeport, portant la signature d’un des secrétaires du Roi, fut reçu à Québec, sans la moindre difficulté.

C'est ainsi que le Canada s'enrichit des dépouilles de l'Eglise de France, et eut le double avantage et de donner asile à des malheureux, et de se procurer des sujets éprouvés par la persécution. Plus de trente prêtres Français sont ainsi venus partager les travaux des missionnaires Canadiens.

Les documents qui suivent, nous renseignent sur les démarches faites À cette occasion, par l'évêque de Québec, Monseigneur Briand :

“A l’'Honorable WiLLram SMITH, | Juge-en-Chef, à Québec.

“Monsieur,—J'ai l'honneur de vous transmettre, et, par vous, à Son Excellence et au Conseil, mon opinion touchant les moyens de favoriser l'accès et l'établissement des émigrés Français en Canada. La conduite pleine d'humanité et de générosité que le gouvernement Britannique tient à leur égard, est un de ces motifs puissants qui doivent leur concilier la bienveillance de tous les cœurs sensibles. Uni, comme je le suis, à la plupart de ces illustres exilés, par les liens d’une même croyance et d’un même sacerdoce, je me crois particulièrement obligé de leur procurer de l'assistance en tout ce qui dépend de moi, et J'aperçois, monsieur, avec bien de la consolation, que vos dispositions personnelles ne leur sont pas moins favorables. C'est dans le concours de nos efforts réunis avec ceux d'un gouvernement libéral et magnifique, que ces victimes de leur attachement à leurs anciens principes doivent espérer de trouver enf1 le calme et le repos, après les tempêtes violentes qui les ont malheureusement dispersées.

“ J'ai l'honneur,

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