‹ A travers les régistres [microforme]Chapitre 97 sur 121 · JEAN-FRANÇOIS · texte numérisé non relu

JEAN-FRANÇOIS

« Evêque de Québec.

“ Québec, le 16 avril 1793.

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“OPINION DE L'EVÊQUE DE Quérec sur les moyens de subvenir en Canada à la subsistance et à l'établissesementdes ecclésiastiques et des nobles que la révolution de France a forcés de s’expatrier, et qui paraissent désirer un refuge en ce pays, humblement soumise à la considération de Son Excellence le Lieutenant-Gouverneur de la province du Bas-Canada, et du Conseil de Sa Majesté.

‘“ Son Excellence, et le Conseil peuvent être persuadés qu’en tout temps et en toute occasion, l'évêque de Québec, justement attendri sur le triste sort des Français émigrés, fera tous efforts et usera de toute son influence pour adoucir, à ceux qui se réfugieront en ce pays, le malheur de leur expatriation.

“S'il ne s'agissait que de pourvoir à la subsistance d'une centaine d'ecclésiastiques Français, il n’hésiterait pas à prendre sur lui de les placer, d’hui à un an, dans différents endroits du diocèse, où ils auraient le double avantage et de subsister et de se rendre utiles aux peuples, par l'exercice de leurs fonctions sacerdotales. Il est pareillement à présumer qu'un petit nombre de familles émigrées trouveraient, dans la générosité des habitants du pays et dans leur propre exertion, des ressources promptes et suffisantes.

“ Mais comme il est probable qu'un nombre beaucoup plus considérable d’ecclésiastiques et de familles Françaises aborderont à Québec, dans les premiers mois de la navigation prochaine, il devient indispensable à la Province de prendre des mesures plus étendues, tant pour les accueillir d'abord sans se surcharger, que pour les établir ensuite d’une manière solide et durable.

‘ Quant au premier de ces deux objets, il est important de répandre ces émigrés dans les différents endroits de la Province, dès le moment de leur arrivée; la ville la plus peuplée de ce pays n'étant pas capable de nourrir, pendant huit jours, trois ou quatre mille étrangers, sans courir les risques de s’affamer elle-même. Or voici un moyen de les répandre promptement qui ne serait probablement pas sans succès.

“ L'évêque, en réclamant par une lettre-circulaire la charité des curés de son diocèse en faveur des émigrés

a A assumer»

Français, peut les prier de lui faire savoir immédiatement combien ils pourraient en recevoir dans leurs paroisses respectives, soit enles logean: dans leurs propres maisons, ou dans celles des Seigneurs, ou dans une maison commune, qui serait louée à cet effet, ou enfin chez les particuliers. Il y aurait peu de paroisses qui n’en pussent accueillir une dizaine, d'autres pourraient en recevoir vingt, d'autres quarante, et d’autres peut-être davantage, suivant les facultés et la bonne volonté tant des Seigneurs et des curés, que des tenanciers et des paroissiens. On pourrait également, soit par une quête, soit par une souscription dans chaque paroisse, leur procurer les meubles les plus nécessaires,

“Chacune des deux villes de Québec et de Montréal peut, de la même manière, et à la faveur d’une pareille souscription, loger un ou deux cents réfugiés, et les Trois- Rivières, cinquante, surtout avec le concours des apparments qu'offrent plusieurs communautés presque désertes.

“Il paraîtrait plus convenable que les hépitaux de ces trois villes fussent réservés pour donner retraite aux malades, qu'il ne peut manquer d'y avoir dans un tel nombre de personnes, à la suite d'une navigation longue et peut-être malsaine.

“ Outre les quêtes, et souscriptions que l'on tâchera de procurer dans les campagnes pour porter le plus prompt secours aux émigrés Français, qui y seraient respectivement envoyés, il paraît tout-à-fait nécessaire de former incessamment, dans chacune des deux principales villes de la Province, un bureau ou comité, chargé de préparer les voies à la réception de ces exilés, de les accueillir, de les diviser par bandes, de faciliter leur transport dans les différentes paroisses, où ils seraient attendus; et pour cet effet, d'ouvrir immédiatement une souscription et de presser, en leur faveur, la libéralité des citoyens de ces deux villes. L’Evêque de Québec, en épargnant sur ses modiques revenus, offre cinquante guinées pour sa part dans une telle souscription.

“ En supposant que les mesures suggérées ci-dessus eussent le succès que l’on en désire, les émigrés Français pourront, pendant quelques semaines, se délasser tran-

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