LE CAOUTCHOUC
L'un des principaux États de l'Amérique centrale se divise en trois zones longitudinales. La zone
lOS A TRAVERS LES TROPIQUES.
occidentale sur les rives du Pacifique est une terre fertile, une riche terre qui produit en abondance toutes les plantes des tropiques. La zone centrale est une savane, un pâturage oîi çà et là on cultive le maïs et la canne à sucre. Dans la zone orientale jusqu'aux bords de l'Atlantique, tout le sol est couvert de grands bois. Il y a là des arbres qui s'élèvent sans un nœud, sans un branchage, jusqu'à 100 mètres de hauteur, là le bois de rose, l'acajou et le colossal cèdre, là les arbres médicinaux: le copayer, l'ipécacuanha, et les arbres à résine, le copal, le caoutchouc.
Les anciens habitants de l'Amérique connaissaient le caoutchouc. Les Mexicains en faisaient des balles, qu'ils appelaient dans la langue des Aztèques idli. De là le nom d'ulleros par lequel les Espagnols désignent ceux qui sont employés à la récolte de cette résine. Au Brésil elle est produite par une sorte d'euphorbier que Ton nomme dans les traités de hoi^nique ^ipltonia elastica . Au Nicaragua on la tire d'une espèce de figuier, FicAis elastica.
On ne trouve plus le caoutchouc si aisément qu'autrefois. Les marchands qui spéculent sur cette denrée enrôlent des hommes vigoureux qui pour un salaire déterminé pénètrent dans les profondeurs de la forêt en remontant avec des canots les rivières.
Quand un de ces ulleros découvre un des arbres
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qu'il cherche, il grimpe à son sommet à l'aide des lianes qui l'entourent et y fait de distance en distance une incision. Par là décovle un liquide blanchâtre comme du laii, qui en séchant se durcit, se brunit et forme le caoutchouc. Dans ces incisions, de gros scarabées viennent pondre leurs œufs et l'arbre périt. D'un llguier élastique de 1 m. 60 de diamètre on tire environ vingt gallons^ et chaque gallon donne deux livres et demie de caoutchouc.
Malgré les difficultés, le commerce de cette si utile production s'accroît constamment.
D'une année à l'autre, on l'a vue doubler de valeur dans le petit port de Don Juan de Nicaragua.
(Thomas Belt. The naluralist in Nicarar/ua.)
ABDOUL KADIR