‹ A travers les tropiquesChapitre 49 sur 87 · LE CAOUTCHOUC · texte numérisé non relu

LE CAOUTCHOUC

forêts grandissent et fleurissent librement en pleine terre. Çà et là, le sol est couvert d'une quantité de fleurs jaunes, rouges, blanches, qui exhalent un suave parfum. Elles viennent des arbres gigantesques dont on n'aperçoit pas la cime aérienne. Çà et là, entre deux bordures de mousse et de fougère, coulent de frais ruisseaux où les oiseaux viennent boire. L'oiseau-mouche s'élance comme une flèche, plane un instant dans l'air avec ses ailes d'or, de pourpre, d'émeraude, puis disparaît comme un rayon de lumière.

On ne voit point dans ces forêts des tropiques les teintes jaunes et brunes de nos bois au retour de l'automne, ni le sommeil de l'hiver, ni l'éclosion du printemps. L'éternelle humidité du sol, l'éternel été de l'atmosphère produisent dans ces forêts une éternelle verdure et une prodigieuse variété de végétaux. Nous ne voyons point ici des groupes d'arbres de même espèce, comme nos chênes, nos hêtres, nos sapins. Ici chaque plante touche à une plante d'une autre famille, et il semble que, dans une rivalité puissante, chaque arbre s'efforce de monter au-dessus de son voisin.

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