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Le gallon équivaut à quatre litres

Ton frère doit en avoir quarante, et toi, quarante. Les voici, mon cher enfant, tu t'en vas, je suis vieille, je ne te reverrai pas avant le jugement dernier. Quelle que soit ta situation, promets-moi de ne jamais mentir.

— Je vous le jure»^ reprend le pieux Abdoul Kadir.

Et il part.

Dans un sombre défilé la caravane dont il fait partie est arrêtée par des brigands et dévalisée. L'un d'eux s'approche du jeune voyageur, lui demande s'il a quelque argent, et Abdoul répond : « J'ai quarante pièces d'or cousues dans mon vêtement ^y. Le voleur s'éloigne, pensant que ce garçon plaisante. Un autre vient, qui lui adresse la même queslion et reçoit la même réponse.

On le conduit devant le capitaine, qui s'écrie d'un air narquois : « Eh bien, mon petit bonhomme, quel bijou, quel trésor, avez-vous à nous donner?

— Je l'ai déjà dit à deux de vos gens, réplique Abdoul : j'ai quarante pièces d'or cousues dans mes vêtements. « On le déshabille; et le capitaine, en voyant cet or, lui dit : « Pourquoi donc as-tu révélé ce qui était si bien caché?»

Abdoul répond : « Parce que j'ai promis à ma mère de ne jamais mentir.

— Ah! s'écrie le chef de brigands avec une vive émotion, comment à ton âge as-tu si bien le sentiment du devoir envers ta mère, et moi, misérable,

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