LE PIGEON DU CAP
j'ai oublié mes devoirs envers Dieu. Mais c'en est fait, .donne-moi ta main, mon enfant. Par cette main innocente je jure d'expier mes crimes et de rentrer dans la bonne voie. «
Ses compagnons, saisis d'un même sentimentde repentir, s'écrient : « Nous suivrons ton exemple. Comme tu nous as conduits au mal, tu nous conduiras au bien. »
xVinsi par l'accomplissement d'une honnête promesse, soixante brigands furent convertis.
{Sketches of Persia.)
LE PI G Eux DU CAP
Dans le cours d'un long voyage, lorsque pendant plusieurs mois on ne voit que la mer et le ciel, si tout à coup apparaît quelque objet nouveau, il attire le regard et occupe la pensée. Quelquefois c'est un pétrel qui vole comme une hirondelle, tournoie en différents sens, et se plaît à jouer avec les flots; quelquefois un autre oiseau qu'on appelle le paille-en-queue, qui avec un cri perçant comme celui du faucon semble, comme le messager du soleil, souhaiter la bienvenue aux voyageurs à leur arrivée sous les tropiques. Il plane un instant au haut des mâts, puis pousse encore un cri et disparaît.
Parfois c'est une troupe de souffleurs qui passe et repasse en bondissant, parfois une baleine qui fait un grand bruit par la masse d'eau qu'elle déplace en s'élevant à la surface des vagues; parfois c'est un requin affamé. Il suit le navire, espérant en obtenir une proie. Mais il se laisse prendre lui-même à Tamorce qu'on lui jette, et, lorsqu'on l'a péniblement transporté sur le pont, il est affreux à voir avec les secousses de sa queue formidable dans ses dernières convulsions. Les matelots le dépècent et en font de bons repas.
Mais ce qui plaît au marin, c'est l'oiseau qui l'accompagne sur un espace de plus de mille lieues, jusqu'au cap Horn ou au cap de Bonne- Espérance, et lui annonce tantôt le calme et tantôt la tempête.
Cet oiseau, que les Français appellent ramier, les Anglais pigeon du Cap, les Portugais pintade, c'est le pétrel du Cap, Procellaria capensis.
Doué d'une merveilleuse puissance d'essor, il vole du matin au soir, et quelquefois pendant la nuit le long du navire, se plongeant parfois dans les flots, qui semblent l'engloutir, puis se relevant tout à coup et se jouant de la tempête.
La vie de ce pétrel, dont on se plaît à voir les gracieuses évolutions, est un mouvement continu, une chasse incessante. L'hirondelle a dans lejour ses heures de repos, et le soir se retire dans son nid.