LE FLEUVE DES AMAZONES
a une longueur de 3400 kilomètres ; le Danube, de 2 790; le Rhin, de 1400; la Seine, de 800; la Tamise, de 400.
Dans l'Amérique du Nord est le Mississipi, découvert par un missionnaire français, le Père Marquette, exploré par un gentilhomme français, G. de la Salle. Avec le Missouri, dont il est la continuation, il a 700 kilomètres de longueur.
Dans l'Amérique du Sud est TAmazone, aussi long et plus large. l'Amazone, le plus majestueux, le plus beau fleuve du monde. Il descend d'un lac des Cordillères, qui est à la limite des neiges, à 4 500 mètres au-dessus du niveau de la mer, près des mines d'argent de Cerro de Pasco. A 2 800 kilomètres de son embouchure il a 6 mètres de profondeur et 4 kilomètres de largeur. Puis il est rejoint par le rio Negro, qui descend des montagnes du Venezuela par le gigantesque Madeira, et alors d'une de ses rives on ne peut distinguer l'autre. Plus loin, après sa jonction avec le Para, il est aussi large que la mer Baltique. De l'Apourimac jusqu'à l'Atlantique il parcourt un espace de 7200 kilomètres, et dans les flots de l'océan, oi^i il se jette par une immense embouchure, on reconnaît l'action de son eau fraîche jusqu'à 100 lieues de distance.
La plus grande partie de la magnifique province à laquelle il donne son nom est encore inexplorée. On ne connaît guère que les terrains
qui avoisinent ses lacs et ses rivières. Quelques Indiens seulement, quelques chasseurs, quelques intrépides naturalistes ont pénétré dans les profondeurs de ses forêts vierges, de ses vallons, de ses montagnes inhabités.
QUETZACOATL
A Gholula, Tune des plus anciennes villes du Mexique, s'élève un monument religieux qui jadis attirait chaque année une quantité de pèlerins. Le temps l'a revêtu d'un amas déplantes sauvages qui lui donnent l'apparence d'un agreste monticule. C'est une pyramide quadrangulaire, comme celles d'Egypte. Elle a 177 pieds de hauteur et 1 400 pieds de largeur à sa base : on n'en compte que 700 à la fameuse pyramide de Chéops.
Au-dessus de cet édifice, jadis était un temple consacré à Quetzacoatl, le dieu de l'air, l'une des plus aimables images de la mythologie des Aztèques, ces habitants primitifs du Mexique.
Elle était aussi poétique et plus morale que celle de la Grèce, la mythologie de ces peuplades auxquelles on a si souvent accolé l'épithèle de sauvages. Les Aztèques croyaient à l'immortalité de l'âme, aux peines et aux récompenses de l'existence terrestre dans une autre sphère. Ils
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croyaient que ceux qui avaient commis de mau vaises actions seraient pendantdes milliers d'années plongés dans les ténèbres; que ceux qui n'avaient fait ni bien ni mal revivraient sans agitation et sans joie dans une sorte de perpétuelle somnolence. Mais les cames des héros qui tombaient sur le champ de bataille, ou des hommes généreux qui se sacrifiaient à une noble cause, étaient transportées près du soleil. Elles l'accompagnaient en chantant et en dansant sur sa route à travers le ciel, puis elles animaient de grands nuages d'or, ou des oiseaux d'une éclatante beauté, et se délectaient dans les fleurs et les parfums des jardins du paradis.
Les Aztèques croyaient à l'omnipotence d'un Dieu suprême, créateur de l'univers, et l'invoquaient pieusement. Mais ils avaient un grand nombre d'autres dieux : les dieux des bois et des montagnes; les dieux des saisons, le dieu du foyer, le dieu de la guerre et le dieu particulièrement aimé et béni, Quetzacoatl.
C'est à celui-là qu'ils devaient le plus précieux enseignement. Par lui ils avaient appris à construire des maisons, à cultiver la terre, à forger les métaux. Ils lui devaient leur prospérité. Par son pouvoir, les champs produisaient des récoltes merveilleuses. Le maïs renfermait tant de grains qu'un seul épi faisait la charge d'un homme; l'air était embaumé parles plantes fleuries, et de toutes
paris résonnaient des chants joyeux. C'était l'âge heureux, l'âge d'or de cette lionnête nation.
Un jour, par suite d'un conflit avec quelques autres dieux, Quetzacoatl résolut de quitter le pays. Chemin faisant, il s'arrêta à Cholula, où il avait un si beau temple, et il dit à ses fidèles adorateurs qu'un jour il reviendrait près d'eux, ou leur enverrait ses descendants. Puis il se dirigea vers le bord de la mer, s'embarqua sur un navire fait avec des peaux de serpent et disparut.
De génération en génération les Aztèques conservèrent son culte. Ils glorifiaient sa mémoire; ils attendaient son retour. La tradition le représentait comme un grand bel homme, qui avait les cheveux noirs, la peau blanche et une longue barbe. Cette tradition du Dieu aimé et la croyance à ses promesses aidèrent puissamment les Espagnols dans leur invasion.
Aux yeux des naïfs Aztèques, Fernand Cortez apparut comme l'envoyé de Quetzacoatl, et il fut accueilli avec un profond respect. « En arrivant près de Cholula, dit Bernai Diaz, le ponctuel historien de la conquête du Mexique, nous vîmes venir à notre rencontre les caciques, les prêtres et un grand nombre d'autres Indiens. La plupart étaient revêtus d'un costume en coton imitant les marlottes moresques. Ils nous abordèrent de l'air le plus pacifique et avec les meilleurs témoignages de bon vouloir. Les prêtres avaient des cassolettes