CURIOSITES D HISTOIRE NATURELLE
V arbre du paradis
Un vrai prodige de végétation. Il y a sept de ces arbres à Veraynos, dans l'Amérique centrale. Chaque arbre porte une seule fleur, d'une éclatante blancheur. Lorsqu'elle s'épanouit, elle a la forme parfaite d'une colombe dont les ailes sont dé-ployées, dont la tête se lève vers le ciel, et elle exhale un arôme que l'on sent à plus d'un quart de lieue de distance. Chaque année, à une époque régulière, ces arbres se flétrissent du haut en bas, et versent sur le sol quelques grains, d'où ils renaissent comme le phénix de sa cendre. Ils croissent sur le domaine d'un Espagnol, sur un espace d'environ un demi-mille. On ne peut les transplanter.
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ni par semences, par boutures, par greffes, ni les reproduire ailleurs.
Migration des plantes
Les plantes ne restent guère immobiles. Leurs germes sont enlevés et dispersés par les vents, par Ja laine des moutons, par les vêtements de l'homme, par les plumes des oiseaux. On a apporté de l'Asie, dans les régions de l'Occident, la pomme, la poire, l'abricot, la pêche. Les céréales se sont répandues dans le monde entier, de telle sorte qu'on ne sait d'où elles sont parties. Les courants d'air emportent avec des semences de fleurs des œufs d'insectes et des infusoires. Un savant naturaliste a mis des plaques de verre bien nettoyées entre les vitres d'une double fenêtre. Par d'imperceptibles crevasses le vent les a en quelques mois recouvertes d'une fine poussière. Dans cette poussière, en apparence inerte, on a découvert avec le microscope le pollen de huit plantes distinctes, les œufs de quatre infusoires et plusieurs insectes vivants.
En Australie
En Australie il y a, pour le tourneur et l'ébéniste, des bois d'une force et d'une beauté singulières, des bois teintés et aromatiques, entre
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autres une espèce d'acacia [Acacia Jiomalophylla) qui est très dur et qui a une délicieuse odeur de violelles. II n'a pas plus d'un pied de diamètre. Mais on en fait, comme de l'acajou et du palissandre, des plaques avec lesquelles on façonne des meubles de luxe charmants.
En Australie, M. Muller, le botaniste de Victoria, a découvert des arbres plus grands que le fameux Wellingtonia gigantea de la Californie. Ils sont plus grands et plus minces et par là plus gracieux. On a abattu un de ces arbres qui n'avait que 97 centimètres de diamètre, 97 mètres de hauteur jusqu'à ses premières branches et 22 au dessus. On en a abattu un autre qui de sa base à sa cime n'avait pas moins de 130 mètres.
Le guarana
C'est un fruit du Brésil nouvellement importé en Europe. On le sèche, on en détache la peau, on le pile, on en forme des rouleaux comme des bâtons de chocolat et l'on en fait un aliment très savoureux que ni la chaleur, ni l'humidité ne détériorent. En y jetant de l'eau fraîche, on le transforme en une agréable boisson. Mais on dit que l'usage de ce fruit si attrayant peut avoir de fâcheuses conséquences. Il produit l'insomnie et altère les facultés digestives.
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D'où vient h bois
Un naturaliste curieux de savoir ce qui nourrit le bois a pris une masse de terre, Ta fait sécher au four, puis l'a remise dans un large vase, l'a arrosée avec de l'eau de pluie, et y a planté un saule qui pesait 5 livres. La terre en pesait 200. Pour que rien n'y fût ajouté, on la recouvrit d'une plaque de métal percée de petits trous par lesquels l'air seul pouvait pénétrer. Régulièrement le saule fut arrosé avec de l'eau pure. Au bout de cinq ans on l'enleva, on le mit sur une balance : sa pesanteur s'était accrue de 164 livres. La masse de terre qui le contenait fut de nouveau séchée au four et pesée : elle n'avait perdu que deux onces de son poids primitif. Comment le petit arbuste avait-il acquis ses 164 livres? Il est aisé de démontrer que ce n'est point par l'eau. C'est donc par l'air.
Ainsi ces immenses forêts de l'Amérique du Sud, c'est de l'air. Ces énormes pièces de bois que nous employons à la construction de nos navires, ces poutres qui soutiennent nos lourdes toitures, ce parquet sur lequel je pose le pied, cette table sur laquelle j'écris, c'est de l'air. Étrange vérité !
Le microscope Avec le microscope on peut voir des cavités dans
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un grain de sable, et divers insectes vivant dans ces cavités. Les infiniment petits ! quelles incroyables merveilles! Dans une moisissure il y a une forêt de beaux arbres avec leurs feuilles, leurs fleurs, leurs fruits. Chacun de nos cheveux est un tube parfaitement formé. Notre corps est couvert d'écaillés comme celui des poissons, et chacune de ces imperceptibles écailles couvre cinq cents pores. Chaque goutte d'eau stagnante renferme un monde d'animalcules qui nagent là comme des baleines dans la mer. Sur chaque feuille d'arbre sont des troupeaux d'insectes qui paissent là comme des bœufs dans une prairie.
Une tradition indienne rapporte qu'un grand nombre d'hommes malfaisants ont été jadis transformés en singes et condamnés à vivre perpétuellement dans les bois. De là, pour cet animal, une sorte de crainte superstitieuse mêlée de pitié. On croit que le singe agit, non point par instinct, mais par raison. On dit qu'il faut le ménager et qu'on peut avoir de bons rapports avec lui. Mais, si on l'offense, c'est un ennemi redoutable. Les cultivateurs indiens qui demeurent près des forêts réservent dans leurs terres un champ pour la
peuplade de singes qui vit près d'eux, et y sèment la graine qui lui plaît. Grâce à cette précaution, ils peuvent continuer en paix leur travail : la féroce peuplade ne touchera point à leurs récoltes. Le singe leur rend aussi parfois d'importants services. Il fait une guerre acharnée aux serpents. Dès qu'il aperçoit un de ces reptiles, il se met en embuscade, le surveille attentivement, puis tout à coup se précipite sur lui, le saisit par le cou avec sa main osseuse et lui brise la tète en la frappant à coups redoublés sur un arbre ou sur un roc. Quand la venimeuse bête est morte, il pousse un cri de joie et se met à gambader comme un enfant.
Les Indiens racontent plusieurs histoires de singes qui prouveraient que cet animal a vraiment la faculté de la réflexion et du raisonnement. En voici une entre autres.
Un Hindou du district de Muttra revenait d'une ville où il avait pendant de longues années exercé la profession de marchand. Il voyageait à pied, seul, portant sur lui toute sa petite fortune, divers ornements en or et en argent, à son cou, sur ses bras, quelques roupies et une cinquantaine de pièces d'or enveloppées dans son turban. Il retournait vers son pays natal et se réjouissait d'aller là jouir en paix du fruit de son travail. Un jour il arrive près d'un lac entouré de grands arbres qui étendent sur ses eaux leurs longues branches. Il était fatigué, il s'arrête, se dépouille de ses vêtements, se
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l)aigne, puis revient s'essuyer au bord du lac, lire de sa corbeille ses provisions de voyage, et les croque gaiement. Quelques singes qui demeuraient dans le voisinage s'approchent de lui, et le regardent comme s'ils désiraient prendre part à son festin. Mais il ne daigne pas s'occuper d'eux, et, son repas fini, il s'en va de nouveau vers le lac pour nettoyer ses ustensiles de cuisine. Les singes, alors irrités de son indifférence, s'emparent de sa ceinture, de son turban et les emportent sur les arbres. L'Hindou, se voyant ainsi dévalisé, pousse un cri lamentable et élève vers les voleurs ses mains suppliantes. Mais ils se raillent de sa douleur. Ils ont déroulé le turban et ils s'amusent à jeter l'une après l'autre les pièces d'or dans le lac. Le pauvre homme, ruiné, désespéré, s'en va au village voisin raconter son désastre et demander conseil. On lui dit qu'il a eu tort de se montrer si inhospitalier envers les singes, et qu'il ne peut songer à repêcher son trésor. Le lac est profond et rempli de crocodiles. « Ah! s'écrie-t-il alors avec un accent de rage, s'il en est ainsi, je me vengerai. »
Avec un des ornements qu'il porte à son cou, il achète tout ce qui lui est nécessaire pour confectionner un certain nombre de galettes, très appétissantes par leur teinte de beurre frais, et pleines d'arsenic. Il étale sous un arbre cette belle pâtisserie, puis se retire à quelques pas de distance. Les singes, qui observent tous ses mouvements, ne
tardent pas à prendre le buLin qui leur est livré : ce Allez, allez, leur dit-il, scélérats que vous êtes, vous m'avez volé, vous serez punis», et dans son infortune il savoure la joie de la vengeance. Mais, un instant après, que voit-il? Ces abominables singes, ses bourreaux, sautillant et mangeant' gaiement leur galette avec des feuilles vertes qu'ils ont élé cueillir. Ces feuilles vertes anéantissent l'efTet du poison.
Près de Moïse, le grand prophète, demeurait un pauvre brave homme qui gagnait sa vie à couper et à fendre du bois pour les riches. En travaillant constammenl, il ne gagnait qu'un sol par jour, et il n'avait que cela pour subvenir à ses besoins et à ceux de sa femme. Un matin, connue il allait à sa besogne, il rencontra Moïse et lui dit : « Dès ma naissance j'ai vécu misérablement, et je vivrai peut-être encore longtemps dans la même misère. .Je voudrais que Dieu me donnât à la fois en un instant tout ce que je puis gagner par mon labeur jusqu'à la fin de mon existence- Je pourrais ainsi jouir d'un jour de fortune, et le lendemain je mourrais. Youlez-vous, ô grand prophète, demander pour moi celte grâce à Dieu?
— Je le veux bien », répliqua Moïse, et il adressa à Dieu la supplique du bûcheron, et Dieu lui répondit : « Cet homme a encore de nombreuses années à vivre; mais, s'il veut y renoncer pour un jour de richesse, dis-lui cfue son vœu est accompli. Demain matin il trouvera dans le petit tapis sur lequel il s'agenouille pour faire sa prière tout l'argent qu'il aurait gagné par son labeur en un long espace de temps. »
Le lendemain, en effet, le pauvre bûcheron contemplait émerveillé la somme d'argent déposée dans son tapis par une main invisible. 11 dit à sa femme ce qu'il avait fait. Elle approuva sa résolution. Après ses longues misères, elle abandonnait volontiers comme lui le reste de sa vie pour un jour de richesse. Mais l'un et l'autre voulaient avec cette richesse accomplir une religieuse obligation : ils voulaient employer la meilleure part de leur trésor au soulagement des pauvres. Ils achetèrent d'amples provisions, les apprêtèrent de leur mieux et les distribuèrent avec un bon regard et une bonne parole à une quantité d'indigents.
Après cet acte de bienfaisance ils se disposaient à savourer une des jouissances du riche, à faire à eux doux un bon repas, et voilà qu'au moment où ils s'asseyaient à table, un vieillard infirme s'avance vers eux et d'une voix plaintive s'écrie : « J'ai entendu proclamer votre généreux festin, et
j'arrive trop tard; mais j'ai faim, ne pouvez-vous me donner encore quelque chose? Dieu protège fceux qui sont charitables. »
Le bûcheron et sa femme pensèrent qu'ils pouvaient bien, pour apaiser une souffrance, se priver de la moitié de ce qu'ils avaient réservé pour eux-mêmes. Ils donnèrent amicalement cette moitié au vieillard, qui s'éloigna en les bénissant, et ils se remirent à table, heureux d'avoir fait encore celte bonne œuvre ; et voilà qu'un autre malheureux s'approche et leur dit qu'il n'a pas mangé depuis deux jours, et sollicite en gémissant leur pitié. Le bûcheron, attendri jusqu'aux larmes, regarde sa femme. Elle est émue comme lui. Tous deux pensent qu'à leur dernière heure ils n'auraient pas la conscience tranquille s'ils aimaient mieux s'accorder une satisfaction matérielle que de soulager une vraie misère, et gaiement ils donnèrent au mendiant tout ce qui leur restait pour leur dernier dîner. «Nousjeûnerons, se disaient-ils, mais notre jeûne ne sera pas long, puisque nous devons mourir demain. »
Le lendemain, le bûcheron s'éveille à l'heure habituelle, et fait sa prière matinale. Ce jour-là doit être son dernier jour. Il invoque avec ferveur la miséricorde divine et il dit tranquillement adieu à la vie. Mais tout à coup quelle surprise! En relevant le tapis sur lequel il s'agenouille, il y trouve encore une grosse somme d'argent.
Il croyait que tout était tini, et à ses yeux reluit un trésor comme celui de la veille, et au lieu de sentir le souffle de la mort, il est vigoureux comme la veille, et sa femme est, ainsi que lui, alerte et vaillante. Il court près de Moïse pour lui annoncer cet événement, et le prophète s'en va sur la montagne, où il écoutela parole de Dieu, et Dieu lui dit : « Parce que ces braves gens ont été si charitables, parce qu'ils ont oublié leurs propres besoins pour soulager la pauvreté, ils vivront longtemps et ne tomberont point dans la misère».
[OOservalions on thc Musulmans uf India . by M. Hassam.)