A travers lÉxposition de 1900
Les notes et les notules qui composent ce volume ont paru dans le Journal des Débats. Je les ai prises et rédigées au jour le jour .Aujourd’hui je les livre telles quelles au public.
Des esprits férus de méthode ne manqueront pas de reprocher à ces pages d’être désordonnées et décousues.
C'est mon avis; et, un instant, j’ai songé à classer suivant un plan plus rigoureux et plus logique les impressions que j’ai ressenties et les observations que j’ai faites au cours de mes promenades. Mais comme je suis loin d’avoir tout étudié ni même tout vu dans l’Exposition de 1900, et comme je ne serais jamais arrivé qu’à donner une idée incomplète des merveilles industrielles et artistiques entassées sur les deux
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rives de la Seine, j’ai préféré conserver à ces flâneries leur air d’incohérence et leur allure de vagabondage. Sous cette forme mon livre aura du moins le mérite d’être fait à l’image de l’Exposition même qui fut un miracle d’incohérence, un prodige de désordre. Si le portrait est d’un mauvais peintre, il sera ressemblant. Puis, l’Exposition a duré sept mois ; dans ce laps de temps, sa physionomie a changé ; nos impressions se sont modifiées ; nous sommes revenus sur certaines opinions trop dures ou trop indulgentes; ce qui était désagréable au début est devenu à la longue exaspérant ou tolérable. En laissant à leur date ces jugements divers, je traduis avec plus de sincérité les « états d’âme» successifs d’un badaud de Paris.
Aujourd’hui ia fête est finie, ie déménagement s’achève; la démolition commence. Et sans prétendre prévoir tous les contre-coups que l’Exposition aura sur l’industrie, l’art et la vie sociale de la France, on peut jeter un coup d’œil sur l’ensemble de l’entreprise.
Ecartons tout préjugé politique.
Que, depuis huit mois, les professionnels de
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la politique ont donc été niais! que cette exposition leur a fait proférer de sottises ! Suivant qu'ils étaient convaincus de l’innocence ou de la culpabilité du condamné de Rennes, ils nous conviaient à tout exalter ou à tout vilipender. Jugeait-on qu'il eût mieux valu retarder de quelques jours l’ouverture de l’Exposition et ne pas compromettre le succès d’une entreprise nationale pour la réussite d’une petite combinaison parlementaire, on montrait ainsi un républicanisme de bien mauvaise qualité ; s’avisait-on de trouver une vérirable beauté au décor de larue des Nations, on était un mauvais patriote. Douter du génie de M. Picard, c’était faire le jeu du P. Dulac; se divertir aux danses de la /Feria, c’était montrer trop peu de souci de l’honneur de l’Armée. En déclarant que les architectes de l’Exposition manquaient de goût, on passait pour méditer la restauration de la monarchie; et si l’on avait l’imprudence de témoigner quelque gratitude à l’empereur d’Allemagne ou à la reine d’Angleterre pour la délicate courtoisie avec laquelle ils avaient collaboré à l’Exposition, on était traité de cosmo-
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polite. Un véritable démocrate devait trouver de la grâce et de l’harmonie à la façade du Grand Palais; un bon Français ne pouvait perdre son temps à visiter des Rétrospectives, sauf une seule, celle des Armées de terre et de mer. Les officieux du Ministère avaient pour louer l’Exposition des extases, des effusions et des attendrissements qu’auraient enviés les courtisans de Louis XIV célébrant la splendeur de Versailles ; et de doux nationalistes s’évertuèrent à danser la danse du scalpe autour des passerelles effondrées.
Au commencement, cette double comédie a fait quelques dupes dans le public. Mais le bon sens a vite repris ses droits. Les foules sont venues, séduites par l’attrait du «colossal» et par la promesse d’un divertissement. D’autre part, on ne s’est point gêné pour critiquer librement cette Exposition, parce que, en vérité, elle manquait d’ordre, d’intelligence et de goût.
Après l’Exposition de 1889, je me rappelle avoir, dans de nombreuses conversations, surpris chez des étrangers la stupéfaction que leur causait alors la vitalité de la France. Le spec-
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tacle des agitations puériles des politiciens français les avait trompés, ils en convenaient; et iis étaient émerveillés de tout ce qu’ils découvraient chez nous de sérieux, de goût, de bonne volonté. Les étrangers qui sont venus en 1900 emportent peut-être des impressions moins vives et plus mélangées. La cause principale en est que leur surprise, cette fois, a été moins forte : depuis dix ans, ils se sont accoutumés à la pensée qu’il n’y a aucune relation entre le Gouvernement et la vie de la France, que le sport de la politique est une de nos faiblesses, mais qu’il est sans influence sur les mœurs et les idées de la nation. Cependant, avouons-le, nous avons, comme à plaisir, rendu difficile à un étranger de découvrir à Paris la France, la vraie France. Nous nous sommes appliqués à ressembler à la caricature que tracent de nous ceux qui nous détestent : il y avait trop de danses du ventre aux quatre coins de l’Exposition, et la rue de Paris était le trop parfait monument d’une certaine imbécillité montmartroise. D’autre part, nous avons bâti une Exposition d’une splendeur toute vé-
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nézuélienne et bien propre à faire croire aux visiteurs pressés que la France de 1900 avait perdu ce goût de la mesure, de la délicatesse et de la convenance qui passaient pour la marque de son génie particulier. Nous avons mis contre nous de fâcheuses apparences.
C’étaient seulement des apparences, je le sais. Car jamais on ne vit en France, pour une œuvre commune, pareil concours de talent, de désintéressement et de bonne volonté. Industriels, artistes et commerçants ont rivalisé d’ardeur. Pour s’en convaincre, il suffisait de passer la porte des palais innommables où on les avait logés. Incompétent pour juger les choses de la science on de l’industrie, le passant qui avait de bons yeux pouvait du moins constater à chaque pas la supériorité, l’écrasante supériorité du goût français, maintenant quand môme la recherche du style et la virtuosité de l’exécution au milieu de la camelote presque universelle.
Comme cette supériorité eût été encore plus évidente, si une autorité plus ferme et plus intelligente avait discipliné tous ces efforts,
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si, oubliant leurs mesquines jalousies de concurrents, les exposants français s’étalent moins souciés du succès individuel et avaient, comme d'autres plus habiles, senti l’intérêt général de l’industrie nationale ! Mais nous vivons, si l’on peut ainsi parler, sous le régime de l'anarchie. Nous en avons les bénéfices incertains. Il faut que nous en subissions les inconvénients : ils sont manifestes.
Que de fois, en parcourant l’Exposition, ai-je été obsédé de l'idée que j’avais là, devant les yeux, l'image même de la France continuant sa vie laborieuse et raisonnable en pleine anarchie !
Cette Exposition s’est faite, s’est développée, s’est enrichie toute seule. Elle a réussi, on peut le dire hardiment, malgré ses organisateurs. Ceux-ci ont accumulé les erreurs de calcul, les fautes de goût et les bévues d’administration. Le monde entier a apporté à Paris ses merveilles et ses trésors. On a bâti, pour abriter ces richesses, une ville de fer et de staff où on les a jetées pêle-mêle. Il y avait, paraît-il, dans le principe, un plan de classification; mais il
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n’en est rien resté dans la réalité, sinon un vague semblant de méthode encore plus déconcertant qu’un désordre avoué, car il induisait en de vaines recherches.
Le visiteur qui avait de bonnes jambes et de grands loisirs pouvait sans doute passer de délicieuses journées à battre dans tous les sens ce gigantesque bazar. Il errait au hasard, résigné à toutes les incohérences du spectacle mis sous ses yeux; il passait brusquement de la Scandinavie à l’Extrême-Orient, traversait la Rétrospective du chauffage pour tomber shr les fourgons d’artillerie, découvrait la baignoire de Marat à l’Assistance publique, au milieu d’une collection de vieilles bassinoires, rencontrait les statues de Delphes dans le voisinage des fourmilières, trouvait le casque de Murat parmi les armes de chasse, et des hochets d’enfants dans la Rétrospective de la métallurgie. Il ne se fâchait point de ce pêle-mêle fou, et s’amusait de l’imprévu de chaque trouvaille. Ce paradoxe perpétuel grisait son imagination, et il se plaisait à nigauder à l’aventure, bien décidé à ne rien chercher, puisqu’il était assuré de ne
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en trouver à sa place normale et logique. Celui-là, après une centaine de promenades à l’Exposition, s’est fait une idée à peu près complète de tout ce qu’elle contenait.
Mais le visiteur débile ou pressé, lui, n’a rien pu voir. Pour lui, la leçon des choses, la fameuse « leçon des choses », que devait être cette Exposition, a été perdue. Impossible de comparer les produits d’une meme industrie ou bien d’étudier les expositions d’un même peuple. Pour faire de pareils rapprochements, il fallait sans cesse courir du Champ de Mars aux Invalides et du Trocadéro au Cours la Reine. Ces allées et venues étaient insupportables. Il n’y avait point, dans l’Exposition, un seul moyen de transport qui fût vraiment pratique. Le petit chemin de fer électrique aurait pu rendre quelques services: mais ses stations étaient trop éloignées les unes des autres. Il fallait marcher, toujours marcher. A trois heures de l’après-midi, tous les promeneurs de l’Exposition avaient déjà la mine fourbue.
Beaucoup de. personnes se seraienf>encorc résignées à la fatigue, si on avait pris soin de
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les guider et de les instruire. Mais point de catalogues, point de notices explicatives. A chaque moment on tombait sur une vitrine mystérieuse. Quelques-unes des expositions rétrospectives furent, au bout de plusieurs mois, munies d’étiquettes, mais si rares et si vagues ! Nous étions sans doute heureux d’apprendre le nom du collectionneur généreux à qui nous devions de contempler chacun de ces vieux objets, et il eût été inconvenant de ne point rendre h sa générosité l’hommage d’une petite pancarte. Mais il nous eût été aussi fort utile de savoir la provenance, la date et la destination de l’objet. Tout le monde n’avait pas sous la main un spécialiste pour se faire montrer chaque section de l’Exposition.
Etait-ce l’immensité de l’Exposition qui les décourageait? Etait-ce qu’on n’avait rien fait pour les intéresser aux objets exposés? Etait-ce tout simplement que très peu d’hommes ont le goût ou la faculté de regarder ? Mais la plupart des visiteurs défilaient dans les galeries d’un pas lent, sans une minute d’attention, s’arrê-
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taient au hasard devant une vitrine, la toisaient d'un regard indifférent, puis reprenaient leur morne promenade. D'ailleurs, ils restaient peu de temps enfermés, pressés de se retrouver au grand air, et ils vaguaient parles avenues et les jardins, le nez levé vers les façades, mais, cette fois, avec un semblant d'attention. Ce que le public aura surtout vu de l'Exposition, c’est le dehors. Aussi est-il triste que ce dehors ait été d'une si grande laideur.
Lorsque nous nous indignions de l’architecture extravagante des palais des Invalides et du Champ-de-Mars, on nous répondait toujours : « D'accord, toutes ces pâtisseries sont abominables. Mais ce ne sont là que de simples décors qui vont dans quelques mois s’écrouler. Nous ne les verrons plus. L’esplanade des Invalides sera dégagée, nivelée, ornée de beaux parterres. C'est à peine si dans six mois nous nous rappelerons cet affreux cauchemar. Au Champ-de-Mars, un parc va bientôt remplacer les bâtisses de l'Exposition. Il est donc iiÏYitile de tant invectiver contre les constructeurs de ces palais saugrenus. »
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Je ne crois pas que ces débauches de mauvais goût aient été inoffensives.
Durant sept mois des foules ont défilé devant ces façades et elles les ont regardées; elles n’ont pas pu ne point les regarder. Certaines personnes passeront tous les jours en se rendant à leur travail devant le Louvre ou devant Notre-Dame et resteront néanmoins des années sans lever les yeux sur ces monuments, presque sans soupçonner leur existence. Mais les memes, si elles ne faisaient que traverser l’Exposition, donnaient un regard aux palais, et il y a bien des chances pour que ces palais ne leur aient pas déplu : croyez-en un badaud qui a beaucoup écouté dans l’Exposition les propos des promeneurs:
D'abord, ces édifices étaient tout blancs et tout neufs : cet air de propreté séduit les gens; un jour sur le pont Alexandre III, j’ai entendu des visiteurs déplorer qu'on ait commis la sottise de ne pas gratter les Invalides! Puis, il faut le reconnaître, cette surchage d’ornements, ce délire de sculpture, ce placage de bas-reliefs et de haut-reliefs sans aucune relation avec
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l'architecture, cette profusion de guirlandes, de pilastres, de cassolettes, de fleurs, d’animaux, d'allégories, de balcons, de loggias, de galeries, de clochetons, de minarets et de guérites, cette cacophonie de tous les styles, de toutes les fantaisies et de tous les poncifs, ce mélange de banalités sordides et d’inventions biscornues, toutes ces laideurs et toutes ces folies, enthousiasment les foules, qui confondent le luxe, fûtil en toc, avec la beauté.
Alors on nous demande pourquoi nous nous plaignons : est-ce que ces constructions n’ont pas été élevées pour plaire à la foule? Celle-ci les admire : tout est bien; ces façades répondent exactement à leur destination, qui est d’ébahir les passants.
Le malheur est que, les façades en poussière, les passants conserveront à tout jamais le souvenir de leur ébahissement. L’occasion eût été bonne pour violenter le goût public, et, — souriez de mes utopies, — l’élever, l’affitafer^n lui offrant un spectacle harmonieux. On l'a odieusement flagorné, on l’a entraîné dans le sens de ses pires instincts. Vous ne tarderez pas à en voir
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les suites pitoyables. Les architectes ne sont déjà que trop séduits par la facilité de cet art nouveau, tout en placages, qui permet de revêtir une bâtisse quelconque d’un décor improvisé. 11 ne fallait pas donner à la multitude l’occasion de les pousser par son applaudissement dans cette voie détestable. M. Bouvard aura causé par ses exemples et ses conseils un terrible dommage à l’architecture française.
Voilà le legs artistique de l’Exposition universelle de 1900. Et je ne parle pas des deux monuments définitifs qu’elle laisse derrière elle : le Petit Palais et le Grand Palais, l’un dont 1 invention est assez élégante, mais qui porte la peine de la hâte ridicule avec laquelle il a été exécuté et déconcerte, ici, par la pauvreté, là par l’incohérence de son décor ; l’autre, assemblage monstrueux d’éléments discordants, qui ressemble à une gare s’évadant d’un portique romain, * — le Terminus de Caracalla, — et qui nous fait regretter cet honnête hangar du palais de l’Industrie.
L’Exposition 1900 aura donc été un prodigieux divertissement pour les badauds. Ceux
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qui ont eu le temps cl y faire de longues pérégrinations ont découvert dans ses galeries mille objets pour amuser leurs yeux et exciter leur imagination. Aux étrangers et meme à un grand nombre de Parisiens elle a révélé la grâce de la Seine et le charme de la lumière de Paris, la plus douce, la plus mouvante, la plus délicate qui soit en aucune cité de Punivers : les crépuscules de l’Exposition ont été un enchantement.
Nous avons vu la fête s’achever, sans regret mais non sans tristesse. Le décor n’était pas assez beau pour que sa démolition nous chagrinât. Cependant, il est cruel de penser qu’on a gaspillé tant d’efforts pour assurera quelques millions d’hommes des jouissances éphémères. En d’autres siècles, une pensée d’avenir inspirait toute œuvre humaine; on travaillait pour soi et ses descendants ; on songeait au bien-être ou au plaisir de ses successeurs ; on ne bâtissait pas des édifices d’un jour. Aujourd’hui nou^ refusons aux générations futures le bénéfice de notre labeur. Nous élevons une ville et, six mois plus tard, nous la jetons par terre. C’est
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un délire d’égoïsme... Et, dans toutes les harangues officielles prononcées à propos de l’Exposition revient sans relâche le mot de solidarité. Voilà une belle ironie.
Novembre 1900.
16 avril.
L'inauguration de l’Exposition. — Au Vieux-Paris. — Les Bonshommes Guillaume.
Hier, à deux heures, après un coup d’œil de mélancolique admiration jeté sur la merveilleuse façade de l’Ecole Militaire (l’ombre de Gabriel doit maudire les entrepreneurs d’Exposition universelle qui cachent son chef-d’œuvre et, d’un autre côté, contrefont gauchement ses colonnades), je pénétrai dans la salle des Fêtes. C’est, vous le savez, une salle sous châssis ; on l’a bâtie au beau milieu de la galerie des Machines; à la prochaine Exposition, on élèvera sans doute quelque autre construction sous la coupole de cette salle des Fêtes ; les Japonais enferment ainsi de petites boîtes les unes dans les autres. On a mis un cirque dans une gare ; plus tard, on pourra remettre une gare dans le cirque. Remarquez, d’ailleurs, que la gare était
inutile, que le cirque sera aussi inutile que la gare et qu’il n’y a aucune raison pour que la gare future serve a quelque chose. C’est le beau de notre architecture.
Cette plaza de toros , consacrée aux harangues et aux musiques officielles, est assez grandiose. Les quatre amphithéâtres qui l’entourent et l’arène peuvent, dit-on, contenir 25.000 personnes. Les arcades sont d’un dessin léger et gracieux. La charpente, si elle était nue, serait fort belle. Malheureusement, elle est décorée d’innombrables pâtisseries. Le vitrail qui forme plafond est joliment coloré; mais il laisse entrevoir l’armature de la galerie des Machines, et l’effet de ces rayures d’ombre est désastreux.
En levant la tête, on peut découvrir un amusant témoignage de la persistance des routines classiques. Pour orner les cartouches de cette salle très moderne, savez-vous ce qu’ont inventé les décorateurs ? Des monosyllabes latins : Lex , Fus , Jus , Fax , Res, Vis , Lux et Cor ! Cela ne veut rien dire du tout. Mais il n’y a pas de beaux cartouches s’ils ne portent des mots latins ; or, les cartouches étaient fort étroits; d’où nécessité de trouver des vocables de trois lettres. On les a trouvés. 11 y a d’autres cartouches,