LE PALAIS DE L OPTIQUE
des choses mélancoliques et qu'une voix dit des vers. On nous promène devant des glaces concaves, convexes, cylindriques et paraboliques, puis dans un labyrinthe de miroirs. Un organiste allume en jouant de l'orgue des poires électriques de différentes couleurs. Une dame fait des éclairs. Un monsieur fait la foudre. A travers un écran, on nous fait voir, grâce aux rayons Rœntgen, l’intérieur d'une personne qui, ensuite, rajustant ses voiles nous fait voir son extérieur. Une autre personne nous fait admirer dans les ténèbres la luminosité des gazes dont elle est revêtue et ensuite, l’électricité revenue, la transparence dos memes gazes. Enfin, c'est l'Etoile double, «spectacle charmant bien qu'ancien et qui aura sa place dans un palais où l’on est soucieux de réunir tout ce qui a trait à l’optique » (ainsi s’exprime l’annonciateur des attractions) : deux dames en maillot clair semblent évoluer dans l’espace avec « une légèreté de rêve ».
On sort de cette visite dans un état d’inexprimable ahurissement. Ce n’est que revenu au grand air que l'on peut se reprendre et admirer comme il convient l 'ingéniosité des inventeurs de « clous ». Ah ! c’est beau, la science, — non pas la science austère et glacée des savants, —
mais la science tempérée d’un sourire, la science égayée par le tableau vivant. C'est vraiment ici une classe de physique : le professeur fait les expériences, tandis que les potaches rêvent des figurantes du Châtelet. Seulement dans ce « palais » on a tout amalgamé : science et rêve. Gerbault illustre Figuier.
Il y a bien, je le sais, des gens que Figuier ennuie et que Gerbault n’amuse pas. Mais ils sont rares. À tous les autres, très jeunes et très vieux enfants, le palais de l’Optique offre de précieux amusements un peu incohérents, mais si séduisants.
Je n'ai pas vu toutes les « attractions ». On ne m’a pas montré « la femme-caméléon ». J’ai du me contenter d’en lire la description dans le Guide du palais de /’ Optique. Mais cette description est si belle que je veux la citer :
« Un monsieur de l’assistance, prié d’aller sur la scène, accepte sur la promesse de pouvoir admirer de près la femme-caméléon. On le fait asseoir face au public, qui le voit distinctement par transparence, alors qu’il croit le voir directement.
« Dissimulée par un écran est la femmecaméléon qui peut être éclairée par des lumières monochromatiques changeantes. Dès qu’on