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LE PALAIS DE L’OPTIQUE

rage électrique.) Et nous avons quelquefois invectivé contre les ingénieurs! Mais ce sont eux qui sont ici les artistes, et ce sont les prétendus artistes qui sont les vrais ennemis de la beauté.

Nulle part vous ne découvrirez dans toutes ces constructions neuves un effort, un seul effort pour reprendre l'œuvre tentée en 1889 par M. Formigé. Partout s'étale une lamentable esthétique de prix de Home.

Soyons justes pourtant : il y a la Porte monumentale de M. Binet; elle est de fer et elle ne le cache pas. Seulement, elle prouve, — démonstration d'ailleurs superflue, — qu’on peut faire de la laideur aussi bien en métal qu’en pierre ou en staff.

Hic itur ad astra , dit l’enseigne du palais de l'Optique. Allons-y.

Cela commence par une série de petits dioramas où l'on a représenté les diverses époques de la formation du globe terrestre. On voit là des forets houillères, des volcans, des oiseaux à quatre pattes, des plésiosaures, des ichtyosaures, des dinosauriens; on voit môme les

A TRAVERS l’eXPOSITIOX

« premiers fossiles » déjà ! Enfin apparaît l'homme hagard et velu. Auprès de cet ancêtre stupide, pour mieux faire sentir à ses descendants le prix de leur civilisation, on a dessiné dans le ciel la façade du palais de l’Optique, « clou de 1900 ». Ils en sont là, maintenant, les fils du vieux primate! Mais, quand on pense que ce n’est point le terme de leur évolution et <[ue l'humanité, dans son éternelle ascension, est appelée à concevoir et exécuter des œuvres plus considérables encore que cette extraordinaire demi-coupole, on est terrifié. Voilà un admirable thème de méditations philosophiques.

Malheureusement, on a vite fini de méditer. Des gardiens nous appellent d’une salle dans une autre pour nous faire contempler les soixante « attractions » du palais. Y en a-t-il bien soixante? Nous n’en savons rien. Tout se brouille et se confond dans notre souvenir. C’est un cauchemar. On nous montre des infusoires, des rotifères, des vorticelles, le diaptomus aux longues entennes, le brandi i pus au corps allongé, des bactéries phosphorescentes, des bacilles, des stapbilocoques, des ginocoqucs, le crachat d’un phtisique et la fausse membrane d’un diphtérique. On nous montre le disque de la lune, tandis qu’une orgue joue

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