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LA CHAMBRE DU TOURING-CLUB

3 mètres de hauteur, 5 mètres de largeur et 3 mètres de longueur. La fenêtre est très haute avec des impostes dans sa partie supérieure. Des volets extérieurs et point de jalousies, dont les lattes se chargent de poussières. La cheminée est de marbre clair pour que les taches y soient apparentes et que le nettoyage en soit plus fréquent. Le tablier mobile doit rester levé pour la bonne aération de la chambre. Pas de moulures au plafond. Le parquet, sans encaustique, est régulièrement lavé. Les lambourdes sont scellées avec du bitume et non avec du plâtre, pour éviter les poussières blanchâtres qui remplissent les interstices du plancher. Jamais de tapis lixe. Les murs sont couverts d’une peinture vernissée qui peut être rapidement lavée après le départ de chaque voyageur. Les portes et les fenêtres, peintes de la même manière, sont unies, sans moulures. Le lit de fer avec sommier métallique n’a point de rideaux. L’armoire et les tables sont en bois verni, les sièges en bois tourné et cannés. Pas de lambrequins, pas de portières. A côté de la chambre, un cabinet de toilette simple et confortable, conçu d’après les memes principes.

Après une journée de voyage, ce serait un délice que de trouver ce logis propre, confortable

et... charmant. Car l’aspect de cette chambre plaît à l’œil et il y a une certaine élégance dans sa simplicité. On ne s’est embarrassé, pour l’aménager, d’aucun souci d’art. On s’est efforcé, uniquement, de suivre les prescriptions des hygiénistes; on n’a eu en vue que la seule propreté. Cependant, comparez cette installation modeste à tel ensemble décoratif, péniblement combiné par des « industriels d’art», dans la section de l’ameublement, sur l’esplanade des Invalides, et voyez si la chambre d’auberge du Touring-Club n’est pas la plus séduisante, la plus habitable. Elle est bien adaptée a sa destination et cela seul suffit à lui donner de la grâce. On s’épuise aujourd'hui à chercher la beauté en inventant des formes nouvelles, et on rencontre ainsi parfois une certaine beauté factice, qui est passagère et caduque parce qu’elle n’est que l’expression du caprice d’un individu. Qui sait si la beauté vraie, la beauté qui dure n’est point, avant tout, dans la rigoureuse appropriation d’un objet aux besoins de l’homme? Qui sait si ce ne sont pas les hygiénistes qui dicteront aux architectes, aux ébénistes et aux décorateurs la formule d'un style vraiment moderne?

Je connais toutes les objections que l’on fait

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