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ART RELIGIEUX

à cette sorte d’esthétique utilitaire. Je les connais ; mais elles ne me paraissent pas irréfutables. Néanmoins, pour les discuter, j’attendrai une meilleure occasion. Elle est très gentille, la chambre du Touring-Club. Ne croyez pas, cependant, que j’y trouve de quoi justifier tout à fait une remarque qu elle m’a simplement suggérée en passant.

l’ne des sections de l’Exposition qui offre le plus affligeant spectacle est celle qui est consacrée à Y Art religieux. Ce qu’on y voit n’a rien d’artistique et est à peine religieux.

Je ne parle point des «vêtements d’église » ; quand on voit quelles effroyables chapes et chasubles on fabrique aujourd’hui soit en Allemagne, soit en Italie, on est plein d’indulgence pour les brodeurs français ; ils ont l’imagination peu inventive, mais du moins ils ont du goût et soignent leur travail. Je ne parle point non plus de l’orfèvrerie religieuse : en France, elle fabrique beaucoup de camelotte, comme ailleurs; lorsqu’elle copie des œuvres anciennes, elle se contente trop souvent d’à peu

A TRAVERS i/EXPOSlTION

près assez grossiers; néanmoins, elle a produit aussi quelques belles pièces d’un style nouveau et d’une rare beauté d’exécution; il y a telle crosse épiscopale conçue et exécutée par des disciples de Lalique, laquelle n’est point indigne de figurer dans un trésor de cathédrale.

L’horrible, c’est l’œuvre des architectes qui bâtissent des autels et des sculpteurs qui sculptent des statues pour les églises. Il est déjà cruel, quand on visite quelque église du XIIIe siècle, de découvrir sous les vieilles et nobles ogives un échantillon de cette abominable pacotille. Mais, ici, l’entassement de toutes ces choses repoussantes et grotesques est d'une laideur incomparable.

C’est le inusée Grévin de la dévotion; c’est le sanctuaire du mauvais goût, peuplé de vierges en saindoux et de saints en sucre d’orge. Oh ! le lilas de la tunique de saint Joseph ! le rose des chairs des anges! le bleu des yeux de la sainte Vierge! le zinc de la cuirasse de Jeanne d’Arc! les orbites creux et hagards de saint François! la couleur ignoblement cadavérique du Christ mort! le geste de baryton de saint Ignace de Loyola ! Mais où va-t-on chercher les gens qui sculptent et peignent ces ligures de cauchemar? Et les chemins de croix !... Mais vous n’êtcs

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