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nom s'expliquerait parfaitement, bien que, selon la judicieuse observation de AI. Kenan, il n'y ait dans ce quartier aucune de ces rues curvilignes qui trahissent d'ordinaire le tracé d'un ancien amphithéâtre.
Mais il est fort possible que les arènes rasées par Sévère n'aient jamais été reconstruites. Et si l'on objecte qu'il en devrait rester quelques traces au moins, nous demanderons comment il se fait /
que Marseille n'ait pas conservé un seul vestige des monuments dont l'avaient certainement dotée les deux civilisations hellénique et romaine. Où sont les théâtres, les temples et les aqueducs de Marseille ?
Dans la rue Saint-Pierre-le-Vieux, jadis rue Pisse-Truie, était une des plus anciennes églises de Lyon, fondée au quatrième siècle.
Au bas du Gourguillon, voici l'ancienne maison des Bellièvre, habitée plus tard par les Trinitaires qui se vouaient à la rédemption des captifs chez les Barbaresques. C'est dans le voisinage qu'était l'auberge des Trois-Fontaines, tenue par les Laurencin. Cette famille parvint à l'échevinage et à la noblesse, comme les Sala dont nous avons parlé, les Des Rieux de Messimy dont le premier auteur connu était ferratier, et tant d'autres dont le chef porta la balle ou fit nictne quelque métier moins honnête.
Si nous passons aux contemporains, nous relè-
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Tcrons, parmi les habitants de ces quartiers sordides, le légendaire père Crépin. Le nom de cet avare s'est éteint et sa fortune s'est dispersée; bien loin de figurer au livre d'Or de la cité, il n'apparaît à ses concitoyens qu'enveloppé d'un relent de misère, poursuivi par des échos de cour d'assises.
Dans les vieilles maisons de ce quartier, ber> ceau de l'industrie de la soie, se trouvent encore quelques niéuages de canuts. Le type qui s'est conservé sur la rive droite de la Saône diflfëre du type croix-roussien, par les allures extérieures et
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surtout par le laugagc. Une oreille exercée ne confondra pas plus les deux parlcrs qu'un dégustateur expert, le vin récolté au bas de la côte avec celui du sommet.
Le Gourguillon a sur la Croix-Rou?>c le double avantage de la priorité et de traditions mieux gardées. Car le quartier, ayant été de moins en moins recherché par les tisseurs^ l'élément étranger ne s'y est pas porté et la race autochtone s'y est perpétuée plus intacte : c'est le Transtévère Ij'onnais.
Aussi, quand de doctes citoyens s'avisèrent de fonder une académie « à seule fin de préseiver toute vieille bonne tradition lyonnoise ï), c'est au Gourguillon qu'ils firent élection de domicile, et ils crurent ne pouvoir mieux qualifier l'institution qu'en la dénommant : .Iciidàiiic du Gourginiloji.
Vous n'êtes point sans avc^r entendu parler de « Tillustre, aime et inclyte » compagnie. Pour peu qu'il vous plaise d'en connaître les statuts, je puis vous donner satisfaction, pour les parties principales au moins, bien qu'il n'existe que sept exemplaires des lettres patentes de fondation et que ce soit braconner en chasse gardée que de mettre le nez dans ce très précieux document.
Donc, l'Académie se propose la préservation des traditions lyonnaises, et les statuts déclarent « idoine à faire partie d'icelle quiconque a con-
tribué à la dicte préservation, par la plume, le pinceau, le ciseau, le burin^ le composteur ou la navette.
.0 Stipulé que les dicts travaux auront expressément le caractère populaire et seront propres à chatouiller la rate, pour autant que le rire est ce qui faict le plus de plaisir et ce qui couste le moins ;
c Dont suit que les travaux exclusivement graves ne constituent pas titre. Illustrant cette règle par un exemple, une nouvelle dissertation sur l'emplacement du temple d'Auguste seroit insuffisante. »
Il ne sera pas superflu de vous prévenir que^ toujours en vertu de ses sages constitutions :
c L'Académie ne tient pas de séance publique. c L'Académie ne tient pas de séance privée. »
Le nombre actuel des académiciens est de sept, sans qu'il y ait de leur part aucune prétention d'évoquer le souvenir des sept sages de la Grèce — nombre qui, pour des sages, m'a toujours paru exagéré.
Quant à leurs noms, ils appartiennent d'ores et déjà à la postérité ; ce qui permet de les reproduire ici, sans indiscrétion : Pétrus Violette, seigneur des Guènardes, Nizier du Puitspelu, dessinandier à la réforme, Claudius Canard, porteplume, Joannès Mollasson, dessinandier en bâ-
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tisse, Anastase Duroquet, veloutier, Gérôme Coquard , suppôt de la Coquille, Mami Duplateau guimpier.
Tout en devisant, nous débouchons en face Je l'église Saint-Georges, sanctuaire dédié d'abord à sainte Eulalie et détruit par les Sarrazins.
Rebâtie par Leydade, l'église passa, sans cesser d'être paroissiale, aux chevaliers de Saint- Jean qui abandonnèrent alors l'ancien Temple. Nombre /
de Lyonnais ont connu la Commanderie, gros bâtiment flanqué de deux tours, qui s'élevait à côté de l'église et baignait dans l'eau.
C'était le chef-lieu du grand prieuréd'Auvergne, dont le chapitre se tenait dans cette sorte do château-fort. Depuis la Révolution, il s'était transformé en une immense caserne ouvrière.
L'aménagement intérieur de la maison « de monsieur saint Jean-Baptiste » dcvaitlaisser beaucoup à désirer; car, s'il faut en croire un propos souvent répété et jamais démenti, à la Commanderie « tout le monde allait en Saône. »
En poussant un peu plus loin, nous arrivons à la Quarantaine. Nous voilà bien loin du cloître vSaint-Jean, mais l'hôpital de Saint-Laurent-des- Vignes, construit en face de l'ancien confluent et dont il reste quelques parties occupées par des industriels, était, à certains jours, une station accoutumée pour les processions du chapitre.
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Jacques Caille et Huguette Balarin sa femme fondèrent cet hôpital en 1474, pour y recevoir les pestiférés. L'établissemenl fut agrandi par Thomas de Gadagne. De tout temps, il y eut des mauvais plaisants. Ainsi, un des amis du banquier florentin se crut autorisé à lui dire, au cours d'une visite à l'hospice: « Pensez-vous mettre ici tous ceux que vous avez ruinés? Il n'y aura guère place que pour la moitié. »
L'ancien hdpital de pestiférés devint dépôt de mendicité en 1768, puis fut livré k l'industrie. Avant que de la berge on eût fait un quaî, il était encore d'un aspect charmant, avec ses terrasses étagées sur la Saône et sa chapelle dont le portail muré n'est plus qu'à moitié visible, rue de 11 Quarantaine.