CLOITRE DE SAINT-JEAN ET SES ENTOURS
M'"* de Sévignc y reçut l'hospitalité, en 1672, de Charles de Rochebonne, alors eu fonction.
Dans la cour est le célèbre puits attribué à Philibert Delorme, qu'on regrette de \'oir expo>é à d'inévitables dégâts et qui devrait être de{)uis longtemps installé sous les portiques du Palaisdes-Arts.
Tout près, en dehors du cloître, s'élevait le palais de Roanne et la prison. « Tu es complaisant comme la porte de Roanne », me disait-on, quand j'étais enfant et que je refusais de rendre un service. Je ne l'avais jamais vue, cette porte formidable, mais le mot faisait fléchir toutes mes hésitations.
Ces bâtiments ont disparu en 1836, pour laisser place à un en-emble de constructions assez ordinaires, devant lesquels l'architecte a planté une colonnade faisant décor sur le quai : c'est notre Palais de Ju!-tice.
L'ancienne maison de Roanne servait de résidence aux officiers royaux; la sénéchaussée et cour présidiale y avait son siège. Mais quelles avaient été antérieurement les destinées de ce bâtiment ?
Faut - il accepter, pour l'étymologie de « Roanne », le nom de Rhodana, patricienne qui était au nombre des martyrs lyonnais et
<}oQt la tradition place la demeure à cet endroit? Y eut-il un hôtel servant de logis aux rois burgondes et plus tard aux comtes de Lyonnais? A l'appui de cette dernière tradition, on peut citer les revendications réitérées de l'Eglise sur la maison de Roanne, et notamment la revendication de l'archevêque Charles d'Alençon (1370), qui en chassa les officiers royaux.
Mais de récents travaux de M. Guigue établiraient que les rois de France tenaient Roanne du dauphin de Viennoisi Humbert 11^ celui qui, en 1349, 1^"^ ^^^^ 1^ Dauphiné ; cent cinquante ans plus tôt, elle était aux mains d'up chanoine, Héraclius de Roannais. Un fait subsiste, au milieu de toutes ces hypothèses, c'est qu'une partie de la rue Saint- Jean a porté le nom de « me du Palais », viens palatiœ .
Il est vrai que nos pères n'étaient point chiches de celte appellation. Pris au sens de l'italien palazzOy le mot correspondait au français a hôtel d et désignait simplement la maison d'un personnage pu le siège d'un service public. A ce titre, le Petit-Collège est un palais.
Si vous n'êtes ni justiciable du V* arrondissement, ni étudiant en droit, il y a belle chance que vous connaissiez de nom seulement le Petit- Collège. Dans une énorme bâtisse accotée à la montagne, dont le quatrième étage sur la place se prouve être le premier sur la montée du