QUE L'EDUCATION SOIT NATIONALE ET PATRIOTIQUE
Je voudrais que l'éducation soit encore plus nationale et plus patriotique.
Et ici, sans sortir du milieu scolaire — on n'a qu'à suivre le programme d'études — qui met à notre disposition quatre excelletns moyens.
1. L'Histoire du Canada. Faisons connaître davantage nos origines, nos luttes, nos victoires. Passons en revue nos gloires religieuses, nos gloires militaires, nos gloires politiques, nos gloires littéraires.
2. L'Instruction Ci-^dque. C'est encore une matière obligatoire. Et certes, le programme a parfaitement raison. Si nous voulons servir notre pays avec loyauté et fidélité, il faut en savoir la Constitution et les Institutions. Le Droit Public dont nous jouissons a été inscrit, article par article, dans la Constitution Canadienne, aiprès des efforts héroïques et des luttes parlementaires gigantesques. N'e craignons pas de le dire à nos enfants.
3. La géographie de notre propre pays, Nous le connaissons à peine. Plaçons-nous surtout au point de vue économique. L'Agriculture sous toutes ses formes. L'Industrie extr active et manufacturière : métaux, tissus, aliments, cuirs, bois. Le Commerce: importation et expor-
tation. — Xos ressources sont immenses, il n'y a qu'à les exploiter.
4. Notre langue: Gardienne de notre nationalité. S'il est un point sur lequel, je suis, sans cesse, revenu, au cours de mes visites, c'est bien celui-là. Sans doute, nous croyons à Tefficacité de tous les congrès tenus en ces dernières années. Mais ce qui vaut encore mieux, c'est d'aller trouver l'enfant chez lui — dans sa petite classe — non pas en une Distribution de Prix, quan3 tous les espritb sont aux récompenses — mais, un jour ordinaire, c'est de faire irruption dans une classe, de faire parler les enfants, de les corriger, de leur dire: "Mes petits amis^ je vous en supplie, parlez mieux votre langue et plus tard vous saurez l'écrire passablement." La conversation et la rédaction sont intimement liées. Je demande aux professeurs de faire parler davantage les enfants. Pour l'enfant, apprendre à s'exprimer, c'est aussi, du même coup, apprendre à penser. Les mots sont inséparables des idées. Etendre son vocabulaire, c'est agrandir, en même temps, son horizon intellectuel. 11 ne faut jamais indiquer à un enfant une page à lire, à écrire, surtout à apprendre par coeur, sans en expliquer littéralement tous les mots.
Le grand moyen d'aimer sa langue c'est de la mieux parler et de la mieux écrire.