‹ A travers nos classes [microforme]Chapitre 2 sur 7 · LE PASSE ET LE PRESENT · texte numérisé non relu

LE PASSE ET LE PRESENT

En parcourant ces 72 écoles dont quelques-unes sont de véritables palais — que de souvenirs historiques me hantaient la mémoire et l'imagination. Je songeais à l'érection de l’école du Plateau qui fut tout un événement dans notre bonne ville de Montréal. Je voyais arriver les Frères des Ecoles Chrétiennes en 1837. Et avant eux, j'admirais les vénérables prêtres de Saint-Sulpice, diri-

commençait à établir des écoles à Bon-Secours, aux Ré. collets, à St-Henri, à la Côte des Neiges et à la Côte Visitation. — Et ces écoles ne ressemblent guère à celles de Maisonneuve, Par exemple, que le feu s’acharne à détruire et que la Commission reconstruit encore plus “belles, (1) J'ai eu souvent cette vision: Marguerite Bourg&eois enseignant dans une des tours historiques que l’on voit encore près du Grand Séminaire — la vénérable fondatrice de la Congrégation de Notre-Dame, expliquant l'alphabet et le catéchisme — en 1653 — à Jeanne Loysel et à Jean Desroches, les Premiers écoliers de Ville-Marie. (Appl.)

Ce sont nos ancêtres que vous venez d’acclamer. Songez aux luttes de nos aieux pour garder — après la conquête — Ja liberté d'enseignement et la petite école confessionnelle, Ils se &roupent autour de leurs curés. Tout en respectant le pouvoir établi, ils résistent, avec énergie, À toute tentative d’accaparement. Ils comprennent que le seul moyen de conserver leur nationalité faible et menacée, c’est de procurer à leurs enfants une formation catholique et française, Cette défense de la petite école Par nos pères, ce n’est pas simplement de l'histoire, c’est de l’épopée sublimement vécue.

Et maintenant, que voyons-nous? Une ville immense qui grandit chaque jour — comptant plus de 80 paroisses dont quelques-unes ont 15,000 âmes. Et partout, au Nord, à l'Est, à l’Ouest, j'aperçois le clocher paroissia] et tout autour de l’église une — deux ou trois écoles — surmontées de la croix — pourvues de tout loutillage moderne — et érigées grâce à l'intelligence, à Pesprit progressif et à la générosité des Commissions Scolaires groupées actuellement en cette enceinte. (Applaudissements. )

Mais ce ne sont pas seulement les murs qui font Pécole, c’est le personnel enseignant, c’est la clientèle, c’est l'éducation qu’on y donne.

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PERSONNEL ENSEIGNAN +,

Dans la presque totalité des écoles que j’ai l’honneur de visiter, ce sont des religieux et des religieuses qui sont chargés de lenseignem: at.

Sept communautés de Frères s'occupent de l’instruction des petits Sarçons. Je les vois représentées ici dans cette salle, et je suis heureux de les saluer du haut de cette estrade: Frères des Ecoles Chrétiennes, Clercs de St-Viateur, Frères de Ste-Croix, Frères du Sacré-Coeur, Frères Maristes, Frères de l’Instruction Chrétienne, Frères

Il est un mot qui m’a toujours frappé. En France, lors de la grande tourmente révolutionnaire, la Révolution elle-même a écrit dans le préambule de la Loi du 18 août 1792: “Les Frères des Ecoles Chrétiennes ont bien mérité de la Patrie” Hélas! La France les a, plus tard, méconnus et chassés. Qu'importe. L’ingratitude ne sup- Prime pas le bienfait, Quant à NOUS, NOUS savons appré-

Patrie,” mais nous ne la bifferons pas d’un trait de plume. Nous voulons la graver, en lettres d'or, dans les diptyques de notre histoire nationale.

Nous comptons huit communautés de femmes qui en seignent à nos enfants: Congrégation de Notre-Dame, Soeurs Grises, Soeurs de la Providence, Soeurs des 88, Noms de Jésus et de Marie, Soeurs de Ste-Croix, Soeurs de Ste-Anne, Petites Soeurs Franciscaines de Marie. Ce que nous oublions trop, nous de Montréal, c’est que toutes ces communautés, à part la dernière, sont nécs ou se sont développées dans la belle et religieuse cité de. Maisonneuve. (Ce sont des fondations essentiellement montréalaises. Ici se trouvent les maisons-mères et les novi-

ciats. Je hais le chauvinisme, parce qu’il est étroit, mesquin, égoïste et vantard. Mais, il me semble que nous | ignorons trop les gloires de notre ville. (App.)

T est un nom que je veux prononcer ici, c’est celui d’Ignace Bourget, 2ème évêque de Montréal. C’est lui qui

qui en à été le pourvoyeur. T1 « compris la charité corporelle et spirituelle. T1 a aussi compris la charité in-

Ces religieux et ces religieuses emploient un certain nombre d’auxiliaires laïques auxquels je suis fier de rendre

NOTRE CLIENTELE SCOLAIRE.

Notre clientèle scolaire est plus homogène dans les quartiers de Pancienne banlieue que dans le centre actuel de Montréal. Et c’est là un vrai bienfait. À ma dernière

11 ans. J'ai voulu faire un peu de statistique. Sur 27,188 enfants, 7,525 ont 12 ans ou plus, soit une proportion de 27% pour cent. Encore ici, il y a un sensible Progrès,

Au demeurant, ce sont les plus jeunes qui composent la majorité des classes, et le contraire est matériellement impossible, à moins d'envoyer les enfants à Pécole après

merveille, il cherche, d’instinct, le soleil de la vérité. Ses lèvres s’entrouvent et les mots leur manquent encore pour tout dire, mais que de questions ingénues et profondes! L'enfant a besoin de tout savoir. Ses pourquoi naïfs et inattendus embrassent tout lPunivers.

Et le premier aliment que nous lui donnons, c’est la langue maternelle, ramenée, bien entendu, à ses règles capitales et à son orthographe usuelle — cest le catéchisme, cette première et dernière philosophie de l’homme — les premières règles du caleul — les grandes lignes de la géographie — l’Histoire Sainte, qui bien expliquée devient l’histoire anticipée du Chrét et Vhistoire de toutes les âmes, puis l’histoire du Canada qui est l’histoire de notre cher pays.

Et au fur et à mesure se donnent les leçons de choses, c’est-à-dire toutes les notions que peut désirer un enfant. Toutes les réponses aux questions qu'il se pose sur les hommes et sur les animaux, sur les pierres et sur les arbres, sur les aliments et sur les instruments, en un mot, sur les choses de la terre et sur les choses du ciel.

À cet âge si intéressant qu’on appelle “l’âge des notions” succède un autre âge, moins expansif, moins grecieux, mais encore plus fécond. C’est “Yâge de la mémoire”. Entre 11 et 14 ans, l'intelligence, si elle est bien préparée est capable de tout comprendre et de tout retenir. C’est alors que nous plaçons les connaissances qui sont comme le pain et l'eau, tou à la fois indispensables à la vie et sans attrait pour les sens, je veux dire les théories grammaticales, la science des règles, des préceptes, des formules, des mots, des dates et des faits. C'est le moment des luttes épiques contre la grammaire et le dictionnaire, contre les chiffres et les lignes, et de s’assurér une fois pour toutes, ces connaissances techniques et instrumentales qui sont pour l'intelligence ce que sont les outils pour le travail des mains.

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