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» (4)Le château de Grenelle dépendait de l'abbaye de Sainte-Gene- viève. Il avait droit de haute justice et appartenait à la famille du sire ‘dé Craon. Au xvuie siècle, la plaine de Grenelle est consacrée aux exer- È cices militaires: au xvine on bâtit l'École militaire. Le boulevard de

« Grenelle longe le mur d'octroi de 1786. Les barrières étaient celles « des Ministres » ou de Grenelle (en face le château), celle « de ls — Cunette » (sur la Seine)... En 1821, MM. Violet et Lepeltier, acheteurs - de la ferme du château, conçurent le projet d'élever un village dans la A4 plaine leur appartenant. On traça des rues et le peuplement fut si . rapide que, le 30 octobre 1830, Grenelle était détaché de la commune de Vaugirard et devenait une commune séparée, qui fut annexée. à Paris, en 1800.

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Palais du Luxembourg, où, par suite de la commotion, les portes des prisons lle Luxembourg était alors lieu de détention)s’ouvrirent d’elles-mêmes (1). A Chaillot, dans la chaussée d’Antin et jusque sur la route de Saint-Denis on ramassa des culottes, des Chapeaux et d’autres lambeaux de vêtements arrachés aux malheureux ouvriers... ». Le soir de cet effroyable malheur, les théâtres de Paris | restèrent fermés. | Tous les partis se reprochèrent be ent la honte de ce crime, dont les causes sont demeurées inconnues. En 1795 le Directoire installe dans la plaine un vaste camp que les terroristes tentèrent, en septembre 1796, de soulever contre le gouvernement. Les . principaux chefs du mouvement, dont Drouet — le Drouet de Varennes — réunis en une vieille auberge de la rue de Vaugirard, numéro 226, au Soleil d'Or, distri- . buent des armes à leurs partisans. On attaque le camp : les insurgés sont sabrés, emprisonnés, déférés aux commissions militaires, douze d’entre eux sont fusillés sur . lethéâtre de leurs exploits. Drouet s’ évade miraculeuse- (4) Le concicrge de la Maison d'arrût du Luxembourg a fait part de la conduite honorable ct des sentiments que viennent d'exprimer des prisonniers de cette Maison, laquelle a éprouvé, par explosion des poudres de Grenelle, une secousse si violente que les carreaux de la galerie de Rubens ont été entièrement fracassés et que-les portes desdites prisons se sont ouvertes. Ces prisonniers ont dit: « Mes amis, « voilà les portes ouvertes; le premier qui osera se présenter, nous « l'anéantirons. Respect à la loi! Faisons voir que, sous les verrous,

«le républicanisme n'est pas étouflé. » (Arch. nat. fascicule IN, a Seine, 13.)

ment de la prison de l’Abbaye par un tuyau de cheminée et disparaît (1). ;

On lève le camp de Grenelle, mais la plaine reste réservée aux exécutions. Coïncidence étrange, les plans «. de Paris de 1690 portent marqués à celte place trois

EXPLOSION DE LA POUDRIÈRE DE GRENELLE LE 24 FRUCTIDOR AN Ii.

Couché fils, del. cf sculp.

piliers de justice : le « gibet de Grenelle ». Aux mal-

| faiteurs d'autrefois succèdent les victimes politiques. 44 Le 29 octobre 1812, six fiacres entourés de gen-

- darmes amenèrent de la prison de l’Abbaÿe au « mur »

(4) (Archives de la Seine). Carton 448, dossier 13856.

douze condamnés, C’est le général Malet et ses complices qui viennent expier leur audacieuse tentative de révolte : contre l’empereur Napoléon (1). Une foule immense :

emplissait les abords de la plaine. L’affluence des spectateurs était à ce point considérable que le lendemain de l'exécution les sieurs Sanson et Cloud, jardiniers, plaine de Grenelle, réclamaient aux Domaines pour « dévasta-

tions commises par le public et la force armée sur envi- ”

ron quatre arpents de terre cullivée » ; ils obtinrent 972 francs d'indemnilé ! « Chapeau bas », avait-on crié à l’arrivée des condamnés, et tous les fronts avaient dû se découvrir. Placé au centre de ses compagnons le général Malet réclama l'honneur de commander le feu. et, à son ordre, cent vingt balles criblèrent ces braves, à bout portant ; Malet, ruisselant de sang mais resté de-

(4) Messager du Soir du 1° Vendémiaire an V :-« Paris, 5° jour complémentaire. Les individus qui ont été exécutés hier, au camp de Grenelle, pour se concilier les sans-culottes, avaient eu la précaution de se couvrir de‘haillons. La plupart même étaient en chemise ct avaient laissé leur habit au Temple. Aussi’ les Jacobins et ces harpies qui se portaient sur leur passage faisaient-ils observer à leurs voisins que c'étaient des gens du peuple, de malheureux ouvriers, etc., et qu'on laissait bien tranquilles les chefs qui les avaient égarés...….

« Les condamnés étaient dans deux voitures, six dans chacune | d'elles; ils étaient couchés sur de la paille, les mains liées derrière le dos. Ils sont arrivés sur les deux heures au camp, où tous les milie taires qui le composaicnt étaient sous les armes. On les a fait mettre à genoux sur une mêmc ligne. Derrière eux était la compagnie degrenadicrs qui les ont fusillés au signal donné. Tous sont tombés à la première décharge sans mouvement et sans vie, à l'exception d’un seul qui Icur a survécu trois ou quatre secondes et a été achevé à coups de fusil, »

bout, ne s’écroula qu’à la seconde décharge, en acclamant la Liberté. Un vieux soldat, le capitaine Borderieux, qui n'avait absolument rien compris au complot où il

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