‹ A travers ParisChapitre 31 sur 90 · FES · texte numérisé non relu

FES

d'A 2 “+ ni it 26)

pistolet, glapissait : « Mon mari est grenadier, s’il arrète Ë Marat, je lui brüle la cervelle !... » Vers neuf heures arrive en voiture une « personne vêlue de noir », suivie de deux huissiers et d’une escorte. Au milieu des insultes, des cris, des menaces, les infortunés représentants de

d'asto

trière. La portière les arrête et appelle un officier de la garde nationale, qui déclare aux huissiers ahuris avoir reçu du district l’ordre de s'opposer à l'exécution de leur

Hi

RE ES ER TT Ne ET Eee à Mr D EE

nous avons appris depuis se nommer M. Danton, a élevé

nt 7 ME EE of dt

« on ferait battre la générale etle tocsin,alorson aurait | » le faubourg Saint-Antoine et plus de 20,000 hommes « devant lesquels les troupes blanchiraient ! » (1)

corps, par une délibération du 11 décembre 1789, avait rendu un solennel hommage à son président chéri, exaltant le courage, le talent | et le civisme de Danton. :1150

Invitation à la garde nationale de refuser mainetonts ar exécution . contre Danton.

Perquisition par les commissaires de la section Henri IV, chez la À dame Meunier, rue Gît-le-Cœur, à l'effet de saisir des écrits incendiaires 'e qui alarment les bons citoyens, surtout celui ayant pour titre : « C’en L est fait de nous », signé Marat, 29 juillet 1790 ; Marat y assurait « que È 500 à 600 têtes abattues assureraient repos, liberté et bonheur ». 1

Tuerev. Répertoire général des sources manuscrites de l'Histoire 4 de Paris, tome I, passim, pages 141, 142, 143, 147. — Archives natio-. #1 nales, Y, 10504, A. N., D xx, 84. ‘4

(4) Archives Nationales BB, 30, 162.

RCATE a I “art de Bone 4. 28 V4 FORTRAIT DE J.-P, MARAT, —

Menacés, débordés, les huissiers se replient sur le Châtelet « pour y demander de nouveaux ordres et par crainte d’être cause d'une révolution ». On les renvoie derechef rue de l’Ancienne-Comédie, solidement escortés, main-forte devant rester à la loi. Ils pénètrent enfin dans l'hôtel, perquisitionnent dans le logis de Marat au rez-de-chaussée (1); dans la cave, y saisissent « deux presses en activité » et montent enfin au sixième étage, « sur le devant, en un petit logement occupé par Mi Victoire Nogait », femme de confiance de M. Marat dont elle cachait la correspondance sous ses jupons. Interrogée, M'e Nogait déclare « que M. Marat ne couche plus dans la maison depuis huit jours » (2).

De fait, profitant de l’effervescence populaire et des hésitations des huissiers, Marat avait subrepticement quitté l'hôtel de la Fautrière, grâce à la complicité de la demoiselle Fleury, une actrice du Théâtre-Français, « bonne fille, complaisante à tous », qui l’avait fait filer par Son appartement dont une issue donnait sur la rue des Mauvais-Garçons.

Tout penauds les huissiers regagnèrent au milieu des huées, le tribunal du Châtelet... ce terrible tribunal devant qui tous tremblaient la veille et qu’un journaliste venait de mettre en échec.

(1) L'appartement de Marat au rez-de-chaussée de l'hôtel de la Fautrière comportait « une antichambre, une chamore à coucher à droité, . un salon au fond de l’antichambre; un retranchement derrière le salon rempli de feuilles de {’Ami du Peuple. (Archives Nationales BB, 30, 162.)

(2) Archives Nationales, BB, 30, 162.

Que reste-t-il de tant de souvenirs évocateurs ? Le à

café Procope a gardé son beau balcon de fer, mais la! clientèle s’est totalement modifiée, le café, scindé en deux parties, abrite aujourd’hui deux bouillons. L'un offre à"

ses pensionnaires une série de plats dont le coût oscille ;

entre 25, 30 et 40 centimes. L’autre a gardé le nom de « Café Procope » ; on y mange à la carte, et le public est prévenu que « les repas sans boisson » auront à supporter un supplément de 10 centimes. Un refuge protestant remplace au n° 16 l'hôtel de la Fautrière. L'eximmeuble du Théâtre-Français, remanié, complètement modifié, s’ouvre au n° 14, entre la boutique d’un papetier fleurie de cartes postales et un dépôt de « l'OŒuvre sociale du bon lait ». N’étaient la plaque commémorative

etla Minerve de Le Hongre, encastrée — épave tragique —

dans la façade, rien ne permettrait de reconnaitre l’ancien

hôtel des Comédiens français. Entrons : nous voici en: une cour pavée, triste et grise. et c’est pourlant à la

place de cette cour lugubre que, de 1696 à 1770, s'étalaient les rangs de chaises et de fauteuils, l'orchestre,

les loges. Ici opérait lé moucheur de chandelles, et

tempêtait le tumultueux parterre. Une immense façade vitrée occupe aujourd’hui l'emplacement du rideau. Entrons : nous montons sur ce qui fut la scène; cette partie est à peine modifiée. Voici le plancher incliné, le même peut-être où Adrienne Lecouvreur, la Clairon,

Lekain, Dazincourt, promenèrent leurs cothurnes tra-.

giques ou leurs mules à talons rouges.

cd LYS Av E Re ae ©:

\ : Ês é LL, °° ra :\< 0 # ‘

du 2 Re

En FR

Lé

: « | 4 1 < x: > l { * » ° id: 14 - FF Le : 4 ER PR pe PER EURE À SE PS UE NU

RES tif

Det Loi Le AP NT CUT 7 PTE

Au fond, à gauche, à droite, partout, des poutres, des poutrelles, des trappes, des portants, des cintres... une carcasse de théâtre transformée en magasin. Hier c'était un dépôt de papier, aujourd’hui c’est une verrerie, demain une papeterie s'y installera de nouveau. Par terre, des tas de paille, des piles de bouteilles, de bocaux, des caisses d'emballage à moitié pleines... Cinq ouvriers travaillent en chantant sous ces voûtes sonores, dans cette forêt de charpentes antiques que sillonnent des fils conducteurs d'électricité. Quelques « fermes » ont survécu, un monte-charges évoque de très loin les contrepoids des machineries du xvm* siècle! Les communications sont coupées entre le magasin et les escaliers desservant jadis les loges. À gauche, dans la cour, un de ces escaliers existe encore... Que de beaux seigneurs poudrés et musqués ont dû fiévreusement le gravir pour monter aux loges dé jolies actrices ! Que de cœurs ont dû battre en escaladant ces marches aujourd’hui disloquées et branlantes !.….

Nous monlons : l'escalier est étroit, noir, sale, le

carrelage danse sous le pied... Qui pourrait croire que ce

fut une échelle pour paradis artificiel ?... Nous montons toujours... soudain, tout là-haut, on entend une porte s’ouvrir. des voix de femmes... un frou-frou de jupes. le bruit sec de talons de bottines descendant au galop, et une douzaine de jeunes filles ébouriffées, rieuses,

charmantes, passent rapides devant le visiteur qui

s’efface contre le mur. O évocation ! C'est dans cé bruit,

dans ce désordre joyeux, que devaient — suus l’appel du régisseur — dégringoler l'escalier les «nymphes de 1760 » certainement en retard pour leur entrée du « quatre ».

L’explication est bien simple : au-dessus de la scène, dans les cintres, s’étend un vasle et clair atelier d'artiste qui, lui aussi, a sa légende. Le baron Gros, Horace Vernet, bien d’autres peintres y travaillèrent; il y a une

trentaine d'années, le savant M. Mareyyinstallale «manège

d'oiseaux », à l’aide duquel il put mener à bien son beau

travail sur « la Machine animale ». Ces petits témoins

emplumés, revêtus d’un harnachement communiquant avec un appareil inscripteur, guidaient M. Marey dans ses patientes études, lui permeltant de dénombrer leurs mouvements, leurs battements d'ailes; ils l’aidaient à approfondir le mécanisme du vol des oiseaux, un des nombreux mystères qui Up notre ignorance !… (1) Aujour-

(1) L'éminen M. Edmond Perrier: membre de l'Institut, Dh du Museum d'histoire Naturelle, a bien voulu nous adresser la lettre suivante, qui conte de la plus shituclie façon cet épisode de la vie de Marey.

« ... Marey a commencé à travailler en 1854, et c'est en 1864 qu'il institua rue de l’Anciennc-Comédie un laboratoire privé de physiologie. Il a publié ses observations sur le vol des oiseaux en 1874, dans ur volume intitulé La Machine animale (Alcan, éditeur), mais il avait auparavant imaginé force appareils enregistreurs que l’on appelait alors des tourne-broches, parce que leur pièce maîtresse était un cylindre tournant enduit de noir de fumée; pour ceux qui ne perdent jamais une occasion de rire d’ autrui, Marey était le physiologiste du tourne-

broche. Je n'ai pas de Ron précis sur l'aviation, mais les études .

sur le vol des oiseaux ont dû commencer vers 1870. Comme il était en plein quartier latin, le laboratoire de la rue de

ë- : ri LE j LA Li GS PTANEES TE si named L

2er

side ar un Le à

77 ÉTR Lift Eds LS daté à fé nt Slt pe à Ve

gr

Page 1